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Assistance dans la rédaction de mémoire de fin de cycle

Besoin d’aide pour la rédaction d’un mémoire, d’une thèse, d’un article scientifique, ou d’un rapport ? Ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape !

Nos services adaptés à vos besoins et à votre budget incluent :

✅ Assistance pour la recherche d’un sujet et/ou d’un plan : Nous vous aidons à identifier un sujet pertinent et original, adapté à vos domaines d’intérêt et aux exigences académiques. En parallèle, si vous le souhaitez, nous vous assistons dans la conception d’un plan structuré qui guidera votre rédaction.

✅ Assistance pour la recherche d’un sujet, d’un plan, et d’une bibliographie : En plus de la définition du sujet et du plan, nous vous fournissons une bibliographie initiale composée de sources fiables et pertinentes pour soutenir vos recherches.

✅ Assistance pour la recherche d’un plan et d’une bibliographie : Nous vous aidons à élaborer un plan détaillé pour structurer votre travail, ainsi qu’à identifier les références bibliographiques clés pour approfondir votre recherche.

✅ Assistance pour la documentation : Nous vous aidons à rassembler des documents de qualité (articles, ouvrages, études, etc.) pour étoffer votre argumentation et donner du poids à vos écrits.

✅ Assistance pour la correction (partielle ou complète) : Nous proposons une relecture approfondie de vos textes pour corriger les fautes de grammaire, d’orthographe, et de syntaxe, ainsi que pour améliorer la clarté et la cohérence de votre argumentation.

✅ Rédaction du projet :
Nous vous accompagnons dans la rédaction de certaines parties spécifiques de votre mémoire ou thèse (Introduction, plan détaillé, bibliographie…) en respectant scrupuleusement vos consignes et les standards académiques.

✅ Assistance à la rédaction à votre rythme : Vous préférez rédiger vous-même mais avec un soutien régulier ? Nous vous guidons pas à pas, en vous conseillant sur la structure, le contenu, et les ajustements nécessaires.

Rédaction entièrement prise en charge : Si vous préférez déléguer entièrement la rédaction de votre mémoire à des experts, ce service vous permet de confier cette tâche à notre équipe qualifiée. Nous rédigerons un mémoire complet en accord avec vos directives et spécifications, en garantissant un travail de qualité supérieure et une livraison dans les délais convenus.

N’hésitez pas à me dire si vous avez besoin de plus de détails ou si vous souhaitez apporter des modifications à ces descriptions !

En optant pour nos services d’assistance dans la rédaction de mémoire, vous bénéficiez de plusieurs avantages :

 Expertise : Notre équipe est composée de professionnels expérimentés dans différents domaines académiques, ce qui nous permet de fournir une assistance spécialisée et de qualité.

– Personnalisation : Nous accordons une attention particulière à vos besoins individuels et nous nous efforçons de vous fournir un service sur mesure pour garantir votre satisfaction.

– Qualité : Nous nous engageons à fournir des travaux de haute qualité, exempts de plagiat et respectant les normes académiques les plus strictes.


– Respect des délais : Nous comprenons l’importance des échéances académiques et nous nous engageons à respecter les délais convenus pour la livraison de votre mémoire.

Confiez-nous vos projets académiques en toute sérénité et avec l’assurance d’obtenir un travail rigoureux, bien documenté, et conforme aux exigences universitaires.

Nous sommes à votre écoute pour discuter de vos besoins spécifiques et vous proposer une solution sur mesure.

Pour toute assistance en la matière, veuillez nous contacter par appel (+225) 27 23 23 21 64 ou par WhatsApp via ce lien : https://wa.me/message/VYDJGQP5VMVJL1

Le Cabinet LDJ SARL vous propose des formations professionnelles de qualité au Québec (Canada).

Le Cabinet LDJ SARL est un cabinet multi-services proposant une gamme étendue de services, comprenant notamment des conseils juridiques, des services en ressources humaines, en immigration, des formations, et d’autres prestations. 

Nous collaborons aussi bien avec des entreprises qu’avec des particuliers, offrant notre expertise dans des domaines tels que le droit du travail, le droit immobilier, le droit des contrats, la fiscalité des entreprises, la gestion et l’audit…

Nos servives vers le Canada :

  • Recherche de bourses d’études
  • Admission pour formation professionnelle
  • Admission pour formation collégiale ou universitaire
  • Assistance dans la recherche d’emploi
  • Assistance visa
  • Assistance immigration

Dans cet article, nous serons centrés sur les formations professionnelles.

 

Le Québec est un chef de file mondial en matière de formation professionnelle. Ces formations de courte durée (1 à 2 ans) sont axées sur l’apprentissage d’un métier et privilégient l’enseignement de compétences en lien direct avec le marché du travail.  La qualité de l’enseignement au Québec est reconnue internationalement.

 

La formation professionnelle mène à l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP). Pour certains DEP, il est possible de se perfectionner en effectuant une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) dont la durée varie entre 3 et 6 mois.  Ces diplômes officiels, sont délivrés par le ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur du Québec.

 

  • 142 formations professionnelles partout au Québec
  • 1 à 2 ans : Formations de courtes durées
  • 80% technique : Les formations sont axées sur la pratique appliquée aux métiers
  • Offertes en français ou en anglais
  • Enseignement selon l’approche par compétences, axé sur les besoins des entreprises
  • Infrastructures ultramodernes et équipements à la fine pointe de la technologie
  • Grande variété de formations dans tous les domaines offerts partout au Québec
  • Entrées continues en plus des entrées régulières d’automne (août-septembre) et d’hiver (janvier).
  • Plusieurs formations offertes en enseignement individualisé, où l’étudiant réalise ses apprentissages de manière autonome et flexible, accompagné par les enseignants.

 

  • +80% de réussite aux diplômes de formation professionnelle
  • Mondialement reconnue pour la qualité de ses programmes et ses méthodes d’enseignement novatrice
  • +70 à  90% de placement en emploi suite à la formation
  • Sûr et rapide
  • Pas de refus d’admission
  • Obtention d’un permis d’édude
  • Possibilité de travailler pendant et après les études au Canada pour les formations de 900h et plus seulement
  • Accès à de bonnes conditions de travail et à des emplois bien rémunérés
  • Possibilité de venir avec des membres de votre famille ou votre conjoint marié ou pas
  • Obtention d’un permis de travail ouvert pour les personnes majeures qui t’accompagnent
  • Offre un travail très bien rémunéré pendant la formation
  • Donne l’éligibilité à une demande de permis de résident après la formation
  • Une expérience professionnelle, personnelle et culturelle incomparable

 

Conditions :

  • Avoir au moins 17 ans
  • Il n’y a pas d’âge limite
  • Niveau scolaire : Minimum équivalence 4e secondaire au Québec (équivalence seconde ou première réussie)
  • Niveau de langue : B2 minimum
  • Test de langue et/ou possibilité de faire le TFL. Exempté(e) du test si vous avez un diplôme universitaire d’au moins 2 ans effectué entièrement en français ou titulaire d’un diplôme français visé par le ministère de l’Éducation nationale de France
  • Garant financier

 

Documents nécessaires :

  • Diplôme ou Brevet ou encore Attestation de réussite
  • Passeport ou pièce d’identité
  • Relevés de notes
  • Acte, extrait ou certificat de naissance

 

Frais avant votre départ :

  • Frais d’inscription : payable lors de votre inscription
  • Certificat d’Acceptation du Québec : payable au moment de le faire
  • Permis d’études : payable au moment de le faire
  • Données biométriques : payable au moment de faire la demande de permis d’études
  • Frais de test de langue si, pas exempté(e) : vous pourrez vous inscrire au TFL pendant le processus d’accompagnement.

 

Frais de formation :

  • Dépend de la formation choisie

 

Frais dès votre arrivée et pendant la formation :

  • Vous devez prévoir dans votre budget, un montant minimum, pour couvrir les frais d’installation. Ces frais incluent le branchement aux services publics, le dépôt pour votre premier versement de loyer, l’hôtel pour les premières nuits au Québec, les frais d’achat de vêtements d’hiver, etc.

 

Nos frais de prestations

  • Formation professionnelle, assistance visa touristique, recherche de bourse d’études, admission collégiale et universitaire : payable en 2 tranches notamment la moitié à l’ouverture du dossier et le reste après obtention de tous les documents nécessaires.
  • Assistance dans la recherche d’emploi : payable à l’ouverture du dossier.

