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Quand peut-on dire qu’un contrat de travail est modifié en Côte d’Ivoire ?

Le contrat de travail est un document qui définit les droits et obligations entre un employeur et un salarié. Cependant, au cours de l’exécution de ce contrat, il peut arriver que des changements interviennent. Ces changements ne sont pas toujours considérés comme une modification du contrat de travail au sens juridique. Il est important de comprendre dans quelles situations un contrat est considéré comme modifié et ce que cela implique pour les deux parties.

Lors de la signature du contrat de travail, certaines conditions spécifiques peuvent être convenues entre l’employeur et le salarié. Si un changement survient, mais qu’il avait déjà été prévu dans le contrat initial, on ne peut pas parler de modification du contrat de travail.

Exemple : Mutation prévue
Supposons qu’un salarié accepte, dès son embauche, de travailler dans n’importe quelle succursale de l’entreprise située en Côte d’Ivoire. Si ce salarié commence à travailler à Abidjan et que l’employeur décide ensuite de le muter à Korhogo, il ne s’agit pas d’une modification du contrat. Cette mobilité géographique était déjà prévue, et le salarié avait donné son accord à cette éventualité.

Ainsi, les changements explicitement mentionnés dans le contrat ne constituent pas une modification, car ils relèvent de l’accord initial entre les parties.

Un contrat de travail est considéré comme modifié lorsque des changements surviennent et qu’ils n’avaient pas été envisagés ou acceptés au moment de l’engagement. Ces modifications peuvent concerner plusieurs aspects importants du contrat :

  • Le lieu de travail : Si un salarié n’a pas accepté une clause de mobilité dans son contrat, le fait de l’obliger à changer de lieu de travail peut être considéré comme une modification du contrat.
  • Les horaires de travail : Passer d’un horaire de jour à un horaire de nuit, ou augmenter les heures de travail sans accord préalable, constitue une modification.
  • Les tâches et fonctions : Modifier les responsabilités principales du salarié ou lui assigner des tâches très différentes de celles prévues dans le contrat initial peut être une modification.
  • La rémunération : Toute réduction ou augmentation significative du salaire, sans accord préalable, est une modification du contrat.

Ces changements nécessitent l’accord préalable du salarié, car ils touchent à des éléments essentiels du contrat.

Lorsque l’employeur souhaite modifier un élément non prévu dans le contrat, il doit obligatoirement obtenir l’accord du salarié. Cet accord peut être donné par écrit ou verbalement, mais il est conseillé de formaliser tout changement par écrit pour éviter des conflits ultérieurs.

Que se passe-t-il en cas de désaccord ?
Si le salarié refuse une modification proposée par l’employeur, ce dernier ne peut pas l’imposer unilatéralement. En cas de conflit, le salarié peut porter l’affaire devant les juridictions compétentes pour faire valoir ses droits.

Lorsque l’employeur modifie unilatéralement un contrat de travail sans l’accord du salarié, cela peut être considéré comme une rupture abusive du contrat. Dans ce cas :

  • Le salarié peut demander des dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi.
  • La relation de travail peut être rompue si le salarié refuse de continuer à travailler dans ces nouvelles conditions.

Exemple : Changement d’horaire sans accord
Un employeur décide de faire travailler un salarié de nuit au lieu de jour, sans qu’une telle possibilité ait été prévue dans le contrat. Si le salarié refuse et que l’employeur persiste, cela peut être interprété comme une modification abusive du contrat, ouvrant droit à une indemnisation.

Un contrat de travail est considéré comme modifié en Côte d’Ivoire lorsque des changements affectant des éléments essentiels (lieu, horaires, tâches, rémunération) interviennent sans avoir été prévus initialement et sans l’accord du salarié.

L’employeur a l’obligation de respecter les termes du contrat initial et de solliciter l’approbation du salarié pour tout changement majeur. Toute modification non consensuelle peut être contestée et entraîner des sanctions pour l’employeur. Les articles 16 à 21 et 24 de la Convention Collective Interprofessionnelle (CCI) encadrent ces situations afin de garantir les droits des salariés et de maintenir un équilibre dans la relation de travail.

Base légale : Articles 16 à 21 et 24 de la Convention Collective Interprofessionnelle (CCI).



Luc KOUASSI
Juriste Consultant Bilingue | Formateur |
Spécialiste en rédaction de contrats, d’actes extrajudiciaires, d’articles juridiques et des questions relatives au droit du travail | Politiste | Bénévole humanitaire

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Une autre nationalité ? Vous avez perdu la nationalité ivoirienne

Il est temps d’aborder avec franchise l’un des enjeux les plus sensibles de notre pays : la perte de la nationalité ivoirienne. Ce débat, bien que crucial, reste méconnu et entouré d’une certaine opacité juridique qui pénalise des milliers de nos compatriotes, souvent sans qu’ils en aient pleinement conscience.

« Nul n’est censé ignorer la loi », dit-on souvent. Mais comment appliquer cette maxime si l’État et ses représentants n’assument pas pleinement leur responsabilité d’informer les citoyens sur les règles régissant notre République ? La question de la perte de la nationalité ivoirienne illustre parfaitement ce paradoxe.

En tant que Député, il est de mon devoir républicain de porter ces questions sur la place publique, afin de trouver des solutions conformes aux aspirations des Ivoiriens d’ici et de la diaspora.

