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La cybersécurité : L’irresponsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux

La cybercriminalité englobe toutes les infractions commises au moyen ou sur un réseau de télécommunication ou système d’information.  Phénomène mondial, devenu une préoccupation majeure en Côte d’ivoire où de plus en plus d’individus deviennent outre les victimes, malheureusement et bien des fois auteurs de ces crimes cybernétiques. 

Alors que internet offre d’énormes opportunités de communications, d’éducation et d’affaires,il expose également les utilisateurs à de nombreux risques. Ce fait, quoique banal en Côte d’ivoire, nous permet d’ouvrir une brèche sur l’irresponsabilité des utilisateurs dans l’usage des réseaux sociaux.

Dans cet article, nous explorerons l’impact de la cybercriminalité en Côte d’ivoire et nous mettrons en lumière les conséquences de l’utilisation irresponsable des réseaux sociaux par les utilisateurs.

En Côte d’ivoire, la cybercriminalité se manifeste sous diverses formes et est réprimée sur la base de textes légaux préétablis. Il ne s’agira pas pour nous de faire une étude exhaustive de ces différents cas mais simplement de les lister afin de les porter à votre connaissance.

A- Les faits cybercriminels récurrents en côte d’ivoire 

Les cybercriminels exploitent très souvent la naïveté, la curiosité et parfois l’avidité de leurs victimes pour parvenir à leurs fins. Ces crimes vont :

  • des fraudes sur les transactions électroniques: fraude en ligne,les escrocs ciblent les transactions en lignes notamment les paiement électroniques
  • à l’utilisation frauduleuse d’éléments d’identification de personnes physiques: le vol d’informations sensibles par le phishing à la diffusion de fausses informations,
  • aux atteintes à l’image et à l’honneur: diffamations, calomnies,propagation de rumeurs malveillantes, injures, propos outrageants, menaces et publication d’images à caractère sexuelt, harcèlement sexuel et moral sur les réseaux sociaux
  • ainsi qu’aux escroqueries en ligne: les faux investissements, les offres d’emploi frauduleuses et les arnaques financières.

Tous ces crimes étant prévus par des textes juridiques.

B- Des bases légales

La cybercriminalité en Côte d’Ivoire représente un défi majeur pour la sécurité des individus et des infrastructures numériques. Avec l’adoption de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 portant lutte contre la cybercriminalité, le gouvernement ivoirien a renforcé son arsenal juridique pour combattre ce fléau…

A cette loi on peut ajouter le code pénal ivoirien, la loi n°2012-293 du 21 mars 2012 relative aux télécommunications/TIC. L’irresponsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux demeure un problème persistant. Les actions imprudentes, telles que le partage de données personnelles et la diffusion de fausses informations, peuvent avoir des conséquences graves, allant de la compromission de la vie privée à la propagation de la désinformation. En 2023, avec 5,10 millions d’utilisateurs de médias sociaux, soit 17,9 % de la population totale, la Côte d’Ivoire a vu une augmentation de l’utilisation des plateformes numériques, ce qui souligne la nécessité d’une utilisation responsable des réseaux sociaux.

A- Facteurs et manifestation de l’irresponsabilité

Les réseaux sociaux sont devenus une partie intégrante de notre vie mais certains facteurs poussent les individus à une utilisation peu conventionnelle. Il peut s’agir entre autre de l’anonymat garantie par les pseudonymes( même si le réalité en est toute autre), de l’addiction: des heures de scroll peuvent les rendre moins attentifs à leurs actions et à responsabilités, le manque de conscience des responsabilités, la désinformation ou désensibilisation, le manque d’éducation numérique l’effet de groupe…

Cette irresponsabilité peut se manifester par le fait de publier des informations sans réelles sources ou recherches de la vérité, de diffuser de fausses nouvelles ou informations sans prendre en compte les répercussions potentielles ou encore de publier des commentaires blessants.

l’utilisateur fautif peut répondre très logiquement de ses agissements.

B- Conséquences pour l’utilisateur

L’univers juridique ivoirien est secoué ce mois d’avril par une affaire qu’on ne saurait qualifier de novice tant ce pays est sujet à ce qu’on pourrait nommer sans trop se tromper de “ vagabondage médiatique”. En effet, le Sieur Kouakou amani florent connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme d’observateur ébène qui faisait l’objet d’une plainte déposée à son encontre par dame MPA s’est vu condamné ce 23 avril 2024 par le tribunal de première instance d’abidjan plateau (à 12 mois d’emprisonnement dont 6 mois fermes et 5 millions d’amende) des chefs d’accusation d’émission d’expressions outrageantes par le biais des réseaux sociaux ainsi que de la diffusion de données de nature à porter atteinte à l’honneur et à la dignité d’une personne, en l’occurrence “dame mpa”.

A l’instar de cette condamnation,l’utilisateur irresponsable serait lui aussi soumis aux dispositions jugées quelque peu exagérées de la loi relative à la cybercriminalité.

Il est essentiel que les utilisateurs prennent conscience et agissent de manière responsable sur les réseaux sociaux.

La sensibilisation, l’éducation, la modération et dans le pire des cas l’arrestation sont autant de clés pour promouvoir un comportement plus responsable en ligne.

