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Pourquoi choisir une SARL au lieu d’une entreprise individuelle ?

Lorsqu’un entrepreneur se lance dans un projet, le choix de la forme juridique de l’entreprise est une décision cruciale. Deux formes souvent considérées sont l’entreprise individuelle (EI) et la société à responsabilité limitée (SARL). Si l’EI semble être une option simple et rapide à mettre en place, la SARL offre des avantages significatifs qui peuvent en faire une option plus adaptée selon les objectifs et les besoins de l’entrepreneur. Cet numéro met en évidence les différences entre ces deux formes juridiques et met en évidence les raisons pour lesquelles opter pour une SARL peut être une stratégie plus avisée.

A. L’entreprise individuelle (EI)

L’entreprise individuelle est une structure juridique où l’entrepreneur exerce son activité en son nom propre. Il n’y a pas de distinction entre le patrimoine personnel et professionnel. L’entrepreneur est donc responsable des dettes de l’entreprise sur l’ensemble de son patrimoine personnel.

B. La société à responsabilité limitée (SARL)

La SARL est une personne morale distincte de ses associés. Elle dispose de son propre patrimoine et fonctionne sous un cadre juridique rigoureux prévu par l’Acte uniforme de l’OHADA relatif au droit des sociétés. Les associés ne sont responsables des dettes de la société qu’à hauteur de leurs apports.

A. Protection du patrimoine personnel

  • En EI, l’entrepreneur engage l’intégralité de ses biens en cas de difficultés financières.
  • Dans une SARL, les associés ne risquent que leur apport initial, sauf en cas de faute de gestion grave.

Cette distinction permet de protéger les biens personnels de l’entrepreneur et de limiter les risques financiers.

B. Adaptabilité pour plusieurs associés

La SARL est une structure conçue pour accueillir plusieurs associés.

  • Le capital social est constitué des apports des différents associés, permettant une meilleure mobilisation des ressources.
  • Les relations entre associés sont encadrées par des statuts précis, réduisant les risques de conflits.

En revanche, l’EI ne permet pas de partager la propriété de l’entreprise.

C. Crédibilité accrue

Une SARL inspire plus de confiance aux partenaires économiques (banques, investisseurs, fournisseurs) grâce à son statut juridique structurant.

  • La présence d’un capital social, même symbolique, est perçue comme un engagement de sérieux.
  • La gestion formelle (assemblées générales, bilans comptables) rassure les parties prenantes.

D. Fiscalité avantageuse

  • En EI, les revenus de l’entreprise sont imposés directement dans la tranche marginale de l’impôt sur le revenu de l’entrepreneur.
  • La SARL offre la possibilité d’opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), qui présente souvent un taux plus favorable, notamment pour les bénéfices réinvestis.

E. Statut social du dirigeant

Le gérant d’une SARL bénéficie d’un statut social plus flexible :

  • Le gérant majoritaire est considéré comme travailleur non salarié (TNS), avec des charges sociales réduites.
  • Le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié et bénéficie d’une meilleure couverture sociale.

En EI, l’entrepreneur est systématiquement un travailleur non salarié, avec une protection sociale plus restreinte.

F. Continuité de l’entreprise

Contrairement à l’EI qui cesse d’exister au décès de l’entrepreneur, la SARL peut continuer ses activités indépendamment des changements au sein de ses associés.

G. Possibilité d’ouverture du capital

La SARL permet de faire entrer de nouveaux associés ou d’augmenter le capital social, ce qui est idéal pour financer le développement de l’entreprise.

Opter pour une SARL est pertinent si :

  • Vous souhaitez protéger votre patrimoine personnel.
  • Vous envisagez de travailler avec un ou plusieurs associés.
  • Votre activité nécessite un investissement important ou l’obtention de financements externes.
  • Vous prévoyez une évolution significative de votre entreprise à moyen ou long terme.

Le choix entre une SARL et une EI dépend de nombreux facteurs, notamment la nature de l’activité, le niveau de risques financiers et patrimoniaux, ainsi que les ambitions de développement. Si l’EI peut convenir pour des projets modestes et individuels, la SARL offre une structure plus sécurisée, flexible et adaptée à des projets collaboratifs ou d’envergure. Avant de se décider, il est recommandé de consulter un juriste ou un expert-comptable afin d’évaluer la solution la plus adaptée à votre situation. Avec la SARL, vous bénéficiez d’une sécurité juridique et fiscale accrue, ainsi que d’une structure prête à soutenir vos ambitions entrepreneuriales.


Luc KOUASSI

Juriste Consultant Bilingue | Formateur |
Spécialiste en rédaction de contrats, d’actes extrajudiciaires, d’articles juridiques et des questions relatives au droit du travail | Politiste | Bénévole humanitaire

Pour vos besoins en la matière, veuillez contacter le Cabinet LDJ SARL : Contacts : (+225) 27 23 23 21 64 / 01 52 90 45 19 / 05 96 11 90 94 / 07 05 06 67 04 (WhatsAp

Les étapes de la rédaction d’un mémoire de fin de cycle : guide complet pour les étudiants

Rédiger un mémoire de fin de cycle est une étape incontournable pour clôturer un cursus universitaire. Ce travail exige de la rigueur, de la planification et une excellente gestion du temps. Voici un guide pour accompagner les étudiants à chaque étape de la rédaction.

  1. Identification des sources
  • Sources primaires : Livres, articles scientifiques, revues spécialisées, jurisprudence.
  • Sources secondaires : Sites internet fiables, thèses, rapports.
  • Bases de données académiques : Utilisez des plateformes comme JSTOR, Cairn, Google Scholar, ou les bibliothèques universitaires en ligne.

2. Classement des documents

  • Organisez les ressources selon des thématiques ou des sections du sujet.
  • Utilisez des outils comme Zotero ou EndNote pour gérer vos références bibliographiques.

3. Utilisation des bibliothèques et bases de données

  • Fréquentez les bibliothèques universitaires.
  • Participez aux formations sur les bases de données offertes par les établissements académiques.

  1. Critères de sélection
  • Privilégiez un sujet original et pertinent académiquement.
  • Tenez compte de la faisabilité : temps disponible, accès aux ressources et moyens financiers.

2. Délimitation du sujet

  • Formulez un sujet clair et précis pour éviter toute ambiguïté.
  • Limitez la portée pour qu’elle soit exploitable dans le cadre imposé.