La législation ivoirienne en matière de nationalité est claire : la double nationalité n’est reconnue que dans un cadre bien précis, celui de la « double nationalité subie ». Cette situation concerne les enfants qui, à leur naissance, se retrouvent automatiquement citoyens ivoiriens et d’un autre pays, en raison de l’origine étrangère d’un de leurs parents.

Prenons, par exemple, le cas bien connu de Michel Gbagbo. Fils d’un père ivoirien et d’une mère française, Michel Gbagbo est à la fois Ivoirien et Français depuis sa naissance. Dans son cas, la loi lui garantit le droit de conserver ces deux nationalités, puisqu’il n’a jamais eu à choisir : cette double nationalité lui a été imposée par sa naissance.

Cependant, pour tout Ivoirien qui, une fois majeur, choisit volontairement d’acquérir une autre nationalité ou de reconnaître officiellement une nationalité étrangère, les conséquences sont tout autres.

Selon l’article 48, alinéa 1, de la Loi Numéro 61-415 du 14 décembre 1961 relative au Code de la nationalité ivoirienne :

« Perd la nationalité ivoirienne, l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité. »

Cette disposition, bien que légale, reste largement ignorée par la majorité des citoyens. À travers mes enquêtes, j’ai découvert une réalité préoccupante : nombreux sont les Ivoiriens ayant acquis une autre nationalité qui, en revenant au pays pour renouveler leurs papiers ou effectuer d’autres démarches administratives, découvrent avec stupeur qu’ils ne sont plus considérés comme Ivoiriens.

Ces compatriotes, désormais apatrides dans les faits, repartent souvent dans leur pays de résidence, sans solution immédiate pour régulariser leur situation.

Pour un Ivoirien ayant perdu sa nationalité, il existe une seule voie pour la recouvrer : la procédure de réintégration. Cette démarche, qui requiert un décret du Président de la République, est longue, coûteuse, et souvent inaccessible pour de nombreux concernés.

En attendant la validation d’un tel décret, ces Ivoiriens restent déchus de leur nationalité et, par conséquent, de leurs droits en tant que citoyens ivoiriens, notamment leur droit de vote ou l’accès à des documents administratifs.

Cette situation est particulièrement problématique pour les milliers d’Ivoiriens vivant à l’étranger. Nombreux sont ceux qui, pour faciliter leur insertion dans leur pays d’accueil, choisissent de prendre une autre nationalité, sans savoir qu’ils perdent automatiquement leur nationalité ivoirienne.

Si nous voulons nous doter d’une liste électorale crédible et débarrassée des inscriptions irrégulières, il est évident que bon nombre de ces Ivoiriens ne pourront plus y figurer, étant donné leur statut actuel.

Face à cette réalité, il est impératif de réviser la loi de 1961 sur la nationalité. Une législation datant de plus de six décennies ne peut répondre aux enjeux modernes d’une Côte d’Ivoire en pleine mutation. La réforme doit notamment :

  1. Assurer une meilleure sensibilisation : L’État doit informer les citoyens, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger, des conséquences juridiques de l’acquisition d’une autre nationalité.
  2. Simplifier la procédure de réintégration : Il est crucial de rendre cette démarche plus accessible, avec des délais raisonnables et des coûts réduits.
  3. Réviser les dispositions sur la perte de la nationalité : La perte automatique de la nationalité pourrait être remplacée par une procédure de renonciation volontaire, pour éviter les injustices subies par des citoyens souvent mal informés.

La question de la nationalité n’est pas un simple détail administratif. Elle touche à l’identité, aux droits fondamentaux et à l’appartenance à une nation. En tant que Député, je m’engage à porter ce débat au cœur de nos institutions, pour qu’enfin, chaque Ivoirien puisse bénéficier d’une législation adaptée à ses besoins et à sa réalité.

Depuis Koyekro, sous-préfecture de Morokro, département de Tiassalé, je lance cet appel à mes collègues, aux juristes, et à tous les citoyens : mettons fin à cette injustice et œuvrons pour une Côte d’Ivoire plus juste et inclusive.


Par Assalé Tiémoko Antoine, Député de la Nation

Quelle Forme Juridique pour Son Entreprise en Côte d’Ivoire?

Le choix de la forme juridique est l’une des décisions les plus importantes que tout entrepreneur doit prendre lors de la création d’une entreprise en Côte d’Ivoire. La forme juridique de votre entreprise aura un impact sur de nombreux aspects de votre activité, y compris la responsabilité légale, la fiscalité, la gouvernance et la capacité de croissance. Dans cet article, nous examinerons les différentes options de forme juridique disponibles en Côte d’Ivoire et les facteurs à prendre en compte pour choisir celle qui convient le mieux à votre entreprise.