[1]: https://www.gouv.ci/_actualite-article.php?recordID=13088 

[2]: https://www.village-justice.com/articles/lutte-contre-cybercriminalite-Cote,17336.html 

[3]: https://news.abidjan.net/articles/703724/lutte-contre-la-cybercriminalite-en-cote-divoire-des-resultats-probants-officiel 

[4]: https://www.digital-discovery.tn/chiffres-reseaux-sociaux-cote-divoire-2023/ 

[5]: https://elephantech.ci/medias-sociaux-en-cote-divoire-2023-chiffres-cles-et-tendances/ 

[6]: https://www.koaci.com/article/2023/08/16/cote-divoire/societe/cote-divoire-utilisation-responsable-des-medias-sociaux-le-gouvernement-lance-la-campagne-enlignetousresponsables_171576.html 

[7]: https://news.abidjan.net/articles/725336/utilisation-responsable-des-reseaux-sociaux-la-haca-fait-signer-la-charte-des-reseaux-sociaux-en-cote-divoire-a-des-bloggeurs-influenceurs-activistes-et-autres-acteurs-du-numerique

[8]: https://www.africa-press.net/cotedivoire/toutes-les-actualites/limpact-negatif-des-reseaux-sociaux-sur-certains-utilisateurs

Ariane TCHICAYA

Juriste 

Comprendre les contrats : Les bases fondamentales du droit des contrats expliquées en termes simples

Dans notre vie quotidienne, nous faisons constamment des accords et des promesses. Que ce soit acheter une voiture, louer un appartement, ou même partager une pizza entre amis, ces interactions sont régies par ce que l’on appelle des contrats. Le droit des contrats, une branche essentielle du droit, régit ces accords et détermine les règles qui les régissent.

Un contrat est essentiellement un accord entre deux parties. Ces parties peuvent être des individus, des entreprises, voire même des gouvernements. L’idée de base derrière un contrat est simple : il crée des droits et des obligations pour chacune des parties impliquées. Alors quels en sont les éléments essentiels ?

  • 𝐎𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Tout commence par une offre. Une partie propose quelque chose à une autre partie. Cette offre peut être aussi simple qu’un prix pour un produit ou un service. Une fois l’offre faite, l’autre partie doit l’accepter pour qu’un contrat soit formé. L’acceptation peut être verbale, écrite ou même implicite par les actions.
  • 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐢𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Pour qu’un contrat soit valide, il doit généralement impliquer un échange de valeur. Cela signifie que chaque partie doit donner quelque chose en retour de ce qu’elle reçoit. Par exemple, dans un contrat de vente, l’argent est la considération fournie par l’acheteur en échange du produit fourni par le vendeur.
  • 𝐂𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐞 : Les parties impliquées dans un contrat doivent avoir la capacité légale de le conclure. Cela signifie qu’elles doivent être en mesure de comprendre les termes du contrat et d’agir en toute connaissance de cause. Par exemple, un mineur ou une personne sous tutelle peut ne pas avoir la capacité légale de conclure un contrat.

𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 : Le consentement est essentiel. En effet, les deux parties doivent être d’accord sur les termes du contrat sans pression indue ou tromperie. Un consentement obtenu par la fraude ou la contrainte rendrait le contrat invalide.

Il existe de nombreux types de contrats, chacun adapté à des situations particulières. Les plus courants sont :

  • 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐯𝐞𝐧𝐭𝐞 : Ils régissent l’achat et la vente de biens et de services.
  • 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Ils couvrent la location d’un bien, comme un appartement ou une voiture.
  • 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 : Ils régulent les relations entre employeurs et employés.
  • 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞 : Ils définissent les conditions pour la prestation de services, comme la réparation d’une voiture ou la construction d’une maison.

Si l’une des parties ne respecte pas les termes d’un contrat, cela constitue une violation de contrat. Les conséquences peuvent varier en fonction de la gravité de la violation et des dispositions spécifiques du contrat. Les recours courants en cas de violation de contrat comprennent des dommages-intérêts (compensation financière), des injonctions (ordonnances du tribunal exigeant ou interdisant certaines actions) ou même la résiliation du contrat.


En comprenant les bases des contrats, nous sommes mieux équipés pour naviguer dans nos interactions quotidiennes et résoudre les différends qui peuvent survenir. Que ce soit dans le domaine des affaires, des relations personnelles ou même des simples transactions commerciales, une compréhension claire des contrats est un atout précieux.




Luc Kouassi
Juriste Consultant Bilingue | Formateur | Spécialiste en rédaction de contrats, d’actes extrajudiciaires, d’articles juridiques et des questions relatives au droit du travail | Politiste en formation | Bénévole humanitaire.

La clause de force majeure dans le contrat

En droit des contrats, une clause souvent méconnue du grand public mais d’une importance capitale est la clause de force majeure. Cette clause permet à une partie contractante de ne pas exécuter ses obligations sans être tenue responsable lorsque des événements imprévisibles et insurmontables surviennent. Analysons la clause de force majeure, en soulignant son importance pour les entreprises, notamment en période de crise.

La force majeure est définie comme un événement échappant au contrôle des parties, qui ne pouvait être raisonnablement prévu lors de la conclusion du contrat, et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées. En droit français, l’article 1218 du Code civil en précise les conditions : il doit s’agir d’un événement imprévisible, irrésistible et extérieur. En droit ivoirien, nous pouvons citer les articles 1148, 1733 et autres du code civil qui exonèrent du paiement de dommages et intérêts le débiteur qui n’aura pas exécuter ses obligations en cas de force majeure.