3. Validation du sujet

  • Discutez avec votre encadrant pour affiner votre idée.
  • Intégrez ses suggestions avant de finaliser votre thème.

  1. Établir une problématique
  • Identifiez une question centrale qui orientera votre recherche.
  • La problématique doit être à la fois claire et pertinente.

2. Formuler des hypothèses

  • Anticipez des réponses possibles pour structurer votre approche.
  • Ces hypothèses guideront vos analyses.

3. Plan préliminaire

  • Esquissez une structure globale avec des parties et sous-parties provisoires.
  • Prévoyez de l’ajuster en cours de recherche.

  1. Construction du plan détaillé :
  • Identifiez les grandes idées et leurs sous-thèmes.
  • Assurez-vous que chaque chapitre répond à un aspect de votre problématique.

2. Organisation des chapitres

  • Hiérarchisez les parties pour une progression logique et cohérente.
  • Intégrez des transitions pour lier les sections entre elles.

  1. Méthodes de collecte
  • Enquêtes, entretiens, études de cas, analyse de documents.
  • Prenez des notes claires et précises.

2. Analyse des données

  • Triez les informations pour retenir les plus pertinentes.
  • Croisez les données pour une analyse approfondie.

3. Validation des sources

  • Assurez-vous de la fiabilité et de l’authenticité des documents utilisés.

  1. Finalisation du plan
  • Ajustez la structure selon les résultats de vos analyses.

2. Validation intermédiaire

  • Faites valider le plan par votre encadrant pour confirmer la direction prise.

  1. Rédaction des chapitres
  • Suivez le plan préétabli.
  • Structurez chaque chapitre avec une introduction, un développement et une conclusion.

2. Rédaction académique

  • Respectez les normes de style, de syntaxe et de citation.
  • Utilisez des outils comme Grammarly ou Antidote pour améliorer la qualité de votre texte.

3. Introduction et conclusion

  • Rédigez ces parties en dernier, une fois le corps du texte finalisé.

  1. Uniformisation
  • Veillez à la cohérence des styles, des titres et des sous-titres.

2. Vérification des références

  • Assurez-vous que toutes les citations et sources sont conformes aux normes académiques.

3. Ajout des annexes

  • Incluez les tableaux, graphiques ou documents complémentaires nécessaires.

  1. Relecture approfondie
  • Corrigez les erreurs grammaticales, typographiques ou structurelles.

2. Feedback

  • Demandez à une personne externe de relire votre document.

3. Révision finale

  • Appliquez les corrections et soignez la présentation.

  1. Préparation de la présentation orale
  • Structurez les idées principales en un discours clair.

2. Anticipation des questions

  • Préparez des réponses aux interrogations potentielles du jury.

3. Maîtrise du temps

  • Respectez la durée impartie pour votre présentation.

La rédaction d’un mémoire de fin de cycle nécessite une planification minutieuse et une discipline constante. En suivant ce guide, vous serez en mesure de produire un travail rigoureux, présentable et prêt à être soutenu devant un jury. La clé du succès réside dans une bonne organisation et un encadrement régulier. Bonne chance dans votre entreprise académique !

Nos services en la matière :

  • Assitance pour la recherche d’un sujet ou un plan
  • Assistance pour la recherche d’un sujet et un plan
  • Assitance pour la recherche d’un sujet, d’un plan et d’une bibliographie
  • Assistance dans la recherche d’un plan et d’une bibliographie
  • Assistance documentation
  • Assistance pour correction
  • Assistance dans la rédaction et la documentation. 

Pour plus de détails, contactez-nous via WhatsApp : https://wa.me/message/VYDJGQP5VMVJL1 

Pour vous faire assister dans la procédure par nos services afin de maximiser vos chances, veuillez contacter le Cabinet LDJ SARL : (+225) 27 23 23 21 64 / 01 52 90 45 19 / 05 96 11 90 94 / 07 05 06 67 04 (WhatsApp).


Luc KOUASSI

Juriste Consultant Bilingue | Formateur |
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Qu’est-ce que le salaire selon le droit ivoirien ?

Le salaire est l’un des éléments fondamentaux du contrat de travail. Il représente la contrepartie financière accordée à un travailleur pour les services qu’il rend à son employeur. En termes simples, c’est le paiement que reçoit un employé en échange de son travail. Dans cet article détaillé, nous allons expliquer ce qu’est le salaire, ses composantes, les avantages qui y sont associés, et les particularités propres à certains types de travailleurs.

Le salaire est au cœur de la relation de travail. Il remplit deux fonctions principales :

  • Une rémunération pour le travail accompli : Le salaire est perçu en échange des tâches effectuées par le salarié dans le cadre de son contrat de travail. Cela signifie que, sauf exceptions prévues par la loi (par exemple, en cas de congé ou d’absence justifiée), le travail est une condition nécessaire pour percevoir un salaire.
  • Un moyen de subsistance pour le salarié : Le salaire permet au travailleur de répondre à ses besoins et à ceux de sa famille. C’est une ressource vitale qui contribue au bien-être économique et social du salarié.

Le salaire ne se limite pas à une somme fixe versée chaque mois. Il est constitué de plusieurs éléments qui reflètent les différentes formes de rémunération et d’avantages que peut percevoir un salarié. Ces composantes se répartissent en deux grandes catégories : les éléments fixes et les éléments accessoires.

A. Les éléments fixes du salaire

  • Le salaire de base : C’est le montant fixe et régulier que l’employeur verse au salarié. Il est déterminé dans le contrat de travail et ne change pas sauf accord ou révision du contrat.
  • Le sursalaire : C’est la différence entre le salaire minimum légal ou conventionnel et le salaire effectivement versé par l’employeur. Le sursalaire peut refléter les qualifications, l’expérience ou les performances spécifiques du salarié.

B. Les éléments accessoires du salaire

Les éléments accessoires sont des compléments au salaire de base. Ils peuvent être versés à des périodes spécifiques ou dépendre de certaines conditions.

  1. Les primes
  • Prime de fin d’année ou gratification : Elle est accordée par l’employeur pour témoigner de sa satisfaction vis-à-vis du travail accompli par le salarié. Cette prime est souvent perçue comme un bonus supplémentaire versé en fin d’année.
  • Prime d’ancienneté : Elle récompense la fidélité du salarié à l’entreprise. Cette prime est calculée en pourcentage du salaire de base et devient applicable à partir de la deuxième année consécutive de service.