 

Nous sommes un service d’accompagnement personnalisé pour les personnes qui souhaitent étudier en formation professionnelle et vivre une expérience unique au Québec.

Vous êtes seul, en couple ou en famille… Vous avez envie d’une reconversion professionnelle, d’acquérir de nouvelles compétences ou une expérience de mobilité internationale ?

Notre équipe de professionnels-les saura vous guider et vous conseiller dans toutes les étapes de votre projet d’études au Québec.

 

Délai de traitement :

  • 10 mois, détaillé comme suit :
  • Inscription : 00 mois
  • Validation du dossier et du projet : 01 mois
  • Obtention de la lettre d’admission : 02 mois
  • Démarches d’immigration : 06 mois
  • Voyage vers le Québec : 01 mois

 

Inscription et orientation

  • Conseil dans le choix d’une formation et d’une région d’étude en fonction de vos intérêts et de vos besoins
  • Appui dans vos démarches d’admission
  • Traitement prioritaire des évaluations de vos documents scolaires, s’il y a lieu
  • Validation complète de votre dossier d’admission
  • Entretien privé avec votre conseiller-ère pour finaliser votre inscription

 

Démarches administratives et d’immigration

  • Démarches administratives et d’immigration
  • Liaison avec le centre de formation choisie et obtention de votre lettre d’acceptation
  • Soutien dans vos démarches pour l’obtention du CAQ et du permis d’études
  • Accompagnement pour vous aider à monter un dossier solide à des fins d’immigration.
  • Information concernant les démarches à suivre pour le permis d’accompagnateur, les opportunités de travail les possibilités de scolarité pour vos enfants.

 

Préparation de votre arrivée

Grâce à nos rencontres virtuelles de préparation à l’arrivée, aux webinaires offerts par nos partenaires, vous disposerez de tous les outils et de toute l’information nécessaire pour bien préparer votre arrivée, et celle de vos accompagnateurs, s’il y a lieu :

  • Recherche de logement
  • École ou garderie pour vos enfants, le cas échéant recherche d’un emploi
  • Numéro d’assurance sociale (NSA)
  • Permis de conduire
  • Assurance maladie
  • Billet d’avion
  • Ouverture d’un compte bancaire, le crédit planification du budget
  • Etc

 

Lors de votre arrivée

  • Accueil à l’aéroport de Montréal par le personnel de notre partenaire
  • Traitement prioritaire de votre demande de permis d’études à la douane de l’aéroport de Montréal .

 

 

1 – ADMINISTRATION, COMMERCE ET INFORMATIQUE

  • Adjoint (e) administratif / ive
  • Comptabilité
  • Secrétariat
  • Secrétariat et secrétariat médical (DEP+ASP)
  • Secrétariat et secrétariat juridique (DEP + ASP)
  • Secrétariat juridique (ASP)
  • Secrétariat médical (ASP)
  • Soutien informatique
  • Soutien informatique (nouvelle version)
  • Vente-conseil
  • Vente-conseil et représentation (DEP + ASP)
  • Représentation (ASP)

 

2 – AGRICULTURE ET PÊCHE

  • Aquiculture
  • Élagage
  • Fleuristerie
  • Grandes cultures
  • Horticulture et jardinerie
  • Horticulture et jardinerie (Nouvelle version)
  • Horticulture et jardinerie + Réalisation d’aménagements paysagers
  • Production animale
  • Production horticole
  • Réalisation d’aménagements paysagers

 

3 – ALIMENTATION ET TOURISME

  • Boucherie de détail
  • Conseil et vente de voyages
  • Cuisine
  • Cuisine et cuisine de marché (DEP+ASP)
  • Pâtisserie de restauration contemporaine (ASP)
  • Cuisine de marché (ASP)
  • Pâtisserie
  • Service de la restauration
  • Sommellerie (ASP)

 

4 – ARTS

  • Décoration intérieure et présentation visuelle
  • Horlogerie-bijouterie
  • Photographie

 

5 – BÂTIMENTS ET TRAVAUX PUBLICS

  • Arpentage et topographie
  • Briquetage-maçonnerie
  • Charpenterie-menuiserie
  • Dessin de bâtiment
  • Entretien général d’immeubles
  • Peinture en bâtiment
  • Plomberie-chauffage
  • Préparation et finition de béton
  • Refrigération

 

6 – BOIS ET MATÉRIAUX CONNEXES

  • Ébénisterie
  • Finition de meubles

 

7 – CHIMIE ET BIOLOGIE

  • Conduite de procédés de traitement de l’eau

 

8 – COMMUNICATIONS

  • Infographie

 

9 – ÉLECTROTECHNIQUE

  • Électricité
  • Électromécanique des systèmes automatisés
  • Électromécanique des systèmes automatisés + mécanique industrielle de construction et d’entretien
  • Installation et entretien de systèmes de sécurité
  • Installation et réparation d’équipement de télécommunication
  • Réparation d’appareils électroniques audiovidéos
  • Réparation d’appareils électroménagers
  • Réparation et service en électronique

 

10 – ENTRETIEN D’ÉQUIPEMENT MOTORISÉ

  • Carrosserie
  • Conseil et vente de pièces d’équipement motorisé
  • Conseil technique en entretien et en réparation de véhicules
  • Mécanique agricole
  • Mécanique automobile
  • Mécanique d’engins de chantier
  • Mécanique de véhicules de loisir et d’équipement léger
  • Mécanique de véhicules légers
  • Mécanique de véhicules lourds routiers

 

11 – ENVIRONNEMENT ET AMÉNAGEMENT DE LA FORÊT

  • Aménagement de la forêt et Protection et exploitation de territoires fauniques
  • Protection et exploitation de territoires fauniques

 

12 – FABRICATION MÉCANIQUE

  • Dessin industriel
  • Fabrication de pièces industrielles et aérospatiales en composites
  • Techniques d’usinage
  • Usinage sur machines-outils à commande numérique (ASP)
  • Usinage

 

13 – FORESTERIE ET PAPIER

  • Abattage manuel et débardage forestier
  • Abattage manuel et débardage forestier + Production acéricole (double DEP)
  • Aménagement de la forêt
  • Pâtes et papier – opérations

 

14 – MÉCANIQUE D’ENTRETIEN

  • Mécanique de machines fixes
  • Mécanique industrielle de construction et d’entretien
  • Serrurerie

 

15 – MÉTALLURGIE

  • Chaudronnerie
  • Fabrication de structures métalliques et de métaux ouvrés
  • Ferblanterie
  • Fonderie
  • Montage structural et architectural
  • Soudage-assemblage (nouvelle version)
  • Soudage haute pression (ASP)
  • Soudage-montage

 

16 – MINES ET TRAVAUX DE CHANTIER

  • Conduite de machinerie de traitement du minerai
  • Extraction de minerai
  • Forage et dynamitage

 

17 – SANTÉ

  • Assistance à la personne en établissement et à domicile
  • Assistance dentaire
  • Assistance technique en pharmacie
  • Assistance technique en pharmacie (Nouvelle version)
  • Santé, assistance et soins infirmiers

 

18 – SOINS ESTHÉTIQUES

  • Coiffure
  • Esthétique
  • Épilation (ASP)
  • Esthétique et épilation (DEP+ASP)

Pour de plus amples informations et entamer votre procédure, veuillez nous contacter via ces contacts : (+225) 27 23 23 21 64 / 07 05 06 67 04

Vers une éfficacité renforcée : Analyse de la réforme OHADA sur le recouvrement des créances.

Le recouvrement des créances est une préoccupation majeure pour les acteurs économiques, notamment les entreprises, qui ont besoin de se faire payer rapidement et efficacement les sommes qui leur sont dues par leurs cocontractants. Or, dans l’espace OHADA, le recouvrement des créances se heurtait à de nombreux obstacles, tels que la lenteur et la complexité des procédures judiciaires, l’insuffisance des voies d’exécution, ou encore l’insolvabilité des débiteurs.

Face à ces difficultés, l’OHADA a entrepris une réforme de son Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUPSRVE), adopté en 1998 et révisé en 2014. Cette réforme vise à renforcer l’efficacité du recouvrement des créances dans l’espace OHADA, en simplifiant les procédures, en diversifiant les moyens d’action du créancier, et en renforçant la protection du débiteur.

Nous nous proposons d’analyser cette réforme OHADA sur le recouvrement des créances, en mettant en évidence ses apports et ses limites. Pour ce faire, nous verrons d’abord comment la réforme a simplifié les procédures de recouvrement des créances (I), puis comment elle a diversifié et renforcé les moyens d’action du créancier (II).