Les événements couramment considérés comme des cas de force majeure incluent les catastrophes naturelles (séismes, inondations), les crises sanitaires (pandémies), les conflits armés, et les actes terroristes. Par exemple, lors de la pandémie de COVID-19, de nombreuses entreprises ont invoqué la force majeure pour justifier l’inexécution de leurs obligations contractuelles, telles que la livraison de biens ou la prestation de services.

La clause de force majeure revêt une importance stratégique pour les entreprises, en particulier en temps de crise. Elle permet de :

  • Limiter les pertes Financières : En suspendant temporairement les obligations contractuelles, les entreprises peuvent éviter des pénalités pour inexécution et se concentrer sur la gestion de crise.
  • Préserver les relations contractuelles : En invoquant la force majeure, une entreprise peut maintenir la confiance de ses partenaires commerciaux en montrant que la non-exécution n’est pas due à une négligence mais à des circonstances exceptionnelles.
  • Assurer la continuité des affaires : La clause de force majeure permet aux entreprises de redéfinir leurs priorités opérationnelles sans risquer des litiges coûteux et chronophages.

Cependant, l’application de la clause de force majeure n’est pas sans controverses. L’interprétation des termes « imprévisible » et « irrésistible » peut varier, et certains événements, bien que perturbateurs, peuvent ne pas être reconnus comme tels par les tribunaux. Par exemple, des grèves ou des troubles sociaux sont parfois considérés comme des risques commerciaux normaux, ne relevant pas de la force majeure.

Pour maximiser l’efficacité de la clause de force majeure, les entreprises doivent :

  • Rédiger des clauses précises : Spécifier clairement les événements considérés comme force majeure dans les contrats.
  • Analyser les risques : Identifier les risques potentiels et prévoir des plans d’urgence adaptés.
  • Revoir régulièrement les contrats : Ajuster les clauses de force majeure en fonction de l’évolution des risques globaux, comme le changement climatique ou les cyberattaques.

La clause de force majeure est un outil juridique essentiel pour protéger les entreprises contre les aléas imprévus. En période de crise, elle peut faire la différence entre la survie et la faillite d’une entreprise. Il est donc nécessaire pour les dirigeants de bien comprendre cet aspect pour sécuriser leurs activités et assurer une meilleure résilience face aux imprévus.

En fin de compte, la reconnaissance et la compréhension de l’importance de la clause de force majeure par les entreprises peuvent encourager une meilleure préparation et une gestion plus proactive des crises, contribuant ainsi à une économie plus stable et résiliente.

Pour vos besoins en la matière, veuillez contacter le Cabinet LDJ SARL : (+225) 27 23 23 21 64 / 05 96 11 90 94 / 01 52 90 45 19 (WhatsApp).Achetez le Kit LDJ SMART PRO (+1000 Modèles de contrats, lettres, courriers…) au prix de 20500 FCFA en suivant ce lien : https://cabinetldjsarl.com/formation/kit-ldj-smart-pro-1000-modeles-de-contrats-lettres-courriers/

Luc Kouassi

Juriste Consultant Polyglotte | Formateur | Spécialiste en rédaction de contrats.

Réforme du système comptable des Entités à But Non Lucratif (EBNL) dans l’Espace OHADA

La comptabilité des EBNL, traditionnellement régie par des principes généraux peu adaptés à leurs spécificités, se trouve à l’aube d’une transformation significative. Cette réforme, attendue et nécessaire, soulève plusieurs interrogations quant à son application concrète et ses implications pour les EBNL.L’analyse se concentrera sur les modifications réglementaires proposées et leur impact sur la gestion comptable des EBNL dans l’espace OHADA.Quels sont les défis juridiques et pratiques que pose la réforme du système comptable des EBNL au sein de l’espace OHADA?

Cette étude vise à éclairer les acteurs concernés sur les avantages et les limites de la réforme, afin de faciliter son adoption et son implémentation effective.La dissertation se déclinera en deux parties principales, chacune subdivisée en deux sous-parties.

A. Les insuffisances du système actuel

Le système comptable actuel présente de nombreuses insuffisances pour les Entités à But Non Lucratif (EBNL). Les principes comptables généraux, conçus pour les entreprises lucratives, ne s’adaptent pas toujours aux spécificités des EBNL. Cette inadéquation peut générer des difficultés dans la comptabilisation de certaines opérations spécifiques à ces entités, comme les subventions, les dons ou encore les bénévolats. Le système actuel ne garantit pas une transparence financière optimale pour les EBNL. Les informations comptables fournies peuvent manquer de clarté et de précision, ce qui peut limiter la compréhension des parties prenantes (donateurs, subventionneurs, etc.) de la situation financière de l’entité. L’évaluation des performances des EBNL est souvent complexe en raison de la nature particulière de leurs activités. Les outils d’analyse financière traditionnels, axés sur la rentabilité, ne sont pas toujours pertinents pour ces entités qui ont des objectifs non financiers.

En conclusion, le système comptable actuel ne répond pas pleinement aux besoins des EBNL. Il est nécessaire de réformer ce système afin de le rendre plus adapté à leurs spécificités et d’améliorer la transparence financière et l’évaluation des performances de ces entités.