  1. Entreprise Individuelle (EI) : Une entreprise individuelle est exploitée par une seule personne, qui est responsable de toutes les dettes et obligations de l’entreprise. C’est la forme juridique la plus simple et la plus facile à mettre en place, mais elle offre peu de protection contre les risques financiers et juridiques.
  2. Société à Responsabilité Limitée (SARL) : La SARL est une forme juridique populaire pour les petites et moyennes entreprises en Côte d’Ivoire. Elle offre une limitation de la responsabilité des associés, ce qui signifie que leur responsabilité est limitée au montant de leur contribution au capital social. La SARL est relativement facile à mettre en place et offre une certaine flexibilité en matière de gestion et de structure.
  3. Société Anonyme (SA) : La SA est une forme juridique plus complexe et adaptée aux grandes entreprises. Elle permet de lever des capitaux auprès du public en émettant des actions, mais elle est soumise à des exigences de gouvernance et de divulgation plus strictes. Les actionnaires de la SA bénéficient d’une limitation de responsabilité, mais les coûts et la complexité de la création et de la gestion d’une SA sont plus élevés que pour d’autres formes juridiques.
  4. Société en Nom Collectif (SNC) : La SNC est une forme juridique dans laquelle les associés sont solidairement responsables des dettes de l’entreprise. C’est une forme juridique moins courante en Côte d’Ivoire, mais elle peut être appropriée dans certaines situations, notamment pour les entreprises familiales ou les partenariats de longue date.

  1. Responsabilité : La limitation de la responsabilité est souvent un facteur déterminant dans le choix de la forme juridique. Les entrepreneurs cherchent généralement à limiter leur responsabilité personnelle en optant pour une SARL ou une SA, où la responsabilité est limitée au montant de leur contribution au capital social.
  2. Fiscalité : Les différentes formes juridiques sont soumises à des régimes fiscaux différents en Côte d’Ivoire. Il est important de comprendre les implications fiscales de chaque forme juridique, notamment en ce qui concerne l’imposition des bénéfices, des dividendes et des plus-values.
  3. Structure de Gouvernance : La structure de gouvernance de votre entreprise peut varier en fonction de la forme juridique choisie. Les SA sont soumises à des exigences de gouvernance plus strictes, avec un conseil d’administration et des organes de contrôle, tandis que les SARL offrent une plus grande flexibilité en matière de gestion et de prise de décision.
  4. Coûts et Complexité : La création et la gestion d’une entreprise peuvent être coûteuses et complexes, en particulier pour les formes juridiques plus complexes comme la SA. Il est important de prendre en compte les coûts initiaux et continus associés à chaque forme juridique, y compris les frais de constitution, les frais de publication, les frais de gouvernance et les frais de conformité.

Le choix de la forme juridique pour votre entreprise en Côte d’Ivoire est une décision importante qui aura un impact significatif sur votre activité à long terme. Il est essentiel de prendre le temps de bien comprendre les avantages et les inconvénients de chaque option, ainsi que les implications légales, fiscales et opérationnelles. En travaillant avec des experts juridiques et fiscaux qualifiés, vous pouvez choisir la forme juridique qui convient le mieux à vos besoins commerciaux et à vos objectifs de croissance.

Résumé de la présentation de mémoire sur le thème : La lutte contre l’érosion de la base d’imposition par le transfert des bénéfices en droit positif ivoirien.

Le vendredi 29 novembre 2024, à 19h GMT, nous avons eu l’honneur de clôturer une présentation mémorable organisée par le Cabinet LDJ SARL. Cet événement, tenu en ligne via Google Meet, a été animé par M. Emmanuel Krasso, juriste en institution de microfinance, et modéré avec brio par Mlle Ruth Abry, stagiaire au sein de notre cabinet.

Le thème abordé, « La lutte contre l’érosion de la base d’imposition en droit ivoirien », s’est révélé d’une importance capitale, non seulement pour les fiscalistes, mais également pour tous les acteurs économiques soucieux d’une justice fiscale et d’un développement durable.

Les principaux points abordés

  1. Le plan d’action contre l’érosion de la base d’imposition

M. Krasso a présenté les différentes actions nécessaires pour renforcer la lutte contre l’érosion de la base d’imposition, en s’appuyant notamment sur les propositions de l’initiative internationale BEPS (Base Erosion and Profit Shifting). Parmi les actions prioritaires identifiées, il a mentionné :

  • La prise en compte des défis fiscaux liés à l’économie numérique, un secteur en pleine croissance mais encore insuffisamment régulé fiscalement.
  • La neutralisation des montages hybrides, qui exploitent les divergences entre les systèmes fiscaux pour échapper à l’imposition.
  • Le renforcement des règles relatives aux Sociétés Étrangères Contrôlées (SEC).
  • La limitation des déductions d’intérêts et autres frais financiers, souvent utilisés comme moyens d’évasion fiscale.
  • La lutte contre les pratiques fiscales dommageables, en mettant l’accent sur la transparence et la substance économique des transactions.

2. Le défaut de rationalité du système fiscal ivoirien

L’intervenant a également mis en lumière les failles du système fiscal ivoirien, notamment l’octroi disproportionné d’avantages fiscaux sous forme d’exonérations, souvent dans un objectif de politique économique. Voici quelques chiffres marquants :

  • Entre 2020 et 2022, les exonérations de TVA ont représenté une perte de 78 milliards FCFA pour l’État ivoirien.
  • En 2023, les exonérations accordées aux Centres de Gestion Agréés (CGA) ont atteint 50 milliards FCFA.
  • Le coût global des dépenses fiscales en 2020 a été évalué à 326,8 milliards FCFA, une tendance en hausse constante. Parmi ces dépenses, les exonérations relatives au BIC (Bénéfice Industriel et Commercial) bénéficiaient à 2790 entreprises en 2020.

Ces chiffres interrogent sur l’efficacité de ces politiques d’exonération et sur leur impact réel sur le développement économique et social du pays.