La réforme OHADA a simplifié les procédures de recouvrement des créances, en facilitant l’accès au juge (A) et en accélérant le traitement des affaires (B).

A) La facilitation de l’accès au juge

La réforme OHADA a facilité l’accès au juge pour le créancier qui souhaite obtenir le recouvrement de sa créance. En effet, elle a assoupli les conditions d’introduction de la procédure d’injonction de payer, qui permet au créancier d’obtenir une ordonnance du juge lui enjoignant de payer sa dette. Ainsi, selon l’article 1 de l’AUPSRVE révisé, le recouvrement d’une créance certaine, liquide et exigible peut être demandé suivant la procédure d’injonction de payer, sans qu’il soit nécessaire que la créance résulte d’un contrat écrit ou qu’elle soit constatée par un acte authentique ou sous seing privé. Il suffit que le créancier justifie sa créance par tout moyen. Par exemple, il peut produire des factures signées par le débiteur, ou une reconnaissance de dette notariée. Par ailleurs, la réforme OHADA a élargi la compétence territoriale du juge saisi de la demande d’injonction de payer. Selon l’article 3 de l’AUPSRVE révisé, le juge compétent est celui du lieu où demeure le débiteur ou celui du lieu d’exécution de l’obligation. Cette disposition permet au créancier de choisir le juge le plus proche ou le plus favorable à sa demande.

B) L’accélération du traitement des affaires

La réforme OHADA a accéléré le traitement des affaires relatives au recouvrement des créances, en imposant des délais plus courts au juge et aux parties. Ainsi, selon l’article 4 de l’AUPSRVE révisé, le juge doit statuer sur la demande d’injonction de payer dans un délai maximum de quinze jours à compter de sa saisine. Ce délai était auparavant de trente jours. De même, selon l’article 6 de l’AUPSRVE révisé, le débiteur dispose d’un délai maximum de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance pour former opposition devant le juge qui l’a rendue. Ce délai était auparavant de trente jours. En outre, selon l’article 7 de l’AUPSRVE révisé, le juge doit statuer sur l’opposition dans un délai maximum de trente jours à compter de sa saisine. Ce délai n’était pas prévu par l’ancien AUPSRVE. Ces délais plus courts visent à éviter les lenteurs et les blocages dans le recouvrement des créances, et à garantir une justice plus rapide et plus efficace.

La réforme OHADA a donc simplifié les procédures de recouvrement des créances, en facilitant l’accès au juge et en accélérant le traitement des affaires. Mais elle a aussi diversifié et renforcé les moyens d’action du créancier, en lui offrant de nouvelles voies d’exécution et en améliorant leur efficacité.

La réforme OHADA a diversifié et renforcé les moyens d’action du créancier, en créant de nouvelles voies d’exécution (A) et en améliorant leur efficacité (B).

A) La création de nouvelles voies d’exécution

La réforme OHADA a créé de nouvelles voies d’exécution, qui permettent au créancier de procéder au recouvrement forcé de sa créance, en saisissant les biens ou les comptes du débiteur. Il s’agit de la saisie-attribution des créances (SAC) et de la saisie-conservatoire des biens meubles corporels (SCBMC).

La SAC est une procédure qui permet au créancier muni d’un titre exécutoire (par exemple, une ordonnance d’injonction de payer non frappée d’opposition) de saisir entre les mains d’un tiers détenteur (par exemple, une banque) les sommes d’argent ou les créances que celui-ci doit au débiteur. La SAC rend indisponible la somme ou la créance saisie, qui est attribuée au créancier jusqu’à concurrence de sa créance. La SAC est régie par les articles 50 à 69 de l’AUPSRVE révisé, qui ont été introduits par la réforme OHADA. La SAC présente plusieurs avantages pour le créancier : elle lui permet de bloquer les comptes bancaires du débiteur, elle lui évite de recourir à un huissier de justice, elle lui assure le paiement intégral ou partiel de sa créance, elle lui évite les frais et les risques liés à la vente des biens saisis.

La saisie-conservatoire des biens meubles corporels (SCBMC) est une procédure qui permet au créancier muni d’une autorisation judiciaire (par exemple, une ordonnance sur requête) de saisir conservatoirement les biens meubles corporels du débiteur (par exemple, des véhicules, des machines, des marchandises). La SCBMC rend indisponible le bien saisi, qui est placé sous la garde d’un tiers séquestre ou du créancier lui-même.

La SCBMC est régie par les articles 70 à 85 de l’AUPSRVE révisé, qui ont été introduits par la réforme OHADA. La SCBMC présente plusieurs avantages pour le créancier : elle lui permet de préserver la valeur du bien saisi, elle lui donne un droit de préférence sur le produit de la vente du bien saisi, elle lui permet de se faire payer avant les autres créanciers.

B) L’amélioration de l’efficacité des voies d’exécution

La réforme OHADA a apporté des changements significatifs pour renforcer l’efficacité des voies d’exécution. Elle a impacté les différents acteurs par le renforcement des Pouvoirs du Juge et du Créancier.

Concernant les pouvoirs du Juge,La réforme a conféré au juge des pouvoirs accrus pour accélérer les procédures d’exécution. Il peut désormais prendre des mesures plus rapides et efficaces pour garantir le recouvrement des créances. Il peut ordonner des saisies, des ventes aux enchères, et des mesures conservatoires sans délai excessif.

Quant aux pouvoirs du créancier,il bénéficie d’une procédure plus fluide pour obtenir l’exécution de sa créance et peut demander au juge d’ordonner la saisie des biens du débiteur, la vente forcée, ou d’autres mesures d’exécution.

La réforme OHADA a également Limitée les Recours du Débiteur par une restriction des possibilités de contestation du débiteur et cela s’observe par des délais raccourcis , Les délais pour contester une procédure d’exécution ont été réduits. Le débiteur dispose de moins de temps pour s’opposer, En plus de cela, Les motifs de contestation sont désormais plus stricts. Le débiteur ne peut pas invoquer des raisons dilatoires pour retarder l’exécution. Si le débiteur entrave volontairement l’exécution, des sanctions plus sévères peuvent être appliquées, telles que des amendes ou des mesures coercitives.

La réforme OHADA sur le recouvrement des créances constitue une étape cruciale vers une justice commerciale plus efficace et harmonisée au sein de la région. En examinant les principaux aspects de cette réforme, nous pouvons tirer des conclusions significatives pour les acteurs économiques, les praticiens du droit et les investisseurs. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour le développement économique et commercial en Afrique. Elle incite à l’investissement, à la croissance des entreprises et à la confiance dans le système judiciaire. 

  • Actes Uniformes de l’OHADA, textes officiels publiés au Journal officiel le 15 novembre 2023 en vigueur depuis le 16 février 2024.
  • Conférence sur le nouveau cadre juridique du recouvrement des créances et de l’exécution forcée entre en vigueur dans les Etats membres de l’OHADA du 16 février 2024 à 09h30 

Jacques VANIE

Juriste privatiste spécialisé en droit economique des affaire, 

Bénévole au sein du Cabinet  La Documentation Juridique (LDJ)

jacquesvaniebi1@gmail.com

Le Conseil constitutionnel du Sénégal-Décision du 15 février 2024 : Un Censeur des actes réglementaires ou des décrets.

« Le juge constitutionnel a droit à la gomme, pas au crayon » disait le Doyen Georges Vedel. Le contexte politique sénégalais a fortement suscité une curiosité intellectuelle dans l’univers juridique en ce que la doctrine constitutionnaliste était mitigée sur l’impossibilité ou la possibilité du Conseil constitutionnel de statuer sur les actes réglementaires. Mais, nous nous intéressons plus aux nouveaux vêtements du juge constitutionnel sénégalais.

Avant de faire l’économie de l’analyse, il est impératif de revenir sur les considérations terminologiques. Cela étant, les actes réglementaires « sont ceux qui se caractérisent usuellement par leur caractère général et impersonnel, par opposition aux actes individuels qui désignent nommément leurs destinataires », pour reprendre la définition du Professeur Benoit.

Puis, l’expression « Censeur des décrets », nous plonge dans l’idée d’un juge qui sanctionne ou annule les actes administratifs illégaux. D’ailleurs, cette expression appartient au Professeur René Chapus.