B. Les principes directeurs de la nouvelle réglementation

La nouvelle réglementation comptable pour les Entités à But Non Lucratif (EBNL) vise à remédier aux insuffisances du système actuel et à garantir une meilleure gouvernance. Elle repose sur trois principes directeurs fondamentaux :

La nouvelle réglementation vise à harmoniser les pratiques comptables des EBNL, en s’appuyant sur des normes comptables internationales spécifiques à ce secteur. Cette harmonisation permettra d’améliorer la comparabilité des informations financières entre les différentes entités et de faciliter la consolidation des comptes. La nouvelle réglementation prendra en compte les particularités des EBNL, en définissant des règles comptables spécifiques à leurs opérations et à leurs activités. Cette adaptation permettra d’améliorer la fiabilité et la pertinence de l’information financière produite par ces entités. La nouvelle réglementation vise à améliorer la transparence et la clarté de l’information financière des EBNL. Cela permettra aux parties prenantes de mieux comprendre la situation financière de ces entités et d’apprécier leur performance et leur impact social.

A. Les défis de mise en œuvre

La mise en œuvre de la nouvelle réglementation comptable pour les Entités à But Non Lucratif (EBNL) s’annonce complexe et il convient de relever plusieurs défis importants . Il est crucial de sensibiliser les dirigeants, les gestionnaires et les parties prenantes des EBNL aux nouvelles règles comptables et à leurs implications. Cela permettra d’assurer une compréhension commune et une application effective de la réglementation. Les professionnels de la comptabilité, en charge de l’application de la nouvelle réglementation, doivent être formés aux nouvelles normes et procédures comptables spécifiques aux EBNL. Cette formation permettra de garantir la qualité et la fiabilité de l’information financière produite. Les systèmes d’information des EBNL doivent être adaptés pour prendre en compte les nouvelles exigences comptables. Cela peut impliquer des modifications logicielles et du matériel informatique, ainsi que la mise en place de nouveaux processus de saisie et de traitement des données.la réussite de la mise en œuvre de la nouvelle réglementation dépendra de la capacité à relever ces défis et à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés.

B. Les bénéfices attendus pour les EBNL

La mise en œuvre de la nouvelle réglementation comptable pour les Entités à But Non Lucratif (EBNL) est porteuse de nombreux avantages pour ces organisations ,la nouvelle réglementation permettra aux EBNL d’avoir une meilleure vision de leur situation financière et de prendre des décisions plus éclairées. Une meilleure gestion des risques financiers sera également possible. La transparence accrue et la fiabilité des informations financières des EBNL renforceront la confiance des parties prenantes (donateurs, subventionneurs, etc.) dans la gestion de ces organisations,la communication financière sera également plus efficace. La meilleure gouvernance et la transparence financière des EBNL inciteront les donateurs et partenaires à accroître leur soutien.la recherche de financements sera facilitée. La nouvelle réglementation permettra aux EBNL de mieux mesurer leur performance et leur impact social. Cela permettra d’améliorer l’efficacité des actions menées par ces organisations.

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  1. Acte uniforme relatif au Système comptable des entités à but non lucratif (SYCEBNL), OHADA, 28 décembre 20221 Lien vers la source
  2. Guide d’application du SYCEBNL, OHADA, 2023. Lien vers la source
  3. Publication OHADA : Les Pratiques de la Comptabilité des Entités du Secteur à But Non Lucratif dans les Pays OHADA dès 2024 (Associations, Ordres professionnels et Projets de développement), OHADA, 11 décembre 20232 Lien vers la source

Jacques VANIE

Juriste privatiste.

jacquesvaniebi1@gmail.com

+2250102122240

La pratique des procédures simplifiées de recouvrement de créances dans l’espace OHADA

Dans l’espace OHADA, l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution constitue un pilier fondamental du cadre juridique régissant les transactions commerciales. Cette législation revêt une importance capitale pour les acteurs économiques, offrant un mécanisme efficace pour le recouvrement des créances et l’exécution des décisions judiciaires. Toutefois, malgré son potentiel, la mise en pratique de ces procédures simplifiées suscite diverses interrogations quant à leur efficacité et leur adaptation aux réalités du marché.

Ainsi, cette étude se propose d’analyser la pratique des procédures simplifiées de recouvrement de créances dans l’espace OHADA, en identifiant les avantages qu’elles offrent ainsi que les défis auxquels sont confrontés les praticiens dans leur mise en œuvre. Ce faisant, elle répondra aux axes d’analyse suivants : l’efficacité des procédures simplifiées de recouvrement, leur impact sur la sécurité des transactions commerciales et la fluidité du marché, ainsi que les obstacles rencontrés par les acteurs dans leur application quotidienne. En mettant en lumière ces aspects, cette analyse vise à fournir une compréhension approfondie de la dynamique des procédures simplifiées de recouvrement au sein de l’espace OHADA et à identifier les pistes d’amélioration nécessaires pour renforcer leur efficacité et leur pertinence dans le contexte économique actuel.

A. La célérité et la réduction des coûts

Les procédures simplifiées de recouvrement constituent un mécanisme juridique efficace visant à accélérer le processus de recouvrement des créances au sein de l’espace OHADA. En effet, contrairement aux procédures traditionnelles qui peuvent s’avérer longues et coûteuses, ces procédures offrent une réponse rapide et économique aux créanciers.L’un des principaux avantages de ces procédures simplifiées réside dans leur capacité à fournir un titre exécutoire de manière accélérée.