3. La non-tropicalisation des normes fiscales

Un autre point essentiel abordé a été le manque d’adaptation des normes fiscales internationales aux réalités africaines, notamment ivoiriennes. Les propositions BEPS, élaborées principalement pour les pays développés, ne prennent pas suffisamment en compte les spécificités des économies émergentes.

M. Krasso a plaidé pour une application contextuelle et pragmatique des normes fiscales, afin d’éviter des effets contraires, tels qu’un alourdissement inutile des charges fiscales pour les entreprises locales. L’objectif serait de bâtir un système fiscal qui soit à la fois équitable, compétitif et adapté aux réalités ivoiriennes.

Nous tenons à exprimer nos sincères remerciements à M. Emmanuel Krasso pour la richesse de ses analyses et la clarté de ses explications. Nous remercions également chaleureusement tous les participants pour leur présence, leur engagement et leurs contributions qui ont enrichi les échanges.

Cet événement a marqué une étape importante dans la réflexion autour d’une fiscalité plus juste et plus adaptée aux réalités ivoiriennes. Nous espérons que ces discussions serviront de base à des réformes concrètes pour renforcer la justice fiscale et soutenir le développement économique du pays.

Rendez-vous pour nos prochains événements, toujours plus enrichissants et constructifs !

L’intelligence artificielle en droit de la propriété intellectuelle

Le vendredi 15 novembre 2024, à 19h GMT, s’est tenue une présentation de mémoire animée par M. Loïc Bindoumou, Juriste en cabinet d’avocats et modérée par M. Sibiri Koné, Juriste au Cabinet LDJ SARL. Cet événement, organisé en ligne via Google Meet, portait sur le thème captivant de l‘intelligence artificielle en droit de la propriété intellectuelle.

Lors de cette causerie-débat, M. Bindoumou Philémon Loïc a présenté les résultats de ses recherches approfondies, mettant en lumière les implications juridiques des créations générées par l’intelligence artificielle. Plusieurs points clés ont été abordés, notamment :

  • Le statut des œuvres générées par l’IA : La classification juridique des créations issues de l’IA, telles que des chansons ou des œuvres d’art, suscite de vifs débats. L’ambiguïté liée à l’originalité et à la paternité de ces œuvres rend complexe l’application des lois sur le droit d’auteur, traditionnellement basées sur des créateurs humains.
  • Études de cas notables : Des exemples marquants, comme l’IA VITAL basée à Hong Kong ou encore Madame Tang Yu, un robot PDG en Chine, ont été évoqués pour illustrer l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les prises de décisions juridiques et commerciales.
  • Les alternatives de protection : Pour les éléments non originaux, comme le style ou l’image, des protections alternatives peuvent être envisagées, notamment via les droits de la personnalité ou par le biais des codes pénaux et civils, plutôt que par les lois classiques de la propriété intellectuelle.

Cette discussion enrichissante a également été marquée par la participation active des invités, qui ont contribué à des échanges constructifs et variés. Nous adressons nos chaleureux remerciements à M. Bindoumou Philémon Loïc pour sa présentation claire et passionnée, ainsi qu’à tous les participants pour leurs contributions précieuses.

Cet événement a permis de mieux comprendre les défis juridiques et les enjeux complexes liés à l’intelligence artificielle dans le cadre de la propriété intellectuelle, tout en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion pour l’avenir.

Le Droit des successions et libéralités

Ce vendredi 04 octobre 2024 à 19h00, le Cabinet LDJ SARL a organisé une causerie-débat en ligne sur le Droit des successions et libéralités, un thème clé pour comprendre la transmission du patrimoine tant familial que professionnel. Cet événement a eu lieu sur Google Meet et a réuni des participants autour de Monsieur Constant Yao, Juriste de formation et fondateur du Week-End Juridique, en tant qu’invité principal, avec Ornella Loua, Stagiaire au Cabinet LDJ SARL, en tant que modératrice.

Au cours de cette session, Monsieur Yao a abordé de manière détaillée la question de la dévolution globale du patrimoine, un processus qui intervient soit au décès d’une personne physique, soit à la dissolution d’une personne morale. Cette distinction est essentielle pour comprendre comment les biens sont transférés d’un individu ou d’une entité à ses héritiers ou successeurs. L’exposé a également couvert les différents types de libéralités, telles que les donations et les legs, en insistant sur leurs implications juridiques et fiscales.

Les échanges ont également porté sur les stratégies de planification successorale, permettant de minimiser les conflits entre héritiers et de sécuriser la transmission des biens. Les participants ont soulevé plusieurs questions pratiques, ce qui a permis d’enrichir le débat et de rendre la session particulièrement interactive et instructive.

Nous remercions chaleureusement tous les participants pour leur engagement et leur contribution à cette belle discussion, et espérons que les outils et conseils partagés leur seront utiles dans leur gestion patrimoniale.

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Guide complet pour l’obtention de l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) en Côte d’Ivoire

L’Arrêté de Concession Définitive (ACD) est un document officiel délivré par les autorités ivoiriennes, garantissant la propriété d’un terrain. Obtenir cet acte est essentiel pour les personnes souhaitant sécuriser leur terrain de manière définitive. Ci-dessous, vous trouverez un guide détaillé des étapes pour obtenir l’ACD, accompagné des coûts approximatifs et des documents nécessaires.