En effet, il est posé la règle selon laquelle, la contestation des actes réglementaires relève de la compétence de la Cour suprême comme en témoigne l’article premier de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 abrogeant et remplaçant la loi organique n°2008-35 du 08 août 2008 sur la Cour suprême, modifiée par la loi organique n° 2022-16 du 23 mai 2022 « La Cour suprême est juge de l’excès de pouvoir des autorités administratives ainsi que de la légalité des actes des collectivités territoriales ».

En clair, le décret n°2024-106 du 03 février 2024 abrogeant le décret n°2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du corps électoral pouvait faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif. Sans doute, cet acte a été rangé dans le marbre des actes de gouvernement et donc bénéficiant d’une immunité juridictionnelle.
Fort malheureusement, cette idée vient d’être décriée par le juge constitutionnel sénégalais.

Cependant, il importe de souligner que ledit juge s’est transformé en un juge administratif pour annuler le décret susmentionné d’où l’appellation de « Contrôleur des actes réglementaires ou d’un juge administratif suis generis »

Quelle véhémence dudit juge ! Il convient dès lors de s’interroger sur : Peut-on parler d’un fondement juridique ?

En guise de rappel, l’article 92 de la Constitution du 22 janvier 2001(version consolidée avec la loi n° 2023-13 du 02 août 2023 portant révision de la Constitution) et l’article premier de la Loi organique n°2016-23 du 14 juillet 2016 relative au Conseil constitutionnel ne prévoient nullement le contrôle des actes réglementaires. Donc, la combinaison des deux textes n’envisageait pas le contrôle des actes réglementaires par le juge constitutionnel sénégalais.

Sans conteste, cette juridiction constitutionnelle affirme, dans le Considérant 7 « Que s’il est vrai que la cour suprême est juge de l’excès de pouvoir des autorités exécutives, le Conseil constitutionnel, juge de la régularité des élections nationales, dispose d’une plénitude de juridiction en matière électorale, sur le fondement de l’article 92 de la constitution; que cette plénitude de juridiction lui confère compétence pour connaître la contestation des actes administratifs participant directement à la régularité d’une élection nationale, lorsque ces actes sont propres à ce scrutin ». Que faut-il retenir de ce Considérant ?

Justement, deux précisions doivent être apportées : Dans un premier temps, ce juge constitutionnel reconnaît la compétence de la chambre administrative de la Cour suprême en matière de recours pour excès de pouvoir. Dans un second temps, le Conseil constitutionnel a fait une interprétation extensive de l’article 92 par la transformation des compétences d’attribution en compétences générales si nous comprenons bien l’éloquence des termes utilisés par ledit Conseil.

De là, la contestation de tout acte administratif participant directement à la régularité d’une élection nationale et ayant un lien avec le scrutin relève de la compétence dudit Conseil. Par ailleurs, le Considérant 8 prouve suffisamment que : « Le Conseil constitutionnel est compétent pour statuer sur les recours dirigés contre la loi constitutionnelle et le décret précités ». Ostensiblement, nous sommes en présence d’un juge garant de l’État de droit et non de la logique du droit de l’État.

En outre, le Considérant 23 nous fait savoir que : « la loi portant dérogation aux dispositions de l’article 31 de la Constitution adoptée sous le n°4/2024 par l’Assemblée nationale en sa séance du 5 février déclarée contraire à la Constitution ; qu’en conséquence, le décret attaqué, pris sur le fondement de la proposition de loi notifiée au Président de la République, manque de base légale et encourt l’annulation ».

En vérité, cette décision traduit réellement une révolution juridique dans l’état actuel du droit positif sénégalais en ce sens que, ce juge a annulé le décret n°2024-106 du 03 février 2024 portant abrogation du décret convoquant le corps électoral pour l’élection présidentielle du 25 février 2024. En l’espèce, les requérants, candidats à l’élection présidentielle ont effectivement saisi ledit juge aux fins de contester la légalité dudit décret.
Sous ce rapport, le Conseil constitutionnel s’est arrogé le pouvoir de contrôler les actes réglementaires.

In fine, l’audace du juge constitutionnel rejoint le questionnement de Gérard Conac : Le juge constitutionnel en Afrique est-il un censeur ou pédagogue ? Mais est-ce une nouveauté dans le droit constitutionnel africain ? La réponse est évidemment négative. Ainsi, pour une meilleure scientificité, nous sommes obligés de faire la lecture de l’article 117 de la Constitution du Bénin du 11 décembre 1990 « La Cour constitutionnelle statue sur la constitutionnalité des lois et des actes réglementaires censés porter atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et aux libertés publiques et en général, sur la violation de la personne humaine ». Aussi, l’article 85 de la Constitution du Gabon du 26 mars 1991(Version actualisée et consolidée au 17 avril 2023) énonce que « Les autres catégories de loi ainsi que les actes réglementaires peuvent être déférés à la Cour constitutionnelle ». Il résulte alors des dispositions sus-évoquées que le contrôle des actes réglementaires par le juge constitutionnel est possible au Bénin et au Gabon. En revanche, nous précisons que le juge constitutionnel béninois, dans sa décision n°03-90 du 28 mai 2004, a annulé « le décret n° 949 du 25 janvier 1994 portant destitution de grade d’un officier des Forces Armées Aériennes Béninoises pour inconstitutionnalité ».
Il nous est loisible de dire que la décision du 15 février 2024 restera gravée dans « l’histoire du constitutionnalisme sénégalais ».

Fait à Dakar, le 16 Février 2024
Par Keit Achile ONGOTO
Maître en Droit Public

Résumé de la causerie débat sur le thème: les implications juridiques, politiques, économiques et sociales du retrait des pays de l’AES de la CEDEAO

Ce vendredi 16 Février 2024 à 19h GMT via Google Meet s’est tenue une causerie débat avec pour thème: Les implications juridiques, politiques, économiques, et sociales du retrait des pays de l’AES de la CEDEAO.
Dans cet article, nous synthétiserons toutes les idées essentielles de cette causerie débat et reviendrons sur les deux points phares autour desquels tournèrent les discussions.

Le 28 janvier 2024, trois pays membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont annoncé leur retrait avec effet immédiat de l’organisation régionale. Ces trois pays qui sont dirigés par des régimes militaires depuis des coups d’états successifs, avaient créé en septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES) une entité visant à renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité qui sévissent dans la région Sahélienne.

Les Pays de l’AES pour se retirer de la CEDEAO ont évoquer plusieurs raisons:
Éloignement des idéaux des pères fondateurs et du panafricanisme
⁃ Influence des puissances étrangères
⁃ Menace pour ses États membres et non-assistance dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.
⁃ Imposition de sanctions jugées illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes.

Les conséquences de ce retrait pourraient être graves pour le pays le l’AES et ceux de la CEDEAO. Le but de la CEDEAO étant de favoriser les échanges économiques entre ces membres, le retrait peut avoir des conséquences sur le plan juridique, politique, économique et social, et impacter sur les populations.

  • Sur le plan juridique, il faut souligner que le retrait s’annonce difficile car le Traité de la CEDEAO ne prévoit pas de retrait avec effet immédiat de cette institution. Selon le chapitre XXII en son article 91 il faut notifier par écrit, dans un délai d’un an, sa décision au Secrétaire exécutif qui en informe les États membres. A l’expiration du délai, si la notification n’est pas retirée, cet état cesse d’être membre de la communauté. Or les pays de l’AES on fait une demande conjointe avec effet immédiat de retrait choses qui pour le droit international est une entorse aux règles. Aussi le traité ne prévoit pas de retrait collectif or les trois pays on fait leur demande de façon conjointe. Si ce retrait était validé la CEDEAO sortira fragilisée car n’importe quel pays pourra utiliser le même mode de sortie et on assistera à la fin de l’organisation.
  • Sur le plan politique, les relations entre les pays de L’AES et ceux de la CEDEAO vont se fragiliser et même pourront devenir conflictuelles. Le Nigeria et le Niger ne pourront plus collaborer après que le Nigérian sous l’égide de la CEDEAO est demandé une intervention militaire dans ce pays.
  • Sur le plan économique, il s’agit de trois États sahéliens, sans littoral maritime. Avec le retrait de ces trois États intérieurs, l’organisation sera réduite aux 12 Etats littoraux d’Afrique de l’Ouest. Mali, Burkina Faso et Niger représentent 2,75 millions de km2 sur 6,1 millions de km2 de l’ensemble des Etats membres de l’organisation.