Ainsi, grâce à des formalités simplifiées et des délais raccourcis, les créanciers peuvent obtenir rapidement une décision judiciaire exécutoire, sans avoir à engager un procès de longue haleine. Cette rapidité d’obtention du titre exécutoire permet non seulement de sécuriser les créances plus rapidement, mais elle contribue également à réduire les délais de paiement et à limiter l’accumulation d’intérêts moratoires pour les débiteurs.Par conséquent, cette célérité dans le processus de recouvrement présente des avantages significatifs pour toutes les parties impliquées.

Pour les créanciers, elle leur permet de récupérer leurs fonds de manière plus rapide et efficace, ce qui améliore leur trésorerie et leur capacité à poursuivre leurs activités commerciales.

De même, pour les débiteurs, cette rapidité d’action peut les aider à éviter des frais supplémentaires liés aux intérêts moratoires et à maintenir des relations commerciales harmonieuses avec leurs créanciers.

En outre, la réduction des coûts associée aux procédures simplifiées de recouvrement est un élément crucial à prendre en compte. En évitant les frais de justice élevés et les honoraires d’avocats souvent associés aux procédures contentieuses traditionnelles, ces procédures offrent une solution économique aux créanciers, en leur permettant de récupérer leurs créances tout en minimisant les dépenses liées au processus de recouvrement.

La célérité et la réduction des coûts représentent des aspects essentiels des procédures simplifiées de recouvrement dans l’espace OHADA, démontrant leur efficacité et leur pertinence en tant qu’outil juridique au service des acteurs économiques.

B. L’accessibilité et la prévisibilité

L’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution dans l’espace OHADA joue un rôle crucial dans la promotion de l’accessibilité et de la prévisibilité des procédures de recouvrement de créances. En effet, cette législation a pour mérite de standardiser les procédures de recouvrement à travers les États membres, offrant ainsi une certaine uniformité et prévisibilité juridique aux acteurs économiques.

Une des principales contributions de cet Acte uniforme est de fournir un cadre légal harmonisé pour le recouvrement des créances, ce qui permet aux créanciers de disposer d’une base solide sur laquelle planifier leurs stratégies de recouvrement. En éliminant les incertitudes liées aux différences de législation entre les différents États membres, cette standardisation facilite la prise de décision des créanciers et renforce leur confiance dans le système judiciaire OHADA.

De même, cette uniformisation des procédures offre aux débiteurs une meilleure compréhension des conséquences en cas de non-paiement de leurs dettes. En étant informés des étapes et des délais prévus par la loi pour le recouvrement des créances, les débiteurs sont en mesure d’anticiper les mesures qui pourraient être prises à leur encontre en cas de défaut de paiement. Cette transparence juridique favorise une approche plus proactive des débiteurs, les incitant à régler leurs dettes de manière préventive afin d’éviter d’éventuelles sanctions.

Par conséquent, l’accessibilité et la prévisibilité offertes par l’Acte uniforme constituent des éléments fondamentaux pour garantir un environnement juridique favorable au recouvrement des créances dans l’espace OHADA. En fournissant un cadre juridique clair et cohérent, cette législation contribue à renforcer la confiance des acteurs économiques dans le système judiciaire et à promouvoir la sécurité des transactions commerciales au sein de la région.

A. Les difficultés d’exécution des décisions

Malgré la clarté du cadre juridique établi par l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution dans l’espace OHADA, l’exécution des décisions reste un défi majeur pour les créanciers. En effet, plusieurs obstacles entravent souvent le processus d’exécution, compromettant ainsi l’efficacité globale du système.Parmi les difficultés les plus couramment rencontrées figurent l’insolvabilité déclarée des débiteurs et la dissimulation de biens. Malgré l’obtention d’un titre exécutoire, les créanciers se retrouvent parfois confrontés à des débiteurs déclarant leur insolvabilité afin d’échapper à leurs obligations de paiement.

De même, la dissimulation de biens constitue un problème récurrent, où les débiteurs tentent de soustraire leurs actifs à l’exécution des décisions en les transférant à des tiers ou en les dissimulant.

De plus, les différences dans l’application des règles par les autorités locales peuvent entraîner des retards et des incohérences dans le processus d’exécution des décisions.

En raison de l’autonomie accordée aux juridictions nationales dans l’interprétation et l’application des dispositions de l’Acte uniforme, il peut exister des variations dans la manière dont les décisions sont mises en œuvre d’un État membre à un autre. Ces disparités peuvent générer de la confusion et de l’incertitude pour les créanciers, compromettant ainsi la prévisibilité et l’efficacité du système d’exécution.

En somme, malgré la clarté et la cohérence du cadre juridique établi par l’OHADA, les difficultés persistantes dans l’exécution des décisions soulignent la nécessité d’améliorer les mécanismes d’application et de renforcer la coopération entre les autorités judiciaires nationales. En surmontant ces obstacles, il sera possible de garantir une exécution effective des décisions judiciaires et de renforcer la confiance des acteurs économiques dans le système de recouvrement des créances au sein de l’espace OHADA.