Étape 1 : Obtenir l’attestation d’attribution

Si vous êtes en possession d’une attestation villageoise, le processus débute par la transformation de ce document en une attestation d’attribution. Pour cela, vous devez :

  • Vous rendre à la Direction Régionale de la Construction.
  • Coût : 56 000 F CFA (ce tarif a récemment augmenté, passant de 6 000 F CFA à 56 000 F CFA).
  • Documents nécessaires : Attestation villageoise et pièce d’identité.

Étape 2 : Élaboration du dossier technique

Le dossier technique est un document clé pour la suite des démarches. Il doit être réalisé par un cabinet de géomètre expert agréé. Chaque région dispose de ses propres experts, et les tarifs peuvent légèrement varier en fonction du prestataire et de la superficie du terrain.

  • Coût : Environ 100 000 F CFA pour les terrains dont la superficie est comprise entre 1 et 1 000 m².
  • Documents nécessaires : Attestation d’attribution (délivrée lors de l’étape 1) et Photocopies de votre pièce d’identité (4 exemplaires). Si vous avez une nouvelle Carte Nationale d’Identité (CNI), il est recommandé de joindre également l’ancienne CNI ou un extrait de naissance.

Étape 3 : Dépôt du dossier à la construction

Une fois votre dossier technique complété, retournez à la Direction de la Construction avec tous les documents nécessaires. Cette étape est cruciale, car elle vous permet de formaliser la demande d’ACD.

  • Frais à prévoir : 91 000 F CFA pour la délivrance de l’ACD.
  • Documents requis : Dossier technique, Attestation d’attribution et 4 photocopies de votre pièce d’identité.

Étape 4 : Contre-bornage par le Cadastre

Après le dépôt du dossier, vous serez contacté par le cadastre, qui procédera à un contre-bornage. Il s’agit d’une visite de terrain destinée à vérifier les dimensions exactes de votre parcelle pour garantir que le dossier est conforme à la réalité.

  • Coût : 25 000 F CFA pour cette vérification.
  • Objectif de l’étape : Assurer l’exactitude des informations sur la superficie et les limites du terrain, ce qui est fondamental pour la validité de l’ACD.

Étape 5 : Conservation Foncière

La conservation foncière constitue l’ultime étape pour l’obtention de l’ACD. Ce service va finaliser l’enregistrement de votre terrain. Les frais de la conservation foncière sont variables, car ils dépendent :

  • De la superficie du terrain.
  • De la zone où il est situé.
  • De la valeur vénale attribuée par l’État.

Pour les personnes situées à Ferkessédougou, le paiement des frais de conservation foncière se fait à Korhogo.

  • Documents nécessaires : Dossier complet validé, Attestation d’attribution et Paiement des différentes taxes et droits fonciers.

Délais de Délivrance

Une fois l’ensemble des démarches et des paiements effectués, l’ACD peut être délivré dans les semaines qui suivent. Le délai peut cependant varier en fonction des régions et de l’affluence des demandes.

Service d’Assistance dans les Démarches

En suivant ce guide, vous disposerez d’une meilleure compréhension des étapes et des documents requis pour obtenir votre Attestation de Concession Définitive, afin de sécuriser votre bien immobilier en toute sérénité.

Pour ceux qui souhaitent un accompagnement dans ce processus parfois complexe, nous proposons un service pour effectuer toutes les démarches administratives nécessaires jusqu’à l’obtention de l’ACD. Nous nous occupons de toutes les formalités pour garantir une procédure simplifiée.

Pour toute assistance, contactez-nous au :
Téléphone : +225 27 23 23 21 64 /07 05 06 67 04

Les obligations précontractuelles : informations et devoirs

Les obligations précontractuelles sont un aspect crucial du droit des contrats, jouant un rôle essentiel dans la formation des accords entre parties. Elles concernent les devoirs d’information et les engagements réciproques que les parties doivent respecter avant la conclusion d’un contrat. Nous en parlerons dans cet article en examinant ces obligations, leur nature, leur portée et les régulations légales qui les encadrent.

Les obligations précontractuelles désignent les devoirs d’information et de transparence auxquels les parties sont tenues avant la conclusion d’un contrat. Ces obligations visent à assurer une base solide pour la formation d’un accord éclairé et équitable. Leur importance réside dans la protection des parties, en particulier des consommateurs, contre les informations trompeuses et les engagements non respectés.

Les droits positifs ivoirien et français, notamment à travers leurs Codes civils et de la consommation, établissent des principes clairs sur ces obligations. Selon l’article 1112 du Code civil français, les parties doivent faire preuve de loyauté dans leurs négociations. Ce devoir de loyauté implique une obligation d’information, permettant à chaque partie d’évaluer correctement les termes du contrat et de prendre des décisions éclairées. (Loi ivoirienne n°2016-412 du 15 juin 2016 relative à la consommation en son article 3)

Les devoirs d’information précontractuels obligent les parties à fournir des informations pertinentes et suffisantes sur les termes du contrat, les caractéristiques du bien ou service, et les conditions de l’accord. En vertu de l’article 1112-1 du Code civil français, le créancier d’une obligation d’information doit transmettre à l’autre partie les éléments essentiels qui influencent sa décision.