Le Mali et le Niger sont 4 fois plus grands que le Burkina Faso (274.000 km2). Mali et Burkina Faso ont une population quasi identique d’environ 22 millions d’habitants contre plus de 25 millions d’habitants pour le Niger. Cela représente un marché énorme et un manque à gagner pour le état restants de la CEDEAO.

Le reste des états de la CEDEAO étant des pays du littoral les échanges commerciaux maritimes de ces pays là seront fermés or le
Port d’Abidjan est le plus utilisé pas le Mali et le Burkina Faso. Il ne pourront plus bénéficier du libre échange que favorise la CEDEAO. Cela pourrait être dramatique pour ces pays là.

  • Sur le plan social, cette décision de retrait pourrait produire des effets considérables, par exemple pour la circulation des biens et des personnes, pour les trois pays concernés, dépourvus d’accès à la mer, et pour la région. Elle suppose des implications sur les exemptions de visa et les exonérations de taxe, avec des retombées sur les prix et sur les conventions d’éducation et les exonérations de Scolarite.

Au vu de ce qui précède nous pouvons dire que le retrait des pays de l’AES est un cas inédit qui ne présage pas un avenir radieux pour la CEDEAO et ces trois pays, et risque de réduire à néant les efforts consentie par les Pères fondateurs de cette Organisation régionale.

Opinion : La posture du juge constitutionnel face aux lois de révision au Sénégal.

« Le juge constitutionnel est un troisième pouvoir constituant » dixit Michel Troper. Si l’interrogation, de savoir pourquoi le contrôle des lois de révision constitutionnelle serait-il étranger au pouvoir du juge constitutionnel sénégalais, était pertinente, elle a aujourd’hui perdu de son actualité, car le contrôle des lois de révision, irrigue à partir de ce jour l’office du juge constitutionnel sénégalais et en fait aujourd’hui partie intégrante.

Si le contrôle des lois de révision constitutionnelle fait aujourd’hui partie intégrante de l’office du juge constitutionnel sénégalais, il est en revanche principalement extérieur à l’office du juge constitutionnel, pour deux raisons essentielles : d’une part, en raison de l’absence consacrée d’un pouvoir de contrôle des lois de révision par la Constitution du Sénégal du 22 janvier 2001 et d’autre part, en raison de la négation par le juge constitutionnel sénégalais de contrôler lesdites lois.

Pour le premier cas, le caractère étranger du pouvoir de contrôler les lois constitutionnelles à l’office du juge constitutionnel sénégalais, est justifié par l’absence d’un fondement juridique constitutionnel. Pour ce faire, il faut dire que, contrairement au contrôle de constitutionnalité des lois ordinaires et organiques formalisé par la constitution, le contrôle des lois de révision n’est pas formellement consacré par la Constitution du Sénégal du 22 janvier 2001.

Pour le second cas, le juge constitutionnel sénégalais a énormément contribué à la négation du pouvoir de contrôler les lois constitutionnelles. Il a lui-même procédé à l’auto limitation de sa compétence concernant l’exercice du contrôle des lois constitutionnelles. A titre illustratif, à propos de l’examen d’une loi constitutionnelle par rapport à la Constitution ellemême, le Conseil constitutionnel avoue toujours son incompétence en ces termes :

« Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la loi contestée (…) est une loi constitutionnelle ; que la procédure prescrite par l’article 103 de la Constitution n’a pas été violée ; Considérant que la compétence du Conseil constitutionnel est strictement délimitée par la Constitution et la loi organique sur le Conseil constitutionnel ; que le Conseil ne saurait être appelé à se prononcer dans d’autres cas que ceux limitativement prévus par ces textes ; que le Conseil constitutionnel ne tient ni des articles 74 et 103 de la Constitution ni d’aucune disposition de la loi organique le pouvoir de statuer sur une révision constitutionnelle » (Décision n° 3/C/2005 du 18 janvier 2006 relative à la loi portant prorogation du mandat des députés).

Il ressort de ce constat que, le juge constitutionnel sénégalais dans son office contribue de manière significative à nier l’exercice du pouvoir de contrôler les lois de révision constitutionnelle. Pourtant, on aurait souhaité que, la question du contrôle des lois de révision loin d’être incompatible avec le statut du juge constitutionnel, soit une source de légitimation de son office, et ce dans l’optique de consolider la démocratie.

Cependant, la lecture à ce jour de la jurisprudence du Conseil Constitutionnel permet de constater que le juge constitutionnel sénégalais a évolué sur la question et, à défaut de trouver un fondement juridique de son pouvoir de contrôler les lois de révision dans le marbre constitutionnel, il a fini par s’arroger ce pouvoir de façon prétorienne.

La Constitution n’est pas une tente dressée pour le sommeil, disait ROYER-COLLARD. Elle est adaptable à l’évolution du temps. Si le pouvoir de contrôler les lois constitutionnelles est extérieur à l’office du juge constitutionnel sénégalais, cette extériorité ne constitue pas un obstacle dirimant à l’exercice d’un tel pouvoir. C’est pourquoi, après avoir refusé pendant longtemps de contrôler les lois constitutionnelles, le juge constitutionnel sénégalais a fait preuve d’audace dans sa décision n° 1/C 2024 du 15 février 2024 en déclarant contraire à la Constitution la loi portant dérogation aux dispositions de l’article 31 de la Constitution, adoptée sous le n° 4/2024 par l’Assemblée nationale, en sa séance du 05 février 2024. 

Cette jurisprudence permet de montrer toute l’importance que peut revêtir l’attitude du juge constitutionnel sénégalais dans la consolidation de la sécurité juridique de la Constitution mais surtout de la démocratie.

Le juge constitutionnel sénégalais a emboîté le pas de son homologue béninois. En effet, la Cour Constitutionnelle béninoise a annulé une loi constitutionnelle prorogeant le mandat des députés de quatre à cinq ans. En l’espèce, ces derniers voulaient cumuler les élections législatives et les élections communales, municipales et locales, afin de faire réaliser des économies à l’État. 

La Cour soutient que “considérant que ce mandat de quatre ans, qui est une situation constitutionnellement établie, est le résultat du consensus national dégagé par la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 et consacré par la Constitution en son Préambule qui réaffirme l’opposition fondamentale du peuple béninois…à la confiscation du pouvoir ; que même si la Constitution a prévu les modalités de sa propre révision, la détermination du peuple béninois à créer un État de droit et de démocratie pluraliste, la sauvegarde de la sécurité juridique et de la cohésion nationale, commandent que toute révision tienne compte des idéaux qui ont présidé à l’adoption de la Constitution du 11 décembre 1990, notamment le consensus national, principe à valeur constitutionnelle ; qu’en conséquence, les articles 1 et 2 de la loi constitutionnelle n° 2006-13 adoptée par l’Assemblée nationale le 23 juin 2006, sans respecter le principe à valeur constitutionnelle ainsi rappelé, sont contraires à la Constitution ; et sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens…”. 

Par cet arrêt, il faut le dire, le juge a créé un principe fondamental constitutionnel, notamment celui du “consensus national” qui a présidé à la Conférence Nationale de 1990. L’œuvre consolidante du juge constitutionnel est salutaire dans la mesure où, elle a permis d’assurer la continuité constitutionnelle et démocratique du Bénin. Nous pouvons aisément constater que par l’interprétation extensive de ses compétences, le juge constitutionnel béninois a réussi à contrôler les lois constitutionnelles, ce qui lui a permis de garantir la sécurité juridique de la Constitution mais surtout de consolider la démocratie.

Dans le même sillage, le juge constitutionnel burkinabé dans la Décision n° 2012-008/ CC du 26 avril 2022 consolide les acquis démocratiques. Dans cette jurisprudence, le juge s’est déclaré compétent pour contrôler la Constitutionnalité de la loi n° 023-2012/AN du 18 mai 2012 portant modification de la Constitution. Par la même occasion, il a annulé la loi Constitutionnelle prorogeant le mandat des députés.

En définitive, le juge constitutionnel sénégalais, à l’instar de ses homologues béninois et burkinabé, a franchi le rubicon du cloisonnement de ses compétences afin de contrecarrer les velléités qui gangrènent considérablement nos dirigeants africains à s’éterniser au pouvoir et surtout de sauvegarder la vitalité démocratique des États africains en général et du Sénégal en particulier.