B. La nécessité d’une formation continue des praticiens

La mise en œuvre des procédures simplifiées de recouvrement dans l’espace OHADA est confrontée à la complexité des mécanismes juridiques ainsi qu’à la constante évolution du droit dans la région. Cette complexité requiert une formation continue des praticiens, tels que les avocats, les huissiers et les magistrats, afin de garantir une application efficace et uniforme des procédures de recouvrement.La législation OHADA relative au recouvrement des créances est sujette à des ajustements et des révisions réguliers pour s’adapter aux évolutions économiques et juridiques. Par conséquent, les praticiens du droit doivent rester constamment informés des modifications apportées aux lois et aux procédures afin de les appliquer correctement dans leur pratique quotidienne.

En outre, la complexité inhérente aux procédures de recouvrement exige une expertise juridique approfondie de la part des praticiens. Ces derniers doivent être en mesure de naviguer dans un ensemble de règles et de procédures souvent complexes, tout en garantissant le respect des droits des créanciers et des débiteurs. La formation continue des praticiens revêt donc une importance cruciale pour assurer une mise en œuvre efficace et uniforme des procédures de recouvrement. En mettant à jour leurs connaissances et en développant leurs compétences, les avocats, les huissiers et les magistrats sont mieux équipés pour faire face aux défis et aux exigences du processus de recouvrement des créances dans l’espace OHADA.

En conclusion, la complexité des procédures de recouvrement et la nature dynamique du droit OHADA soulignent l’importance d’une formation continue des praticiens pour garantir l’efficacité et la fiabilité du système de recouvrement des créances dans la région. En investissant dans le développement professionnel de ces acteurs clés, il sera possible de renforcer la confiance des parties prenantes dans le système juridique et de promouvoir un environnement propice aux transactions commerciales au sein de l’espace OHADA.

(1) PROCEDURES SIMPLIFIEES DE RECOUVREMENT ET DES VOIES D’EXECUTION. https://revue.ersuma.org/n-special-nov-dec-2011/bibliographie/procedures-simplifiees-de/ 

(2) OHADA : avancée sur les procédures simplifiées de recouvrement. https://www.ohada.com/actualite/6989/ohada-avancee-sur-les-procedures-simplifiees-de-recouvrement.html?langue=fr 

(3) La révision des Procédures Simplifiées de Recouvrement et … – Légavox. https://www.legavox.fr/blog/yav-associates/revision-procedures-simplifiees-recouvrement-voies-34734.pdf

(4) OHADA.com – Séminaire de formation sur les procédures simplifiées de …. https://www.ohada.com/actualite/6291/seminaire-de-formation-sur-les-procedures-simplifiees-de-recouvrement-et-les-voies-dexecution-du-12-au-14-mai-2022-a-kalemie-rdc.html?langue=en

Jacques VANIE,

Juriste privatiste
Bénévole au Cabinet LDJ

Fiches des métiers en droit

Le domaine du droit offre une multitude de débouchés professionnels, aussi divers que passionnants. En effet, le droit est omniprésent dans de nombreux aspects de notre société, ce qui se reflète dans la variété des carrières accessibles aux juristes. Que ce soit dans le domaine du droit public oucelui du droit privé, les opportunités sont nombreuses et permettent aux diplômés en droit d’exercer dans des secteurs variés et stimulants. Allons à leur découverte !

Le métier d’avocat est ancré dans le domaine de la justice, nécessitant un minimum de quatre années d’études universitaires suivies d’une formation spécialisée en droit. La concurrence pour accéder à la profession est intense, avec des critères de sélection rigoureux.

  • Secteur d’activité : Droit-Justice
  • Niveau d’études requis : Bac +4/5 minimum
  • Sélectivité de l’examen : Forte
  • Insertion professionnelle : Forte

1. Missions

  • Défense des personnes et des entreprises : auxiliaire de justice, l’avocat représente et défend devant un tribunal les particuliers ou les entreprises engagés dans un procès.
  • Conseil et négociation : il rédige des actes spécifiques à la demande des clients confrontés à la complexité des lois (statuts d’une société). Il participe au règlement de litiges pour éviter un procès par la négociation afin de trouver une solution favorable aux intérêts de son client.
  • Compétences juridiques variables : il peut être généraliste mais la spécialisation est aujourd’hui fortement recommandée du fait d’un contexte très concurrentiel (droit des sociétés, droit fiscal, droit social, droit de l’environnement). Notamment, l’avocat d’affaire n’exerce que pour le monde de l’entreprise.

A noter : 3 options s’offrent aux jeunes diplômés.

Etre recruté comme salarié, devenir collaborateur d’un cabinet (en ayant la possibilité de développer sa propre clientèle) ou ouvrir son propre cabinet (cas rare).

2. Qualités requises

  • Rigueur et motivation
  • Aisance rédactionnelle
  • Discrétion, sens du contact et charisme

Le métier de magistrat, au cœur du secteur du Droit et de la Justice, requiert un parcours académique solide, généralement jusqu’au niveau Bac +4/5. La sélection pour accéder à cette profession est intense, avec un concours très compétitif.

  • Secteur d’activité : Droit-Justice
  • Niveau d’études requis : Bac +4/5
  • Sélectivité du concours : Forte

1. Missions

a. Magistrat du siège

  • La mission principale du juge est de faire appliquer la loi en rendant des décisions de justice. Il veille au bon déroulement du procès pour rendre une décision conforme au droit.
  • Il peut être généraliste ou spécialisé dans un domaine précis (juge d’instruction, juge des enfants, juge aux affaires familiales).

b. Magistrat du parquet

  • Le parquet (procureur, avocat général) ou magistrature « debout » possède la mission générale de veiller à l’application de la loi au nom du respect des intérêts fondamentaux de la société qu’il représente.
  • Contrairement au magistrat du siège, il ne rend pas de décision de justice.