2. Les indemnités

  • Indemnité de transport : Versée pour couvrir les frais de déplacement du salarié entre son domicile et son lieu de travail, lorsque l’entreprise n’assure pas directement le transport.
  • Allocation de congé : C’est une somme versée au salarié pendant la durée de son congé annuel. Elle est calculée sur la base du salaire global.

C. Les éléments spécifiques du salaire

Outre les composantes obligatoires, il existe des avantages spécifiques liés à la nature de l’activité exercée ou aux conditions particulières de travail. Ces éléments varient en fonction du type de contrat ou de la situation du salarié :

  1. Indemnités pour expatriés
  • Indemnité d’expatriation : Cette indemnité est accordée aux salariés recrutés hors de la Côte d’Ivoire pour venir y travailler, ou aux salariés ivoiriens envoyés en mission à l’étranger par leur employeur.
  • Indemnité d’équipement : Elle est destinée à couvrir les frais liés à l’installation du salarié dans le pays ou la région où il est envoyé.

2. Primes liées aux conditions de travail

  • Prime de panier : Versée aux salariés travaillant dans des conditions exigeant des dépenses spécifiques, comme les repas.
  • Prime d’outillage : Accordée aux salariés qui doivent utiliser leurs propres outils ou équipements pour effectuer leur travail.

En principe, un salarié ne perçoit son salaire que s’il exécute les tâches prévues dans son contrat. Cependant, il existe des exceptions prévues par la loi :

  • Pendant les congés annuels, le salarié perçoit une allocation de congé.
  • En cas de maladie ou d’accident, le salarié peut recevoir une indemnité pendant une période définie.
  • Certaines absences justifiées (par exemple, permissions exceptionnelles pour raisons familiales) n’entraînent pas de perte de salaire si elles sont approuvées par l’employeur.

Le salaire et ses composantes sont encadrés par des textes législatifs pour garantir les droits des travailleurs. En Côte d’Ivoire, les principales références légales concernant le salaire se trouvent dans :

  • Le Code du Travail (CT) : Articles 31.1, 31.3 à 31.7.
  • La Convention Collective Interprofessionnelle (CCI) : Articles 44, 51, 53 à 58 et 60.

Ces dispositions légales visent à protéger les salariés contre les abus et à assurer une rémunération juste et équitable.

Le salaire est bien plus qu’un simple paiement ; c’est un pilier central de la relation de travail. Il est constitué d’un ensemble d’éléments fixes et accessoires qui visent à rémunérer le travailleur de manière juste tout en prenant en compte ses besoins spécifiques. En Côte d’Ivoire, le droit garantit que chaque salarié perçoit un salaire adapté à son travail, avec des primes et des indemnités qui tiennent compte de ses efforts et de ses conditions de travail. Ces mécanismes contribuent à la stabilité financière et sociale du travailleur, tout en établissant des relations professionnelles équitables entre l’employeur et l’employé.


Luc KOUASSI

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La différence entre le bail à usage d’habitation et le bail à usage professionnel.

La distinction entre le bail à usage d’habitation et le bail à usage professionnel en droit ivoirien, notamment dans le cadre du droit OHADA, repose sur plusieurs critères essentiels. Ces baux sont régis par des bases légales spécifiques, et leur différence réside principalement dans l’objet, la durée, les obligations des parties et le cadre juridique applicable.

  • Bail à usage d’habitation : Cela concerne des locaux destinés à l’usage privé du locataire, pour y établir sa résidence. Il est régi principalement par les dispositions du Code civil et du code de la construction et de l’habitat. Ce type de bail vise la protection du locataire en tant que résident.
  • Bail à usage professionnel : Ce bail concerne des locaux destinés à un usage commercial, industriel, artisanal ou autre. En droit OHADA, ce type de bail est généralement régi par les principes du droit commercial et les dispositions de l’AUDCGIE (OHADA), en particulier les articles concernant les baux commerciaux. Ce bail est orienté vers les activités professionnelles du locataire (entrepreneur, société, etc.).
  • Bail à usage d’habitation : Il peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée, mais il est habituellement renouvelé tacitement. La durée minimale pour un bail à usage d’habitation est souvent 1 an, et le contrat est renouvelable sauf notification contraire par l’une des parties. La résiliation doit se faire dans le respect d’un préavis de 3 mois.
  • Bail à usage professionnel : En vertu du droit OHADA, un bail à usage professionnel ou commercial est généralement conclu pour une durée plus longue, souvent de 3, 6 ou 9 ans. Le droit OHADA dispose que ce type de bail est un contrat à durée déterminée, avec un renouvellement tacite sauf en cas de notification contraire par l’une des parties. Si le bailleur ne souhaite pas renouveler le bail, il doit respecter un préavis de 6 mois.
  • Bail à usage d’habitation : Le montant du loyer est librement fixé par les parties, mais il existe des régulations légales en matière d’augmentation du loyer. En effet, le loyer ne peut pas être arbitrairement augmenté, et le locataire bénéficie d’une certaine protection contre les hausses excessives. La loi permet au bailleur de procéder à des augmentations sous certaines conditions définies par la réglementation locale.
  • Bail à usage professionnel : Le loyer dans le cadre d’un bail commercial est généralement plus élevé que pour un bail d’habitation, et il est souvent librement négocié entre les parties. Les augmentations de loyer peuvent être négociées ou prévues contractuellement, mais elles doivent respecter les termes du contrat et le principe de bonne foi commerciale. En droit OHADA, il est possible d’inclure des clauses d’indexation dans le contrat de bail pour ajuster le montant du loyer.
  • Bail à usage d’habitation : Le locataire bénéficie d’une protection accrue en raison de la nature de ce bail. En cas de résiliation, le bailleur doit respecter un délai de préavis et justifier de motifs légaux. De plus, en cas d’expulsion, le locataire bénéficie de procédures spécifiques de protection contre l’expulsion abusive. En droit ivoirien, le locataire bénéficie aussi d’une protection contre les augmentations excessives du loyer et les conditions de vie insalubres.
  • Bail à usage professionnel : Bien que le locataire bénéficie également d’une certaine protection, notamment contre les augmentations de loyers excessives et les expulsions abusives, cette protection est moins rigide que dans le cadre du bail d’habitation. Les baux commerciaux sont plus souples, et les règles concernant la résiliation et les augmentations de loyer sont généralement négociées librement entre les parties. Cependant, en droit OHADA, il existe une protection minimum pour le locataire commercial, notamment en cas de résiliation injustifiée du bail par le bailleur.
  • Bail à usage d’habitation : Le bailleur est responsable des réparations majeures, à savoir les réparations nécessaires à la conservation du logement. Le locataire doit s’occuper des réparations d’entretien courant. Par ailleurs, le bailleur ne peut pas imposer des charges excessives à ce titre.
  • Bail à usage professionnel : Dans ce cadre, les obligations de réparation sont généralement plus flexibles et négociables. Le locataire commercial assume une responsabilité accrue en matière d’entretien et de réparations des locaux, en particulier si des travaux spécifiques sont nécessaires à l’exercice de son activité. De plus, il peut être amené à effectuer des aménagements dans les locaux pour répondre aux besoins spécifiques de son activité professionnelle.
  • Bail à usage d’habitation : En cas de résiliation, le locataire bénéficie d’un délai de préavis de trois mois, et le bailleur doit justifier d’un motif légitime pour demander la résiliation. L’expulsion doit respecter des procédures strictes, et le locataire peut, dans certains cas, demander un renouvellement tacite du contrat.
  • Bail à usage professionnel : La résiliation d’un bail commercial est régie par des règles spécifiques, notamment la possibilité de non-renouvellement ou de renouvellement tacite. Le bailleur doit notifier son intention de ne pas renouveler le contrat au moins 6 mois avant la fin du contrat. En cas de contestation, des indemnités peuvent être dues.