Dans le domaine de la consommation, le Code de la consommation français impose des obligations spécifiques. Par exemple, l’article L111-1  exige que les professionnels fournissent des informations claires et précises sur les caractéristiques principales des biens ou services proposés. Les informations doivent être suffisamment détaillées pour permettre au consommateur de faire un choix éclairé. (Loi ivoirienne n°2016-412 du 15 juin 2016 relative à la consommation en son article 3) Cette obligation de transparence est renforcée par l’article L221-5, qui impose également la fourniture des conditions générales de vente avant la conclusion d’un contrat à distance.

Le manquement aux obligations précontractuelles peut entraîner des conséquences juridiques significatives. En cas de tromperie ou de dissimulation d’informations, la partie lésée peut engager une action en responsabilité pour obtenir réparation des dommages subis. Le Code civil ivoirien, en son article 1116 (article 1137 du Code civil français), dispose que la mauvaise foi ou la tromperie dans les négociations peut entraîner la nullité du contrat ou une demande de réparation.

De plus, l’article 1147 du Code civil (droit positif ivoirien et français) prévoit que la partie défaillante peut être tenue de réparer les dommages causés par la non-exécution de ses obligations précontractuelles. Cette réparation peut inclure les frais engagés pour conclure le contrat ainsi que les pertes de chance.

Les obligations précontractuelles varient selon le type de contrat et le contexte de la négociation. Dans les contrats de vente, par exemple, les obligations d’information sont particulièrement strictes pour protéger les consommateurs. L’article L213-1 du Code de la consommation français (Loi ivoirienne n°2016-412 du 15 juin 2016 relative à la consommation en son article 3) impose aux vendeurs de fournir des informations sur le prix, la qualité, et les caractéristiques du bien.

Pour les contrats de travail, les obligations précontractuelles incluent la fourniture d’informations sur les conditions d’emploi et les rémunérations, conformément à l’article L1221-6 du Code du travail français. De même, les contrats de crédit sont soumis à des régulations spécifiques concernant la transparence des conditions de prêt, comme l’affirme l’article L311-7 du Code de la consommation.

Les obligations précontractuelles jouent un rôle fondamental dans la formation des contrats, garantissant que les parties disposent des informations nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Le cadre légal en France impose des devoirs stricts de transparence et d’information, visant à protéger les parties contre les informations trompeuses et les pratiques déloyales. La compréhension et le respect de ces obligations sont essentiels pour assurer la validité et l’équité des contrats, ainsi que pour prévenir les litiges et les actions en responsabilité. En garantissant une communication claire et honnête dès les premières étapes des négociations, les obligations précontractuelles contribuent à la confiance et à la stabilité des relations contractuelles.

  • Code civil français, Articles 1112, 1112-1, 1147
  • Code de la consommation, Articles L111-1, L221-5, L213-1, L311-7
  • Loi ivoirienne n°2016-412 du 15 juin 2016 relative à la consommation en son article 3
  • Code civil ivoirien. Articles 1116, 1147
  • Code du travail français, Article L1221-6

Luc Kouassi
Juriste Consultant Bilingue | Formateur | Spécialiste en rédaction de contrats, d’actes extrajudiciaires, d’articles juridiques et des questions relatives au droit du travail et des baux | Politiste en formation | Bénévole humanitaire.

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La cause du contrat : théorie et application

La cause du contrat constitue un élément fondamental de la théorie des obligations en droit civil. Elle joue un rôle essentiel dans la validité des conventions et impacte la capacité des parties à engager leurs responsabilités. Explorons la notion de cause dans les contrats, sa théorie, ses applications pratiques et les implications juridiques.

La cause du contrat se réfère au motif qui incite les parties à conclure un accord. En droits positifs ivoirien comme français, la cause est distincte de l’objet du contrat et se définit comme la raison d’être du contrat. Selon l’article 1131 du Code civil français« Tout contrat doit avoir une cause licite et certaine. » La cause doit donc être claire et juridiquement acceptable pour que le contrat soit valide.

La cause est essentielle pour la formation du contrat, car elle assure que les parties ont une intention sérieuse et qu’il y a une justification juridique pour l’accord. En d’autres termes, elle permet de vérifier que l’accord ne repose pas sur un motif illicite ou contraire à l’ordre public. La théorie de la cause, développée par les juristes français au fil des siècles, a pour but de garantir que les conventions reposent sur des motifs légitimes et moralement acceptables.

Pour qu’un contrat soit valide, la cause doit être licite et ne pas contrevenir aux lois ou aux bonnes mœurs (Article 1133 du code civil ivoirien). La licéité de la cause est impérative, car tout contrat reposant sur une cause illicite est considéré comme nul et non avenu (Article 1131 du code civil ivoirien). Par exemple, un contrat ayant pour cause le trafic de drogues ou la fraude est nul car il est fondé sur un motif contraire à la loi (article 1133 du Code civil français).

De plus, la cause doit être déterminée ou déterminable. Un contrat avec une cause indéterminée ou vague peut être considéré comme nul en raison de l’absence de certitude quant à l’objet de l’accord (article 1163 du Code civil français) (Article 1129 du code civil ivoirien). La cause doit être suffisamment précise pour permettre aux parties de connaître leurs obligations respectives.

La jurisprudence a également joué un rôle clé dans la détermination de la validité de la cause. Les tribunaux français ont souvent examiné la licéité et la clarté de la cause pour déterminer si un contrat devait être annulé. Par exemple, dans un arrêt de la Cour de cassation, il a été affirmé que « le contrat est nul si la cause est illicite ou immorale, même si l’objet du contrat est licite » (Cass. civ. 1, 20 février 1996).