Comme le dirait le Pr. Abdou Khadre Diop lors de son intervention sur la Table ronde virtuelle sur le thème: Le Conseil Constitutionnel et les lois de révision au Sénégal , « le moment était solennel pour le juge constitutionnel sénégalais, il était temps qu’il puisse s’affirmer, de jouer pleinement sa fonction de régulation et d’inscrire son nom dans la postérité et de produire une décision digne de ce nom retentissant partout dans le monde, à l’image de la décision du 24 février 1803, Marbury v/ Madison aux Etats-Unis , à l’image de la décision du 16 juillet 1971, Liberté d’association en France ou à l’image de la Décision DCC 06-074 du 08 juillet 2006 , Consensus national au Bénin. C’est peu dire, qu’on a aujourd’hui une histoire à raconter au Sénégal, comme celle du Huron de Jean Rivero qui a visité le Palais Royal (1962) ».


Fait à Dakar, le 16 Février 2024
Par Fernando MIKALA
Maître en Droit Public

L’IA, un outil incontournable : exemples, évaluation et formation

L’intelligence artificielle (IA) est un domaine de l’informatique qui vise à créer des machines ou des programmes capables de réaliser des tâches normalement réservées aux êtres humains, comme le raisonnement, l’apprentissage, la communication ou la créativité.

L’IA est devenue un outil incontournable pour de nombreux secteurs d’activité, notamment le secteur juridique. En effet, l’IA peut aider les juristes à optimiser leur travail, à améliorer leur service aux clients, à accéder à des sources d’information variées et à se former en continu.

Mais quels sont les enjeux et les défis de l’intégration de l’IA dans la sphère juridique africaine, et plus spécifiquement dans la sphère juridique ivoirienne ? Quels sont les exemples d’IA adaptées aux besoins des professionnels et des étudiants du droit en Afrique ? C’est ce que nous allons voir dans cet article .

Dans une première partie, nous verrons que l’IA présente de nombreux avantages pour le juriste africain, en termes de gain de temps, de qualité et d’efficacité. Dans une deuxième partie, nous examinerons les limites et les risques de l’IA pour le droit africain, en termes d’éthique, de sécurité et de souveraineté.

L’IA peut être utilisée par les juristes africains pour automatiser des tâches répétitives, analyser des données complexes, générer des documents ou assurer une veille juridique.

L’un des principaux apports de l’IA pour le juriste est de lui permettre d’automatiser des tâches qui lui prennent beaucoup de temps et qui ne nécessitent pas de réflexion approfondie. Par exemple, l’IA peut aider à rédiger des actes juridiques standardisés, comme des contrats, des statuts ou des procès-verbaux. Il existe des logiciels qui utilisent l’apprentissage automatique (machine learning) pour générer des documents personnalisés à partir de modèles préétablis et des informations fournies par l’utilisateur. Ces logiciels permettent de gagner du temps, de réduire les erreurs et d’améliorer la conformité aux normes juridiques. Un exemple d’IA générateur de documents est Legal Robot, qui propose une plateforme en ligne pour créer et analyser des contrats.

L’IA peut également aider à analyser des données volumineuses et complexes, comme des jurisprudences, des législations ou des données contractuelles. L’IA peut utiliser le traitement du langage naturel (natural language processing) pour extraire les informations pertinentes, les classer, les comparer et les synthétiser. Ces analyses permettent au juriste d’avoir une vision globale et précise du droit applicable, de détecter des anomalies ou des risques, et de prendre des décisions éclairées. Un exemple d’IA analytique est Kira Systems, qui utilise l’apprentissage profond (deep learning) pour examiner et gérer des contrats.

L’autre apport majeur de l’IA pour le juriste est de lui permettre de générer du contenu original et pertinent, comme des articles, des rapports ou des recommandations. L’IA peut utiliser la génération automatique de texte (natural language generation) pour produire du texte à partir de données structurées ou non structurées. Ces textes peuvent avoir une valeur informative, pédagogique ou persuasive. Ils peuvent aider le juriste à communiquer avec ses clients, ses collègues ou le public. Un exemple d’IA générateur de texte est GPT-3, qui utilise un réseau neuronal artificiel (artificial neural network) pour créer du texte sur n’importe quel sujet.

L’IA peut aussi aider à veiller sur l’évolution du droit et sur les actualités juridiques. L’IA peut utiliser la recherche d’information (information retrieval) pour trouver et sélectionner les sources d’information pertinentes, comme des sites web, des bases de données ou des réseaux sociaux. L’IA peut ensuite utiliser la compréhension automatique de texte (natural language understanding) pour extraire et résumer les informations clés, comme des changements législatifs, des décisions judiciaires ou des événements juridiques. Ces informations permettent au juriste de se tenir informé, de se former et de se positionner. Un exemple d’IA de veille juridique est LexisNexis, qui propose un service en ligne pour accéder à des sources juridiques et à des actualités juridiques.

L’IA n’est pas sans poser des problèmes pour le droit africain, en termes d’éthique, de sécurité et de souveraineté. L’IA peut être source de biais, de violations ou de dépendance.

L’un des principaux défis de l’IA pour le droit africain est de garantir le respect des principes éthiques et des droits fondamentaux. En effet, l’IA peut être biaisée, c’est-à-dire qu’elle peut reproduire ou amplifier des discriminations ou des inégalités existantes dans la société. Ces biais peuvent provenir des données utilisées pour entraîner l’IA, du code utilisé pour programmer l’IA ou du contexte utilisé pour appliquer l’IA. Par exemple, une IA qui analyse des CV peut discriminer des candidats en fonction de leur genre, de leur origine ou de leur âge. Ces biais peuvent porter atteinte aux droits et aux libertés des personnes concernées, comme le droit à la non-discrimination, le droit à la vie privée ou le droit à la dignité.

L’IA peut également être source de violations, c’est-à-dire qu’elle peut causer des dommages ou des préjudices aux personnes ou aux biens. Ces violations peuvent résulter d’un dysfonctionnement, d’une erreur ou d’un abus de l’IA. Par exemple, une IA qui contrôle un véhicule autonome peut provoquer un accident, une IA qui gère un compte bancaire peut commettre une fraude ou une IA qui surveille une personne peut porter atteinte à sa vie privée. Ces violations peuvent engager la responsabilité civile, pénale ou administrative de l’IA elle-même, de son concepteur, de son utilisateur ou de son régulateur.

L’autre défi majeur de l’IA pour le droit africain est de garantir l’autonomie et la souveraineté du continent face aux puissances technologiques. En effet, l’IA peut être source de dépendance, c’est-à-dire qu’elle peut rendre les juristes africains dépendants des solutions technologiques proposées par les acteurs étrangers. Ces solutions peuvent ne pas être adaptées aux besoins spécifiques du droit africain, comme la diversité linguistique, culturelle ou juridique. Elles peuvent aussi être coûteuses, complexes ou inaccessibles. Par exemple, une IA qui traduit des textes juridiques peut ne pas prendre en compte les nuances ou les spécificités du droit africain. Cette dépendance peut réduire la compétitivité et la créativité des juristes africains.

L’IA peut aussi être source d’atteinte à la souveraineté, c’est-à-dire qu’elle peut menacer la capacité du continent à maîtriser son destin et à défendre ses intérêts. Cette atteinte peut résulter d’une domination, d’une ingérence ou d’une exploitation de l’IA par les acteurs étrangers. Par exemple, une IA qui collecte et traite des données juridiques peut transférer ces données hors du continent sans le consentement ni le contrôle des autorités africaines. Cette atteinte peut compromettre la sécurité et le développement du continent.

L’IA est un outil incontournable pour le juriste africain, qui lui offre de nombreuses opportunités pour optimiser son travail, améliorer son service aux clients, accéder à des sources d’information variées et se former en continu. Mais l’IA est aussi un outil à encadrer et à sécuriser.


(1) DeepL L’intelligence artificielle au service du droit : 5 outils https://www.deepl.com/fr/blog/five-AI-tools-for-law.

(2) Améliorer l’efficacité du service juridique grâce à l’IA. https://www.wolterskluwer.com/fr-fr/expert-insights/adopting-ai-technology-to-improve-legal-department-efficiency.

(3) L’IA révolutionne de l’accès à l’information juridique et la recherche …. https://www.village-justice.com/articles/revolutionne-acces-information-recherche-juridique-pour-les-avocats,47254.html.

(4) L’Intelligence Artificielle peut-elle aider les juristes à mieux …. https://www.journaldunet.com/solutions/reseau-social-d-entreprise/1210912-l-intelligence-artificielle-peut-elle-aider-les-juristes-a-mieux-exercer-le-droit/.