En somme, la principale distinction entre le bail à usage d’habitation et le bail à usage professionnel réside dans leur objet, leur durée, les modalités de régulation du loyer, la protection du locataire et les obligations des parties. Le bail d’habitation vise principalement à protéger le locataire dans son rôle de résident, tandis que le bail à usage professionnel s’inscrit dans un cadre commercial et est plus flexible, notamment en matière de gestion des loyers et des réparations.

Pour vos besoins en la matière, veuillez contacter le Cabinet LDJ SARL : Contacts : (+225) 27 23 23 21 64 / 01 52 90 45 19 / 05 96 11 90 94 / 07 05 06 67 04 (WhatsApp).

Les droits du travailleur en cas de suspension du contrat de travail en droit ivoirien

Lorsqu’un contrat de travail est suspendu, cela signifie que certaines obligations entre l’employeur et le salarié sont temporairement mises en pause. Cependant, cette suspension ne met pas fin à la relation de travail. Le salarié conserve des droits spécifiques en fonction de la cause de la suspension. Nous vous expliquons tout !

La suspension du contrat de travail peut se produire pour diverses raisons, telles que le chômage technique, la maladie, le service militaire, ou encore des permissions exceptionnelles. Pendant cette période :

  • Le salarié cesse de travailler temporairement.
  • L’employeur peut, dans certains cas, suspendre le salaire.
  • Le lien contractuel reste en vigueur, et les deux parties reprennent leurs obligations une fois la suspension terminée.

Cependant, la loi ivoirienne garantit au salarié plusieurs droits de base, qui varient en fonction de la cause de la suspension.

A. En cas de chômage technique

Le chômage technique survient lorsque l’entreprise traverse des difficultés économiques ou une baisse d’activité. Voici les droits du salarié dans ce cas :

  • Accord préalable du salarié :
    • Avant de mettre un salarié en chômage technique, l’employeur doit obtenir son accord.
    • Si le salarié refuse cette mesure ou son prolongement au-delà de deux mois dans une période de douze mois, il peut choisir de mettre fin à son contrat.
    • Cette rupture est alors considérée comme un licenciement imputable à l’employeur, ce qui donne droit à des indemnités de licenciement.
  • Prise en compte de l’ancienneté :
    • La période de chômage technique est intégrée dans le calcul de l’ancienneté du salarié. Cette ancienneté est importante pour déterminer les droits futurs, tels que les indemnités de licenciement, de congés payés, ou de préavis.

B. En cas de service militaire

Si le salarié est mobilisé pour effectuer son service militaire, il bénéficie des droits suivants :

  • Indemnité pendant la durée de l’absence :
    • L’employeur est tenu de verser au salarié une indemnité équivalente à son salaire normal.
    • Cette indemnité est limitée à la durée du préavis prévu dans le contrat de travail.
  • Conservation du poste :
    • À la fin de son service militaire, le salarié peut réintégrer son poste ou un poste équivalent dans l’entreprise.

C. En cas de maladie ou d’accident

Lorsqu’un salarié tombe malade ou est victime d’un accident, la loi prévoit des droits spécifiques pour protéger ses intérêts :

  • Indemnité compensatoire :
    • Le salarié perçoit une indemnité égale à son salaire pendant la durée de son absence, mais uniquement dans la limite du préavis prévu par son contrat.
  • Protection contre le licenciement abusif :
    • L’employeur ne peut pas licencier un salarié en raison de sa maladie, sauf si celle-ci se prolonge au-delà d’une durée raisonnable ou rend impossible la reprise du travail.

D. En cas de permissions exceptionnelles

Les permissions exceptionnelles sont des autorisations d’absence accordées pour des événements familiaux importants (naissance, mariage, décès, déménagement, etc.). Les droits du salarié dans ces cas sont les suivants :

  • Pas de retenue de salaire :
    • Le salarié conserve son salaire pendant cette période, à condition que l’employeur ait donné son accord préalable.
    • Si le salarié n’a pas obtenu d’autorisation préalable, il doit justifier son absence dans un délai de 15 jours suivant l’événement.
  • Durée de la permission :
    • La durée de ces permissions est généralement précisée dans le contrat ou dans une convention collective.

Indépendamment de la cause de la suspension, certains droits fondamentaux sont garantis au salarié :

  • Conservation des droits acquis :
    • Le salarié conserve ses droits acquis avant la suspension, notamment en matière d’ancienneté.
    • L’ancienneté accumulée avant la suspension est prise en compte pour le calcul des indemnités de licenciement, des congés payés, ou du préavis.
  • Retour au poste :
    • Une fois la cause de la suspension levée, le salarié a le droit de retrouver son poste ou un poste équivalent avec les mêmes conditions de travail.

Si l’employeur ne respecte pas les droits du salarié pendant la suspension du contrat, ce dernier peut engager des démarches légales :

  • Recours auprès de l’Inspection du Travail :
    • Le salarié peut signaler toute violation de ses droits à l’Inspection du Travail, qui interviendra pour trouver une solution amiable.
  • Action en justice :
    • En cas de conflit persistant, le salarié peut saisir le tribunal compétent pour obtenir réparation. Cela peut inclure des dommages-intérêts pour non-respect des obligations de l’employeur.