A noter : Au fil de sa carrière, un magistrat peut occuper des postes différents en tant que juge, ou bien passer du siège au parquet et inversement.

2. Qualités requises

  • Diplomate
  • Conciliateur/médiateur
  • Neutre, intègre, autonome
  • Disponible, psychologue
  • Esprit d’initiative et de synthèse

Le métier de greffier est au cœur du fonctionnement des tribunaux et de l’administration de la justice. Pour accéder à ce poste, un niveau d’études de Bac +2/3/4 est requis, mais la sélection est rigoureuse, ce qui témoigne de l’importance et de la responsabilité de cette fonction.

  • Secteur d’activité : Droit-Justice
  • Niveau d’études requis : Bac +2/3/4
  • Sélectivité du concours : Forte

1. Missions

  • Assister les magistrats et assurer la mémoire écrite des procédures judiciaires : présent lors de chaque étape d’un procès il transcrit les débats de l’audience, dresse des procès-verbaux et rédige les décisions du tribunal.
  • Authentifier les actes de juridiction : à peine de nullité, aucune formalité n’est accomplie en son absence.
  • L’un des premiers interlocuteurs des deux parties (défense et accusation) : il indique aux plaignants comment constituer un dossier, les informe des démarches avant de lancer une procédure et leur annonce les dates d’audience.
  • Il exerce dans un Tribunal d’Instance ou de Grande Instance, un conseil des prud’hommes, une cour d’appel ou à la Cour de cassation.

A noter : Après une certaine année d’expérience, il est possible de devenir greffier en chef (catégorie A) par concours interne. Ce poste offre de plus grandes responsabilités.

B. Qualités requises

  • Rigoureux et polyvalent
  • Excellente organisation
  • Discret et diplomate
  • Sens du contact et du dialogue

Les maîtres de conférence dans le domaine du droit jouent un rôle essentiel dans l’enseignement supérieur et la recherche. Requérant un niveau d’études élevé, généralement un doctorat, ce parcours est hautement sélectif avec une insertion professionnelle moyenne.

  • Secteur d’activité : Droit-Enseignement-Recherche
  • Niveau d’études requis : Bac +8 (doctorat)
  • Sélectivité du cursus : ForteInsertion professionnelle : Moyenne

1. Missions

En qualité d’enseignant-chercheur, il a la double mission d’assurer le développement de la recherche fondamentale appliquée et de transmettre aux étudiants les connaissances qui en découlent.

  • Il assure une limite heures de cours magistraux ou de travaux dirigés par an tout en veillant en amont à la préparation de ses cours et l’encadrement des étudiants dans leur travail.
  • En parallèle, il se consacre à des travaux de recherche et de publication. Dans ce cadre, il se déplace dans le pays ou à l’étranger pour des rencontres, des formations mais aussi des séminaires.
  • Par ailleurs, il participe à des jurys d’examens et de concours.

A noter : Le concours de professeur d’université est ouvert aux titulaires d’un doctorat qui justifient de plusieurs années d’expérience en tant que maître de conférence. Un professeur d’université expérimenté peut exercer des fonctions à haute responsabilité (diriger une unité de formation et de recherche ou présider une université).

2. Qualités requises

  • Rigueur scientifique
  • Motivation intellectuelle
  • Pédagogie

Le métier de notaire, relevant du secteur du Droit et de la Justice, exige un niveau d’études élevé, généralement un Bac +4/5. La sélection pour accéder à cette profession est particulièrement rigoureuse avec une insertion professionnelle moyenne.

  • Secteur d’activité : Droit-Justice
  • Niveau d’études requis : Bac +4/5
  • Sélectivité du concours : Forte
  • Insertion professionnelle : Moyenne

1. Missions

  • Certifier actes et contrats : le notaire date et signe un acte (de vente d’un bien, de mariage…) afin de lui donner une valeur juridique s’imposant aux signataires avec la même force qu’une loi. Il garantit l’authenticité de l’acte (on parle d’acte authentique) ou du contrat. Et, il constate l’accord des parties et s’engage personnellement sur la date et le contenu.
  • Rédiger et faire valoir : il joue un rôle primordial en droit de la famille puisqu’il conçoit et rédige notamment les contrats de mariage, et règle les donations et successions. Son intervention est aussi remarquable en matière immobilière. Il rédige les actes de vente d’un appartement ou d’une maison.
  • Informer et conseiller : il informe et conseille les personnes sur la nature des transactions et la portée de leurs engagements.

A noter : Si pour tous, l’exercice du métier passe par l’achat d’une charge, l’étudiant peut passer par la voie universitaire (diplôme supérieur de notariat) ou professionnelle (diplôme supérieur de notariat).

2. Qualités requises

  • Sens du relationnel
  • Ecoute et dialogue
  • Discrétion

Pour exercer ce métier, un diplôme de niveau Bac +4 est requis, bien que posséder un Bac +5 soit souvent recommandé. Le concours d’entrée est hautement sélectif bien que l’insertion professionnelle puisse être moyenne.