(5) Ordalie | IA Juridique. https://ordalie.ai/.


Vanié bi Jacques vanié Kevin,

Juriste privatiste spécialisé en droit des affaires, amateur d’intelligence artificielle appliquée au droit 

jacquesvaniebi1@gmail.com

Vanié bi Jacques vanié Kevin,  Juriste privatiste spécialisé en droit des affaires, amateur d’intelligence artificielle appliquée au droit   jacquesvaniebi1@gmail.com

Compte rendu de la causerie débat portant sur le thème : L’évolution du droit de la famille et des auestions de genre

Le samedi 09 février à 19h30 , via Google Meet, a eu lieu une causerie débat sur l’évolution du droit de la famille et les questions de genre. Cet article synthétise les idées clés de cet échange, se concentrant sur les cinq points majeurs qui ont animé les discussions.

La causerie a débuté en explorant la notion de genre, soulignant son caractère socialement construit et distinct du concept biologique du sexe.

Une distinction a été établie entre le sexe (biologique) et le genre (socioculturel), mettant en avant l’importance de cette distinction pour promouvoir l’égalité.

Une définition générale du droit de la famille a été présentée, mettant en lumière son rôle dans la régulation des relations familiales, du mariage à la filiation.

Le débat a abordé la question de l’incongruité entre le droit coutumier et l’évolution du droit de la famille. Certains ont argumenté en faveur de la codification, considérant le droit coutumier comme le fondement de cette évolution.

Les implications juridiques du mariage du genre ont été discutées, en mettant l’accent sur des aspects tels que la consommation du mariage, l’adoption et la délicate question de la dot. Des considérations morales, de bonnes mœurs et les défis liés à la succession et à l’adoption ont été soulevés.


En résumé, la causerie débat a offert une plateforme riche pour explorer les complexités entre l’évolution du droit de la famille, les questions de genre et les traditions coutumières. Cette discussion, a souligné l’importance continue de réfléchir sur ces sujets dans un contexte de changement constant.

L’ère de l’intelligence artificielle face au juriste

Dans l’évolution rapide du paysage juridique, l’intelligence artificielle (IA) émerge comme une force majeure, promettant des avancées significatives tout en suscitant des interrogations profondes. Cette technologie, visant à émuler l’intelligence humaine au travers de machines apprenantes et résolvant des problèmes, offre un potentiel considérable pour les métiers du droit. Cependant, cette promesse s’accompagne d’une série de défis éthiques, juridiques et professionnels, plaçant le juriste au cœur d’une réflexion cruciale sur son rôle dans cette ère d’innovation.

Le juriste, qu’il soit étudiant, enseignant, chercheur, avocat, magistrat, notaire, huissier, juriste d’entreprise, incarne la diversité des acteurs du monde juridique. Son activité englobe un spectre large, de l’étude et la recherche à la pratique et au conseil. Face à l’émergence de l’IA, le juriste se trouve à un carrefour où des décisions stratégiques doivent être prises quant à la manière d’appréhender cette technologie.

La problématique qui se pose est ainsi cruciale : quelle position le juriste, en tant qu’étudiant ou professionnel, doit-il adopter face à l’IA ? Doit-il la percevoir comme une menace potentiellement disruptive ou comme une opportunité porteuse d’innovation et d’efficacité accrue ? De plus, comment peut-il intégrer cette technologie de manière éthique et responsable dans sa pratique quotidienne ?

Nous orienterons notre réflexion en deux temps. Tout d’abord, nous explorerons en détail en quoi l’IA peut être un atout considérable pour le juriste, lui offrant des outils performants et innovants pour l’exercice de son activité (I). Puis, nous examinerons les risques inhérents à l’utilisation de l’IA, confrontant le juriste à des enjeux juridiques, éthiques et professionnels (II). Cette démarche vise à fournir une vision complète, équilibrée et approfondie des implications de l’IA dans le domaine juridique contemporain.

Explorons en profondeur comment l’IA peut réellement se positionner comme un allié précieux pour les juristes, en leur fournissant des outils performants et innovants.

Dans cette première perspective, l’IA ne se contente pas de remplir le rôle d’un simple outil ; elle transcende cette fonction pour devenir un compagnon véritablement efficace du juriste. Cela se manifeste à travers plusieurs aspects révolutionnaires.

Tout d’abord, l’accès à l’information juridique est transformé de manière radicale grâce à l’utilisation de moteurs de recherche intelligents et de bases de données structurées. Ces technologies permettent aux juristes d’explorer une quantité considérable d’informations de manière rapide et organisée, offrant ainsi une source fiable et pertinente de données.

De plus, l’IA apporte une amélioration significative en termes de qualité, de précision et de rapidité dans les différentes étapes du travail juridique. Les systèmes experts et les assistants virtuels analysent de grandes quantités de données à une vitesse impressionnante. Cette analyse rapide contribue à repérer des incohérences, à suggérer des améliorations et à accélérer les processus de rédaction, de révision et de vérification des actes juridiques. Ainsi, l’IA permet aux juristes de consacrer davantage de temps à des tâches stratégiques et complexes, tout en assurant une qualité supérieure dans leurs travaux.

L’IA ne se contente pas d’être un simple outil, mais devient un partenaire dynamique dans la pratique juridique moderne. Elle révolutionne l’accès à l’information juridique et améliore la qualité des services juridiques grâce à une analyse rapide et précise.

Dans un second temps, explorons en profondeur la manière dont l’IA joue un rôle crucial dans la stimulation de l’innovation au sein de la profession juridique. Cela va au-delà de son statut d’outil fonctionnel pour devenir un véritable catalyseur d’évolution.

Les plateformes d’apprentissage en ligne représentent l’une des facettes de cette révolution. Elles offrent aux juristes une opportunité sans précédent de se former et de se perfectionner continuellement. Que ce soit par le biais de cours interactifs, de jeux sérieux ou de systèmes adaptatifs, ces plateformes permettent aux juristes d’actualiser leurs compétences de manière flexible et adaptée à leur emploi du temps.

Parallèlement, les solutions personnalisées constituent une autre dimension de l’impact de l’IA sur l’innovation juridique. En développant des applications originales et des outils sur mesure, les juristes peuvent se différencier et apporter une valeur ajoutée à leurs services. Cette personnalisation favorise une approche plus fine et adaptée aux besoins spécifiques de chaque client.

En outre, les offres attractives découlant de l’utilisation de l’IA dans le domaine juridique ne se limitent pas à des avantages pour les praticiens individuels. Elles représentent une force motrice pour l’évolution du droit dans son ensemble. En contribuant à des initiatives collaboratives et à des projets de recherche, les juristes peuvent participer activement à façonner les contours du droit dans l’ère de l’IA.Cependant les offres attractives découlant de l’utilisation de l’IA dans le domaine juridique ne comportent elles pas des risques ?

Derrière ces opportunités prometteuses se cachent des défis juridiques et éthiques, soulevant des enjeux cruciaux que les juristes doivent affronter de manière proactive.

Dans cette deuxième exploration, nous plongeons dans les questions juridiques sans précédent que l’IA soulève, forçant les juristes à s’adapter à un paysage juridique en constante mutation.

Premièrement, l’impact de l’IA nécessite une adaptation du droit existant ainsi que la création de nouvelles normes régissant des domaines cruciaux tels que la responsabilité, la propriété intellectuelle et la protection des données. Cette nécessité d’adaptation reflète le défi posé par l’émergence de technologies intelligentes qui peuvent opérer de manière autonome et complexe, remettant en question les cadres juridiques traditionnels.

La conformité devient alors une nécessité absolue dans ce contexte en évolution rapide. Les juristes sont confrontés à des obligations spécifiques découlant de l’utilisation de l’IA, exigeant une vigilance constante pour garantir que les pratiques juridiques restent en adéquation avec les nouveaux défis posés par cette technologie émergente. Ces obligations s’étendent au respect des droits individuels, à la transparence des processus et à la responsabilité des actions entreprises par des systèmes automatisés.

En somme, l’IA, tout en offrant des avantages, crée un impératif pour les juristes d’adapter et de développer les normes juridiques afin de répondre aux défis spécifiques que cette technologie introduit. La conformité devient ainsi une pierre angulaire dans le maintien de l’intégrité et de l’éthique dans un monde juridique en pleine évolution.

Au-delà des défis strictement juridiques, la troisième facette explore l’impact éthique et professionnel croissant de l’IA, soulevant des dilemmes profonds autour de valeurs fondamentales.