En droit ivoirien, la suspension du contrat de travail est une mesure temporaire qui protège les intérêts des deux parties. Le salarié conserve plusieurs droits de base pendant cette période, notamment la protection de son ancienneté, le maintien de certaines indemnités, et la possibilité de retrouver son poste. Ces droits varient en fonction de la cause de la suspension, mais la loi veille à ce que le salarié ne subisse pas de préjudice injustifié.

Base légale : Articles 16.9 et 16.10 du Code du Travail, Articles 24, 25, 29 à 32 du Code Civil Ivoirien.

Pour vos besoins en la matière, n’hésitez pas à prendre contact avec le Cabinet LDJ SARL à ces coordonnées : (+225) 27 23 23 21 64 / 01 52 90 45 19 / 05 96 11 90 94 / 07 05 06 67 04 (WhatsApp).


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Les types de societes commerciales et leurs caracteristiques

En droit OHADA, il existe plusieurs formes de sociétés commerciales, chacune présentant des caractéristiques spécifiques en matière de responsabilité, d’organisation et de fonctionnement. Voici une présentation détaillée des différents types de sociétés et de leurs principales caractéristiques :

CaractéristiquesEts.S.N.CS.C.SS.A.R.LS.AS.A.S
SigleÉtablissementSociété en Nom CollectifSociété en Commandite SimpleSociété à Responsabilité LimitéeSociété AnonymeSociété par Actions Simplifiées
Capacité juridique de l’entrepriseNon – personne physiqueNon – personne physiqueMixteOui – Personne moraleOui – personne moraleOui – personne morale
Relation des associésIntuitu  personaeIntuitu personaeMixtePas intuitu personaePas intuitu personaePas intuitu personae
Qualité des associésCommerçantsCommerçantsMixteNon commerçantsNon CommerçantsNon Commerçants
ResponsabilitésIndéfinie et solidaireIndéfinie et solidaireIndéfinie et solidaire (commandités uniquement)Limitées aux apportsLimitées aux apportsLimitées aux apports
Nombre minimum1222 (Sauf 1 pour unipersonnelle)3 (7 si cotée en bourse)1
Nombre maximum12 (15 si cotée en bourse)
Capital minimum1.000.000 FCFA (Moins selon les dispositions nationales)10.000.000 FCFA et 100.000.000 pour les S.A faisant appel public
SouscriptionTotaleTotaleTotaleTotale
LibérationIntégraleIntégraleIntégrale (Apport en natures) ½ du numéraireIntégrale (Apport en natures) ¼ du numéraire
Nature des droits sociauxPart de capitalPart socialePart socialePart socialeActionAction
Qualification des associésPartenaire commercial / AssociéAssociéAssociéAssociéActionnaireActionnaire
Valeur nominale mimimum5.000 FCFA10.000 FCFA
Organe de gestionGérant (s)Gérant(s)Gérant(s)Gérant(s)PDG avec conseil d’administrationPrésident avec 1 ou plusieurs Gérant(s)
Organe de contrôle légalCommissaire aux comptesCommissaire aux comptesAG et Commissaire aux comptesAGO, AGE et Commissaire aux comptes

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Quelles sont les causes de suspension du contrat de travail selon le droit ivoirien ?

Le contrat de travail, un accord entre l’employeur et le salarié qui encadre leurs obligations respectives. Cependant, il arrive qu’à certaines périodes, le contrat soit suspendu, c’est-à-dire que son exécution soit temporairement interrompue sans que cela ne mette fin à la relation de travail. Cette suspension peut avoir des causes variées, souvent prévues par la loi ou le contrat lui-même.  A travers cet article, nous nous proposons de vous donner quelques clarifications.

La suspension du contrat de travail signifie que certaines obligations principales sont temporairement mises en pause :

  • Le salarié cesse de fournir sa prestation de travail.
  • L’employeur peut suspendre le versement du salaire, sauf dans certains cas prévus par la loi

Cependant, la suspension ne rompt pas le lien juridique entre les deux parties. Le contrat reste en vigueur, et une fois la cause de suspension levée, les droits et obligations reprennent normalement.

En Côte d’Ivoire, les causes de suspension du contrat de travail sont précisées dans le Code du Travail (articles 16.7 et 16.8) et le Convention Collective Interprofessionnelle (articles 24 à 32).

Les situations les plus fréquentes sont les suivantes :

  1. Chômage technique

Le chômage technique intervient lorsque l’entreprise fait face à une baisse d’activité ou à des difficultés financières graves.

  • Exemple : Une usine qui connaît une panne prolongée ou un manque de commandes peut suspendre temporairement les contrats de ses salariés.
  • Dans ce cas, les salariés ne travaillent pas, et l’employeur peut suspendre le paiement des salaires, sauf s’il existe une convention collective ou un accord prévoyant une indemnisation.

B. Permissions exceptionnelles pour événements familiaux

Le salarié a droit à des permissions spéciales pour des événements touchant directement sa famille ou son foyer. Ces permissions sont souvent de courte durée.

  • Exemples d’événements :
    • Mariage du salarié ou d’un membre proche de sa famille.
    • Naissance d’un enfant
    • Décès d’un parent proche.
    • Déménagement.
  • Pendant cette période, l’absence est autorisée, mais la rémunération peut être suspendue, sauf si l’employeur décide de maintenir le salaire.

C. Maladie ou accident

Lorsque le salarié est malade ou victime d’un accident, son contrat est suspendu pour lui permettre de se rétablir.

  • Conditions :
    • Le salarié doit fournir un certificat médical pour justifier son absence.
    • Si l’accident survient sur le lieu de travail ou dans l’exercice de ses fonctions, l’employeur a l’obligation de continuer à verser une indemnité, conformément aux lois sur les accidents de travail.

D. Mise en disponibilité

La mise en disponibilité est une situation où le salarié est autorisé à suspendre temporairement son contrat pour des raisons personnelles ou professionnelles.

  • Exemple : Une demande de congé pour poursuivre des études ou régler une affaire personnelle importante.
  • Cette suspension est souvent prévue par une convention entre les deux parties et doit être approuvée par l’employeur.