La théorie de la cause est appliquée dans divers types de contrats, y compris les contrats de vente, les contrats de prêt et les contrats de travail. Dans chacun de ces cas, la cause doit être examinée pour s’assurer qu’elle est conforme aux exigences légales.

En matière de vente, par exemple, la cause du contrat est la volonté de transférer la propriété d’un bien contre le paiement d’un prix. Si le prix est fictif ou si la vente est effectuée pour des raisons frauduleuses, la cause est considérée comme illicite. En revanche, un contrat de vente est valide si le prix est réel et la transaction est effectuée de bonne foi.

Dans les contrats de prêt, la cause est le prêt d’une somme d’argent avec l’obligation de remboursement. Si le prêt est accordé pour des fins illégales, comme le blanchiment d’argent, la cause est illicite et le contrat est nul. Les contrats de travail doivent également respecter les exigences de licéité de la cause. Par exemple, un contrat de travail fondé sur des discriminations ou des conditions de travail inacceptables peut être considéré comme nul.

Lorsqu’un contrat est fondé sur une cause illicite ou indéterminée, il est généralement déclaré nul et non avenu. Les conséquences juridiques de cette nullité incluent la perte des droits et obligations des parties ainsi que le retour à l’état antérieur à la conclusion du contrat, lorsque cela est possible. L’article 1178 du Code civil français précise que « La nullité d’un contrat emporte pour les parties la restitution des prestations. »

La nullité pour cause illicite peut également entraîner des sanctions supplémentaires, comme des amendes ou des peines en cas de violation de la loi. De plus, les parties au contrat peuvent être tenues responsables des dommages-intérêts si l’une des parties a subi un préjudice en raison de la nullité du contrat.

En pratique, il est crucial pour les parties de vérifier la légalité et la détermination de la cause avant de conclure un contrat. Une analyse approfondie des motifs et des intentions derrière un accord permet de prévenir les litiges et de garantir que le contrat est conforme aux exigences légales.

La cause du contrat est un élément fondamental dans la théorie des obligations. Elle assure que les conventions sont fondées sur des motifs licites et déterminés, ce qui est essentiel pour la validité et l’exécution des contrats. La licéité et la détermination de la cause sont des exigences impératives en droit civil, et leur respect est crucial pour garantir la légalité et la stabilité des relations contractuelles. Une compréhension approfondie de la théorie et des applications pratiques de la cause permet de mieux naviguer dans le monde des contrats et d’assurer la conformité aux normes juridiques en vigueur.

  • Articles 1131, 1133, 1163, 1178 du code civil francais
  • Articles 1129, 1131, 1133 du code civil ivoirien
  • Cass. civ. 1, 20 février 1996

Luc Kouassi
Juriste Consultant Bilingue | Formateur | Spécialiste en rédaction de contrats, d’actes extrajudiciaires, d’articles juridiques et des questions relatives au droit du travail et des baux | Politiste en formation | Bénévole humanitaire.

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La démission en droit ivoirien

La démission se traduit par la rupture volontaire du contrat de travail à durée indéterminée à l’initiative du salarié. Cette décision doit lui venir de plein gré, sans aucune pression de la part de son employeur, et dans un climat reflétant sa pleine présence d’esprit. Les conditions et procédures liées à cet acte font qu’il se distingue de plusieurs autres situations connexes.

En règle générale, un employé n’est démissionnaire que s’il renonce de manière sérieuse, unilatérale et non équivoque au rapport juridique de dépendance qui le lie à son employeur. Toute ambiguïté ramène ainsi à d’autres situations connexes également reconnues et régies par le Code du travail.

La notion de démission est notamment écartée lorsque le salarié a été contraint de manière directe ou indirecte à rompre son contrat de travail, sa liberté de démissionner est alors remise en cause. En cas de menace, d’empêchement, ou de harcèlement, l’acte est requalifié en une prise d’acte de la rupture à l’initiative de l’employeur;( Art 5 du code du travail ivoirien).

Il est d’ailleurs conseillé à l’employé de rédiger une lettre de rupture de contrat de travail en lieu et place d’une lettre de démission. La lettre de rupture vous permettra plus tard de valablement revendiquer en justice, une indemnité de licenciement, une indemnité de préavis et même des dommages et intérêts pour licenciement abusif. Cette situation englobe toutes les formes de décision de rupture qui résultent d’intenses émotions (déception, colère, changement d’humeur…).

Dans ce cas, la démission ne s’apprécie pas immédiatement sur le comportement du salarié. Lorsqu’un abandon de poste fait par exemple suite à une modification de son contrat, il sera licencié et bénéficiera de toutes les indemnités de droit commun. En revanche, lorsque son acte découle d’un simple changement de ses conditions de travail (sans danger), l’employeur peut demander un licenciement pour faute, sans indemnités à payer.

Un démissionnaire doit toujours respecter un délai de préavis, sauf dans des cas bien particuliers. Cette période est fixée par le Décret no 96-200 du 7 mars 1996, relatif à la durée du préavis de rupture du contrat de travail en l’absence de convention collective spécifique.

Le non-respect du préavis ouvre droit à des dommages-intérêts au profit de l’employeur.

Le salarié peut toutefois simplement demander à son patron de supprimer le préavis et par la même occasion de renoncer aux indemnités de préavis. Son patron peut également décider de dispenser le travailleur du préavis, mais il devra toujours verser les indemnités inhérentes.