Les dilemmes éthiques liés à la dignité, la liberté, la justice et la démocratie émergent comme des préoccupations centrales. L’IA, en agissant avec une autonomie croissante, oblige les juristes à réévaluer leurs valeurs fondamentales. Les questions de savoir comment garantir la protection des droits individuels, éviter les discriminations injustes et maintenir la transparence dans les décisions prises par des systèmes automatisés deviennent cruciales. Cette dimension éthique nécessite une réflexion approfondie pour aligner l’usage de l’IA avec les principes éthiques essentiels du métier juridique.

Parallèlement, l’IA influence de manière significative les pratiques professionnelles des juristes. Des ajustements substantiels sont requis pour rester compétitif dans un environnement où la technologie joue un rôle de plus en plus prépondérant. La collaboration entre les juristes et les systèmes automatisés devient une nécessité, exigeant une redéfinition des rôles et des responsabilités au sein des équipes juridiques. La formation devient un pilier essentiel pour garantir que les professionnels du droit maîtrisent les nuances de l’utilisation de l’IA et restent à la pointe des développements technologiques.

L’évolution des métiers du droit est également inévitable. Les compétences requises pour naviguer dans ce paysage juridique transformé incluent non seulement une maîtrise approfondie du droit, mais aussi une compréhension avancée des technologies émergentes. L’intelligence émotionnelle et la créativité deviennent des atouts précieux dans un contexte où la collaboration entre humains et machines devient la norme.

Les juristes sont confrontés à la nécessité de réconcilier leurs valeurs fondamentales avec les défis éthiques posés par l’utilisation de l’IA, tout en adaptant leurs pratiques professionnelles et en évoluant avec agilité pour rester pertinents dans un monde juridique en constante mutation.

En synthèse, l’IA se présente comme un double tranchant pour les juristes, offrant des avantages considérables tout en soulevant des questions délicates. Adopter une position nuancée, reconnaissant les avantages tout en restant conscient des limites, apparaît comme une approche judicieuse. L’avenir de l’IA dans le domaine juridique soulève des questions intrigantes, telles que la possibilité de créer une IA juridique ou de développer un droit de l’IA spécifique. La clé réside dans une utilisation éclairée et responsable de cette technologie, garantissant ainsi une symbiose harmonieuse entre le juriste et l’IA, dans un paysage juridique en constante évolution.



Vanié bi jacques vanié kevin 

Juriste privatiste en droit des affaires 

jacquesvaniebi1@gmail.com

www.linkedin.com/in/jacques-vanié-kevin-vanié-bi-835251198

Féminisme et droits des femmes: un combat vers une égalité des genres

Tous les individus ont droit au respect de leurs droits humains fondamentaux, y compris le droit à la protection contre la violence et la discrimination, à des soins de santé adéquats, à une éducation de qualité, au droit de vote et à un salaire équitable, sans distinction de genre, de race ou de statut social.
Pourtant, de nombreuses femmes et filles à travers le monde continuent de faire face à des injustices en raison de leur sexe, telles que la violence domestique, les écarts salariaux, les obstacles à l’éducation et aux soins de santé.

Depuis longtemps, des groupes de femmes se mobilisent pour défendre leurs droits, en faisant pression pour des changements législatifs et en manifestant dans les rues pour promouvoir l’égalité des sexes, d’où le féminisme.

Le féminisme est la conviction que les femmes ont droit à l’égalité politique, économique et sociale. Le féminisme œuvre à veiller à ce que les femmes puissent bénéficier pleinement de leurs droits, au même titre que les hommes.

À ce stade de notre réflexion, la question qui se pose est de savoir comment ce mouvement a contribué à l’égalité des genres.

Le mouvement féministe a joué un rôle central dans la lutte pour l’égalité des genres à travers l’histoire, en remettant en question les normes sociales, en combattant les discriminations et en plaidant pour les droits des femmes dans tous les domaines de la société. Depuis ses débuts, le féminisme a été un moteur de changement social et politique, contribuant à des progrès significatifs dans la reconnaissance et la protection des droits des femmes.

Être contre le féminisme signifie généralement ne pas soutenir les objectifs et les principes du mouvement féministe, tels que l’égalité des droits entre les sexes et la lutte contre les discriminations basées sur le genre. Certains individus peuvent s’opposer au féminisme pour diverses raisons, notamment des croyances personnelles, des conceptions erronées sur le mouvement ou des expériences vécues. Cependant, il est essentiel de comprendre que le féminisme vise à promouvoir l’égalité et le respect des droits de tous, indépendamment du genre, et qu’il est fondamental pour construire une société plus juste et équitable pour tous ses membres.

Elizabeth Cady Stanton était une autrice, universitaire et leader du mouvement pour les droits des femmes au XIXe siècle. Elle a organisé la convention de Seneca Falls en 1848, la première du genre aux États-Unis, qui a contribué à l’obtention du droit de vote des femmes en Amérique. Elle était une figure majeure de la première vague du féminisme.

Rose Scott était une militante australienne des droits des femmes qui, dans les années 1880, organisait des réunions chez elle pour discuter du droit de vote, de l’éducation et d’autres questions avec des personnalités politiques et des écrivains. En 1902, elle a fondé la Women’s Political Education League, qui a œuvré pour des réformes importantes, notamment l’élévation de l’âge du consentement sexuel à 16 ans. Elle a également travaillé à améliorer les droits des femmes au travail et les conditions de vie des femmes en prison.

Tarana Burke est une militante américaine qui a lancé le mouvement Me Too en 2006. Le mouvement a été re-popularisé grâce au hashtag #MeToo en 2017, utilisé par des célébrités pour mettre à jour les abus sexuels à Hollywood et ailleurs.

Chimamanda Ngozi Adichie est une autrice nigériane primée qui défend les droits des femmes dans le monde entier. Son discours de 2012 au TEDx, « We Should All Be Feminists« , a ouvert une conversation très nécessaire sur la reconquête des véritables racines du féminisme, et a été publié sous forme de livre sous le même nom en 2014.

En plus de ces grandes féministes qui ont révolutionné le droit des femmes, les gouvernements se sentent plus que jamais investis dans la promotion d’une égalité pour tous. Tel est le cas du gouvernement ivoirien, au plan national à travers sa loi fondamentale du 08 novembre 2016 qui consacre l’égalité homme-femme, protège la femme et la petite fille contre toutes formes de violences.Cette loi assure également la promotion de la femme dans les assemblées élues et la parité dans les administrations publiques et privées ( articles 35-37)

En outre, au plan international, la Côte d’Ivoire a adopté la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes (La CEDEF) adoptée le 18 décembre 1979 et ratifié le 18 décembre 1995. Cette convention interdit toutes les formes de discrimination faites aux femmes, reconnaît également le droit de la femme à participer à la vie publique ; en outre, elle lui accorde le droit à la dignité, à une vie de famille, à l’éducation, à la santé, à l’accès égal aux ressources productives, à la pratique du sport etc. Au plan régional , le pays a ratifié la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi que son Protocole relatif aux droits des femmes (PCADHPF) communément appelé « protocole de Maputo » dont il est signataire depuis le 27 février 2004 et ratifié le 05 octobre 2011.

 

En définitive, retenons que le féminisme a joué un rôle majeur dans la promotion de l’égalité des genres et le développement du droit de la femme. Malgré les progrès réalisés, des défis persistent. Il est crucial de continuer à sensibiliser, à éduquer et à défendre les droits des femmes afin de construire un avenir où la femme se sent en sécurité, non lésée dans ses droits et capable de réaliser son plein potentiel; car la femme a un rôle indéniable dans le développement de notre société actuelle.


CONSTITUTION IVOIRIENNE DU 08 NOVEMBRE 2016 (articles 4, 35-37)

  • LOI N° 2019-870 DU 14 OCTOBRE 2019
  • FAVORISANT LA REPRESENTATION DE LAFEMME DANS LES ASSEMBLEES ELUES ( à télécharger au bas de l’article)
  • RAPPORT DE LA CÔTE DIVOIRE SUR LA MISE EN ŒUVRE DE LA RÉSOLUTION DE L’AG DES NATIONS UNIES SUR LA QUESTION – DES FEMMES DANS LE DÉVELOPPEMENT
  • Mai, 2022 ( à télécharger au bas de l’article)

Corinne Thio, Juriste privatiste, Rédactrice de contenus à LDJ