E. Congés annuels

Chaque salarié a droit à des congés payés après une période de travail, généralement un an. Pendant ces congés :

  • Le salarié cesse temporairement de travailler.
  • L’employeur est tenu de verser une indemnité appelée indemnité de congé.

F. Congé de maternité

Les salariées enceintes bénéficient d’un congé de maternité pour préparer l’arrivée de leur enfant et se rétablir après l’accouchement.

  • Durée légale : En Côte d’Ivoire, ce congé dure généralement 14 semaines (6 semaines avant et 8 semaines après l’accouchement).
  • Pendant cette période, l’employeur est tenu de verser une partie ou la totalité du salaire, selon les dispositions légales ou contractuelles.

G. Service militaire ou départ sous les drapeaux

Si un salarié est appelé à effectuer son service militaire ou à rejoindre les forces armées dans le cadre d’une mobilisation nationale, son contrat est suspendu.

  • Pendant cette période, il ne travaille pas pour l’entreprise et ne perçoit pas de salaire, mais son poste est protégé.

H. Détention préventive

Si un salarié est placé en détention préventive pour des faits étrangers à son travail, son contrat est suspendu pour une durée maximale de six mois.

  • Exemple : Un salarié impliqué dans une affaire judiciaire qui n’a aucun lien avec son activité professionnelle.
  • Si, au bout de six mois, le salarié n’est pas libéré, l’employeur peut envisager de rompre le contrat.

Pendant la suspension, plusieurs aspects doivent être pris en compte :

  • Le salarié conserve son poste et ses droits acquis, comme l’ancienneté, sauf disposition contraire.
  • La rémunération peut être suspendue, sauf dans les cas où la loi ou un accord prévoit une indemnisation (par exemple, pour les accidents de travail).
  • Une fois la cause de suspension levée, le salarié reprend son poste, aux mêmes conditions qu’avant la suspension.
  • Cas particuliers et exemples
  • Cas 1 : Suspension pour maladie

Un salarié contracte une maladie grave nécessitant un arrêt de travail de plusieurs semaines. Son contrat est suspendu pendant cette période, mais il peut percevoir une indemnité maladie si la législation ou son contrat le prévoit.

  • Cas 2 : Suspension pour congé de maternité

Une employée enceinte prend son congé de maternité de 14 semaines. Pendant cette période, son contrat est suspendu, mais elle perçoit une indemnité versée par la sécurité sociale ou l’employeur.

  • Cas 3 : Suspension pour service militaire

En Côte d’Ivoire, la suspension du contrat de travail est une mesure qui protège les droits des salariés tout en permettant à l’employeur de gérer des situations temporaires. Les différentes causes prévues par la loi (chômage technique, congés, maladie, etc.) garantissent que le lien de travail est préservé et que les deux parties peuvent reprendre leurs obligations une fois la suspension levée.

Base légale : Articles 16.7 et 16.8 du Code du Travail, articles 24 à 32 de la Convention Collective Interprofessionnelle.


Luc KOUASSI

Juriste Consultant Bilingue | Formateur |
Spécialiste en rédaction de contrats, d’actes extrajudiciaires, d’articles juridiques et des questions relatives au droit du travail | Politiste | Bénévole humanitaire

Pour vos besoins en la matière, veuillez contacter le Cabinet LDJ SARL : Contacts : (+225) 27 23 23 21 64 / 01 52 90 45 19 / 05 96 11 90 94 / 07 05 06 67 04 (WhatsApp).

Les clauses essentielles d’un contrat de bail à usage professionnel ou commercial

En droit OHADA, le contrat de bail à usage professionnel est encadré par des règles spécifiques, notamment dans l’Acte uniforme relatif au droit commercial général. Les clauses essentielles qui doivent figurer dans un tel contrat incluent les éléments suivants :

  • Bailleur : Identité complète (personne physique ou morale).
  • Preneur : Identité complète, avec mention de son activité professionnelle.

Exemple :

  • Bailleur : Monsieur Jean DAGO, né le 15 janvier 1970 à Abidjan, titulaire de la CNI n°12345678, domicilié à Cocody, Abidjan.
  • Preneur : Société ABC SARL, au capital de 10 000 000 FCFA, immatriculée au RCCM sous le n°CI-ABJ-2024-B-12345, représentée par Madame Fatou Diarra, gérante, domiciliée à Marcory, Abidjan.
  • Adresse précise et localisation du bien.
  • Nature des locaux (bureaux, entrepôts, ateliers, etc.).
  • État des lieux initial annexé au contrat pour éviter des litiges futurs.

Exemple : « Le bien loué est situé à Treichville, Zone Industrielle, Rue 25, Lot 12. Il s’agit d’un bâtiment à usage professionnel, comprenant un bureau de 50 m², un entrepôt de 100 m² et un parking. L’état des lieux initial est annexé au présent contrat. »

  • Mention explicite de l’usage professionnel prévu (par exemple, usage commercial, artisanal, ou administratif).
  • Interdiction ou restriction d’un usage autre que celui prévu dans le contrat.

Exemple : « Les locaux sont exclusivement destinés à l’exploitation d’un commerce de vêtements. Toute autre utilisation, y compris à des fins résidentielles, est strictement interdite sans l’accord préalable écrit du bailleur. »

  • Durée déterminée ou indéterminée, conformément à de l’AUDCG.
  • Modalités de renouvellement ou de résiliation du bail.

Exemple : « Le présent bail est consenti pour une durée de 5 ans, à compter du 1er janvier 2025 pour se terminer le 31 décembre 2030, sauf renouvellement expressément convenu entre les parties. »

  • Montant du loyer et modalités de paiement (mensuel, trimestriel, etc.).
  • Révision périodique du loyer (indice de référence ou négociation).
  • Sanctions en cas de retard de paiement (intérêts de retard ou résiliation).

Exemple : « Le loyer mensuel est fixé à 500 000 FCFA, payable au plus tard le 5 de chaque mois, par virement bancaire sur le compte du bailleur n°12345678 à la Banque X. En cas de retard, une pénalité de 5 % du montant dû sera appliquée. »

  • Répartition des charges entre le bailleur et le preneur (entretien, réparations courantes, électricité, eau, etc.).
  • Paiement des taxes et impositions liées au bien loué.

Exemple : « Le preneur supportera les charges suivantes : eau, électricité, entretien des espaces communs. Le bailleur assumera les taxes foncières. Une répartition détaillée des charges est fournie en annexe. »

  • Définition des responsabilités :
    • Travaux à la charge du bailleur (gros œuvre, toiture, etc.).
    • Travaux à la charge du preneur (réparations courantes, peinture).
  • Autorisation préalable pour les travaux modifiant la structure du bien.