Par ailleurs, il existe d’autres cas de dispense de préavis auxquels un démissionnaire peut se référer :

  • Cas d’une femme enceinte avec une grossesse apparente ;
  • Non-respect de ses obligations par l’employeur notamment en cas de non-paiement de salaire, de modification unilatérale du contrat de travail, d’exposition expresse de l’employé au danger… ;
  • Démission pendant la période d’essai.

Le délai de préavis ne peut être suspendu que par les jours de congés payés, contrairement à l’arrêt maladie, la maternité ou la grève qui ne peuvent pas en faire autant. (Articles 18.4, 18.5, 18.6 et 18.7 du code du travail ivoirien).

Lorsqu’une démission est reconnue dans toutes ses conditions de fond et de forme, le salarié n’est plus lié à aucun rapport juridique de dépendance avec son employeur. Pendant son préavis, il peut, par usage ou convention collective, disposer d’un certain nombre de jours non rémunérées pour la recherche d’un nouvel emploi. À l’issue de son préavis, il perçoit normalement tous les éléments de sa rémunération incluant les indemnités de congés payés, les primes, le 13e mois etc.

Hormis les compensations financières, l’entreprise doit lui remettre un certificat de travail, un dernier bulletin de salaire.

Madame KONAN Amenan Marie-Chantale, avec un salaire moyen mensuel de 782.000 FCFA et embauchée depuis 5 ans, n’a pas bénéficié de son congé annuel de l’année en cours.

L’employeur accorde un mois de salaire comme gratification chaque 31 décembre à ses salariés.

Madame KONAN a démissionné le 31/12/2012 et n’a pas fait le préavis.

Quels seront les droits de Madame KONAN ?

Le travailleur qui décide de démissionner ne bénéficie de pratiquement rien comme droits, exceptés :

  1. a) son salaire de présence effective c’est-à-dire le salaire du dernier mois où il a effectivement travaillé ;
  2. b) son indemnité compensatrice de congés payés ;
  3. c) sa gratification à condition que l’employeur accorde la gratification à son personnel en fin d’année ;
  4. d) Exceptionnellement des dommages et intérêts pour l’employeur si la démission est faite dans le seul but de nuire à son employeur.
  1. L’indemnité compensatrice de congés

Comme en matière de licenciement, le travailleur a droit à l’indemnité compensatrice de congés payés :

  1. a) Pour les 12 mois, Madame KONAN  a : 12 x 2,2 = 26,4 jours ou 27 jours de congés ;
  2. b) Jours calendaires = 27 x 1,25 = 33,75 ou 34 jours ;
  3. c) L’indemnité compensatrice de congés payés = 782 000 FCFA x 34 / 30 = 886.267 FCFA
  1. L’indemnité compensatrice de préavis

Madame KONAN n’a pas fait le préavis prescrit par la loi. Elle versera l’indemnité compensatrice de préavis correspondant à son employeur, soit un (1) mois de salaire pour les personnes payées par mois et qui ont moins de 6 ans d’ancienneté au sein de l’entreprise.

Travailleurs payés au mois et classés dans les cinq premières catégories

  1. a) Jusqu’à 6 ans d’ancienneté dans l’entreprise : 2 mois
  2. b) De 11 ans à 16 ans d’ancienneté dans l’entreprise : 3 mois
  3. c) Au-delà de 16 ans d’ancienneté dans l’entreprise : 4 mois

Indemnité compensatrice de préavis à verser à l’employeur : 782.000 FCFA x 1 = 782.000 FCFA

  1. La gratification

Madame KONAN aura droit à un mois de salaire puisque la démission est intervenue le 31 décembre.

Gratification : 782.000 FCFA x 1 = 782.000 FCFA

Les droits que percevra Madame KONAN sont : 782 000 FCFA + 886 267 FCFA + 782 000 FCFA – 782 000 FCFA (pour le préavis non exécuté) = 1.668.267 FCFA

Par Luc KOUASSI

𝑱𝒖𝒓𝒊𝒔𝒕𝒆 𝑪𝒐𝒏𝒔𝒖𝒍𝒕𝒂𝒏𝒕 𝑩𝒊𝒍𝒊𝒏𝒈𝒖𝒆 | 𝑭𝒐𝒓𝒎𝒂𝒕𝒆𝒖𝒓 | 𝑺𝒑𝒆́𝒄𝒊𝒂𝒍𝒊𝒔𝒕𝒆 𝒆𝒏 𝒓𝒆́𝒅𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒕𝒔, 𝒅’𝒂𝒄𝒕𝒆𝒔 𝒆𝒙𝒕𝒓𝒂𝒋𝒖𝒅𝒊𝒄𝒊𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔, 𝒅’𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒍𝒆𝒔 𝒋𝒖𝒓𝒊𝒅𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒒𝒖𝒆𝒔𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒓𝒆𝒍𝒂𝒕𝒊𝒗𝒆𝒔 𝒂𝒖 𝒅𝒓𝒐𝒊𝒕 𝒅𝒖 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍 | 𝑷𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒔𝒕𝒆 𝒆𝒏 𝒇𝒐𝒓𝒎𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 | 𝑩𝒆́𝒏𝒆́𝒗𝒐𝒍𝒆 𝒉𝒖𝒎𝒂𝒏𝒊𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆.

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