Exemple : « Le bailleur prendra en charge les réparations relatives au gros œuvre, telles que la toiture et la façade. Le preneur sera responsable des petites réparations, comme la plomberie ou la peinture. Toute modification structurelle devra recevoir l’accord écrit du bailleur. »

  • Conditions de résiliation anticipée (manquement au contrat, non-paiement du loyer, usage non conforme, etc.).
  • Préavis exigé en cas de résiliation.

Exemple : « Le contrat peut être résilié de plein droit en cas de non-paiement du loyer pendant 3 mois consécutifs ou d’usage non conforme des locaux. La partie souhaitant résilier doit notifier l’autre par lettre recommandée avec accusé de réception, en respectant un préavis de 3 mois. »

  • Autorisation ou interdiction de cession ou de sous-location des locaux.
  • Conditions spécifiques en cas d’autorisation (accord écrit, notification préalable).

Exemple : « La cession ou sous-location des locaux est interdite sauf accord écrit préalable du bailleur. Toute violation de cette clause entraînera la résiliation immédiate du bail. »

  • Obligation pour le preneur de souscrire une assurance pour couvrir les risques (incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile).
  • Mention de la responsabilité du bailleur pour les vices cachés ou défauts de l’immeuble.

Exemple : « Le preneur s’engage à souscrire une assurance couvrant les risques d’incendie, dégâts des eaux, et responsabilité civile, et à en fournir une attestation au bailleur dans les 15 jours suivant la signature du bail. »

  • Garantie locative (dépôt de garantie équivalent à un ou plusieurs mois de loyer).
  • Modalités de restitution en fin de bail.

Exemple : « Le preneur versera un dépôt de garantie équivalent à 2 mois de loyer, soit 1 000 000 FCFA, restitué à la fin du bail après déduction des éventuelles dettes ou réparations. »

  • Référence à l’arbitrage ou à la médiation, conformément aux principes de l’OHADA.
  • Juridiction compétente en cas de contentieux.

Exemple : « Tout litige relatif au présent contrat sera soumis à la médiation selon les dispositions de l’Acte Uniforme OHADA relatif à l’arbitrage. À défaut de règlement amiable, la juridiction compétente sera celle du lieu de situation des locaux. »

  • Mention des cas de force majeure pouvant suspendre les obligations des parties.

Exemple : « En cas de force majeure (incendie, inondation, catastrophe naturelle), les obligations des parties seront suspendues sans pénalités jusqu’à la résolution de l’événement. »

  • Conditions particulières selon les besoins des parties, comme une clause d’exclusivité pour certaines activités commerciales ou un droit de préemption pour le preneur en cas de vente des locaux.

Exemple : « Le preneur bénéficie d’une exclusivité pour l’exploitation d’un salon de coiffure dans un rayon de 500 mètres autour des locaux. Le bailleur s’interdit de louer à une activité similaire durant la période du bail. »

Ces clauses doivent être rédigées avec soin et adaptées au contexte spécifique du contrat de bail à usage professionnel. Nous vous conseillons de consulter un juriste pour la rédaction de vos contrats.

Pour vos besoins en la matière, n’hésitez pas à contacter le Cabinet LDJ SARL aux coordonnées suivantes : (+225) 27 23 23 21 64 / 01 52 90 45 19 / 05 96 11 90 94 / 07 05 06 67 04 (WhatsApp).


Luc KOUASSI

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Quels sont les droits des salariés en cas de modification dans la situation juridique de l’employeur selon le droit ivoirien ?

Lorsqu’une entreprise change de direction ou de propriétaire, les salariés se demandent souvent ce qu’il advient de leurs contrats de travail, de leurs droits acquis, et de leur ancienneté. Le Code du Travail ivoirien, en son article 11.8, établit clairement les protections accordées aux salariés dans de telles situations.

Le droit principal des salariés dans une telle situation est celui de la stabilité de l’emploi. Cela signifie que, quel que soit le changement dans la situation juridique de l’employeur (fusion, cession d’entreprise, succession, mise en gestion, etc.), les contrats de travail des salariés restent en vigueur.

Ce que cela implique :

  • Le nouvel employeur reprend automatiquement les obligations liées aux contrats de travail existants.
  • Les salariés continuent d’exercer leurs fonctions aux mêmes conditions que celles définies avec l’ancien employeur.

Ce principe vise à protéger les travailleurs contre une perte injustifiée d’emploi due à des décisions économiques ou juridiques qui échappent à leur contrôle.

Les droits acquis par les salariés avant le changement de direction ou de propriétaire de l’entreprise sont préservés. Cela inclut :

  • L’ancienneté dans l’entreprise : le nouvel employeur doit reconnaître la durée de service des salariés, même si elle a été accumulée sous la gestion de l’ancien employeur.
  • Les droits liés à l’ancienneté :
    • Préavis : En cas de licenciement ultérieur, la durée du préavis doit être calculée en tenant compte de l’ancienneté totale, y compris celle sous l’ancien employeur.
    • Indemnités de licenciement : Elles sont basées sur l’ancienneté cumulée, sans interruption, même après le changement de propriétaire.
    • Congés payés : Les jours de congés accumulés restent valables et doivent être honorés par le nouvel employeur.

Ainsi, le salarié ne perd-il aucun avantage acquis, quelle que soit la transformation de l’entreprise.

Il arrive parfois que le nouvel employeur exige de l’ancien employeur qu’il procède au licenciement de certains salariés avant de finaliser la cession de l’entreprise. Si l’ancien employeur accepte de licencier les salariés à la demande du repreneur, cela peut être considéré comme un licenciement abusif, surtout si cette action vise à contourner les droits des travailleurs.

Dans une telle situation :

  • L’ancien et le nouvel employeur peuvent être tenus responsables solidairement.
  • Les salariés concernés peuvent demander des dommages-intérêts pour licenciement abusif, à condition qu’il soit prouvé qu’il y a eu une entente frauduleuse entre les deux employeurs.

Une fois l’entreprise reprise, le nouvel employeur a le droit de réorganiser son activité, ce qui peut inclure des licenciements économiques ou des changements structurels. Cependant, ces licenciements ou réorganisations doivent respecter les règles légales :

  • Les licenciements doivent être justifiés par des raisons réelles et sérieuses, comme des difficultés économiques ou une restructuration nécessaire.
  • Les salariés licenciés doivent bénéficier de leurs droits légaux, notamment :
    • Le préavis, selon leur ancienneté.
    • Les indemnités de licenciement.
    • Les congés payés non pris.

Si ces conditions ne sont pas respectées, les salariés peuvent contester les décisions devant les juridictions compétentes.

Cas 1 : Mutation d’un salarié après un rachat

Une entreprise basée à Abidjan est rachetée par un groupe dont le siège est à San Pedro. Les contrats de travail des salariés d’Abidjan restent valides. Le nouvel employeur ne peut pas forcer un salarié à déménager à San Pedro si cette possibilité n’était pas prévue dans son contrat initial.

Cas 2 : Calcul des indemnités

Un salarié qui a travaillé 10 ans pour l’ancien employeur et qui est licencié par le nouvel employeur devra recevoir ses indemnités de licenciement calculées sur ses 10 années de service, et non seulement sur la période sous la direction du nouveau propriétaire.

Cas 3 : Licenciements abusifs avant une cession

Si un repreneur exige que l’ancien propriétaire licencie les salariés avant la vente, ces licenciements peuvent être considérés comme abusifs. Les salariés concernés peuvent alors obtenir des compensations financières devant les tribunaux.

Les droits des salariés sont protégés en cas de modification dans la situation juridique de leur employeur. Le Code du Travail ivoirien garantit le maintien des contrats de travail et des droits acquis, même lorsque l’entreprise change de propriétaire ou de direction.

Cependant, si des licenciements ou des modifications des conditions de travail sont envisagés, ils doivent être justifiés et conformes à la loi. Ces dispositions visent à assurer une transition équitable pour les salariés tout en permettant aux employeurs de restructurer leurs activités de manière légale et responsable.

Base légale : Article 11.8 du Code du Travail ivoirien.


Luc KOUASSI

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L’employeur peut-il modifier unilatéralement le contrat de travail ?

Le contrat de travail est un accord entre un employeur et un salarié qui définit les droits et obligations de chaque partie. Une fois conclu, ce contrat ne peut pas être modifié par la seule volonté d’une des parties, qu’il s’agisse de l’employeur ou du salarié. Cependant, dans la pratique, il arrive que des changements soient nécessaires, souvent pour répondre aux besoins ou à l’évolution de l’entreprise. La question se pose alors de savoir si l’employeur peut modifier unilatéralement le contrat de travail et dans quelles limites.

Le contrat de travail repose sur un accord mutuel. Toute modification de ce contrat doit également être fondée sur l’accord des deux parties, car une modification unilatérale porterait atteinte aux droits du salarié.

Cependant, certaines modifications peuvent être imposées par l’employeur, notamment lorsqu’elles ne touchent pas aux éléments essentiels du contrat ou lorsqu’elles sont prévues par des textes légaux, des clauses contractuelles ou le règlement intérieur.

Les modifications dites non substantielles ne nécessitent pas l’accord préalable du salarié, car elles n’affectent pas les termes essentiels du contrat. Ces changements sont souvent motivés par des impératifs de santé, de comportement, ou par l’application des règles de l’entreprise.

Exemples de modifications non substantielles :

  • Changement des fonctions du salarié : Si un employeur décide d’adapter les fonctions d’un salarié pour des raisons médicales ou en raison de son comportement, à condition que le salaire reste inchangé, cette modification n’est pas considérée comme substantielle.
  • Application du règlement intérieur : Si le règlement intérieur impose de nouvelles procédures ou conditions de travail (par exemple, des mesures de sécurité), ces changements s’appliquent sans modifier le contrat.
  • Clauses prévues dans le contrat initial : Si une modification a été prévue et acceptée dès la signature du contrat (par exemple, une clause de mobilité ou un changement des horaires), elle ne constitue pas une modification du contrat.

Ces modifications relèvent de la gestion courante de l’entreprise et sont considérées comme nécessaires au bon fonctionnement de celle-ci.

Les modifications dites substantielles concernent des éléments essentiels du contrat. Ces changements touchent des clauses fondamentales sans lesquelles le salarié n’aurait probablement pas accepté le poste. En droit ivoirien, de telles modifications doivent obligatoirement faire l’objet d’un accord entre l’employeur et le salarié.

Exemples de modifications substantielles :

  • Réduction du salaire : Toute diminution du salaire sans l’accord du salarié constitue une modification substantielle.
  • Proposition d’un emploi non conforme à la qualification : Si un salarié qualifié est affecté à un poste qui ne correspond pas à son niveau de compétence ou d’expérience, cela est considéré comme une modification substantielle.
  • Mutation dans un lieu éloigné non prévu dans le contrat : Par exemple, transférer un salarié d’Abidjan à San Pedro alors que son contrat n’incluait pas de clause de mobilité.
  • Modification des responsabilités : Un changement important dans les responsabilités ou les attributions, même sans diminution de salaire, est qualifié de substantiel.

Ces modifications sont considérées comme ayant un impact significatif sur la relation de travail et nécessitent donc l’accord du salarié.

Si l’employeur décide de modifier unilatéralement une clause substantielle du contrat sans obtenir l’accord du salarié, plusieurs conséquences peuvent en découler :

  • Droit du salarié de refuser : Le salarié a le droit de refuser une telle modification. En cas de désaccord, il peut saisir les juridictions compétentes
  • Sanctions pour l’employeur : Une modification unilatérale peut être interprétée comme une rupture abusive du contrat de travail, exposant l’employeur à des sanctions financières ou à des indemnités pour le salarié.
  • Possibilité de démission motivée : Le salarié peut considérer cette modification comme une raison légitime de rompre le contrat et demander des indemnités compensatoires.

L’employeur ne peut modifier unilatéralement un contrat de travail, sauf s’il s’agit de modifications mineures ou prévues par le contrat ou la loi. Toute modification touchant aux éléments essentiels du contrat doit être approuvée par le salarié.

Les articles 15.6, 15.9, 16.6, et 23.4 du Code du Travail ivoirien encadrent ces situations pour protéger les droits des salariés tout en tenant compte des impératifs de gestion des entreprises. Cela requiert donc aux employeurs et aux salariés de bien comprendre ces règles afin de prévenir les conflits et d’assurer une relation de travail harmonieuse.


Luc KOUASSI

Juriste Consultant Bilingue | Formateur |
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