  • Secteur d’activité : Droit-Justice
  • Niveau d’études requis : Bac +4 (+5 recommandé)
  • Sélectivité du concours : Forte
  • Insertion professionnelle : Moyenne

1. Missions

  • Informer les justiciables : officier ministériel, il a le monopole de certaines activités comme informer les personnes qu’une action de justice est engagée contre elles en leur remettant une convocation.
  • Exécuter les jugements : à l’exception des peines d’emprisonnement, son intervention est essentielle pour faire appliquer les jugements rendus par la justice, notamment le recouvrement des créances.
  • Établir des constats (dégâts des eaux, malfaçons) : ils serviront de preuve incontestable devant les tribunaux et permettront aux victimes d’obtenir réparation de leur préjudice.
  • Autres missions : organisation de ventes aux enchères, validation du règlement d’un jeu, administration d’immeubles.

A noter : S’associer pour exercer est sans doute la solution pour réussir. L’acquisition d’une étude reste très onéreuse. De plus en plus d’huissiers préfèrent donc s’associer à d’autres confrères, au sein de SCP (sociétés civiles professionnelles).

2. Qualités requises

  • Ecoute et dialogue
  • Conseil
  • Adaptabilité

Le métier de commissaire-priseur, relevant du secteur du Droit-Justice, requiert un niveau d’études élevé, avec un minimum de Bac +4. La sélectivité du concours pour accéder à cette profession est notablement forte, ce qui témoigne de la rigueur et de l’expertise exigées avec une insertion professionnelle considérée comme moyenne.

  • Secteur d’activité : Droit-Justice
  • Niveau d’études requis : Bac +4
  • Sélectivité du concours : Forte
  • Insertion professionnelle : Moyenne

1. Missions

  • Ses deux principales missions : organiser et diriger les ventes aux enchères, pour in fine, attribuer l’article à la personne du public ayant offert le prix le plus élevé.
  • Expertiser les biens mis en vente : il doit évaluer le prix de chaque objet grâce à sa connaissance des produits et de l’Histoire.
  • Constituer le catalogue : il faut créer un document sur lequel les potentiels acheteur pourront se baser pour l’étude des biens avant leur mise en vente et ainsi cibler ce qui les intéresse.
  • Assurer la promotion de la vente aux enchères : organisation d’expositions avant la vente ou diffusion de publicités dans les médias.

2. Qualités requises

  • Sens commercial et discrétion
  • Bonne culture générale
  • Passion pour l’art et les antiquités

A noter : En Côte d’Ivoire, la profession d’huissier de Justice et la spécialité de commissaire priseur judiciaire fusionnent pour créer la profession de Commissaire de Justice. Elle est réglémentée par la Loi N° 2018-974 du 27 décembre 2018 portant statut des commissaires de justice.

Ce rôle demande un niveau d’études élevé, généralement un diplôme de niveau Bac +3/4, et l’accès à ce poste est hautement sélectif en raison de la forte concurrence pour les postes disponibles.

  • Secteur d’activité : Fonction publique
  • Niveau d’études requis : Bac +3/4
  • Sélectivité : Forte

1. Missions

L’assistant parlementaire est directement rattaché à un élu aussi bien à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat.

  • Il fait office à la fois de secrétaire et de collaborateur et joue le rôle que le parlementaire lui fixe à l’intérieur de l’équipe qu’il a recrutée.
  • Il peut effectuer de simples tâches matérielles mais aussi apporter une contribution plus élaborée à l’activité du parlementaire et ceci en fonction de l’élu et des qualités de l’assistant.
  • Il peut exercer des missions d’assistant et de secrétariat comme la tenue de l’agenda, la prise de rendez- vous, la permanence téléphonique.
  • Les assistants les plus qualifiés (disposant par exemple de diplômes de second cycle universitaire) apportent une contribution à l’exercice du mandat parlementaire.
  • Il rédige des discours, prépare des propositions de lois et d’amendements, représente le parlementaire au sein du groupe politique.

A noter : La carrière d’un assistant suit celle de l’élu, et peut ainsi s’arrêter selon les résultats des élections.

2. Qualités requises

  • Organisation
  • Polyvalence
  • Autonomie
  • Communication

Le métier de juriste d’entreprise s’inscrit au cœur des dynamiques juridiques, commerciales et financières. Pour accéder à ce poste, un niveau d’études bac +3/4/5 est généralement requis. Bien que la sélectivité puisse varier, une certaine compétence technique et une compréhension approfondie du droit des sociétés et des transactions financières sont essentielles pour réussir dans ce domaine.

  • Secteur d’activité : Droit-Entreprise-Finance
  • Niveau d’études requis : Bac +3/4/5
  • Sélectivité : Moyenne

1. Missions

  • Il est un véritable acteur de l’entreprise qui ne se cantonne pas à dire le droit : connaissant bien l’entreprise, son organisation, ses méthodes de travail, il recherche l’adéquation des objectifs qu’elle poursuit avec les règles de droit.
  • Aussi, il fait comprendre la nécessité de prendre en compte le droit avant toute décision, évitant ainsi tout contentieux, source de coût pour l’entreprise.
  • Et, il apporte des solutions concrètes : il répond aux questions les plus variées et imagine les solutions que sa connaissance approfondie de l’entreprise lui permet de mieux appréhender.

A noter : Sa connaissance de l’entreprise constitue sa supériorité opérationnelle par rapport aux conseils extérieurs (cabinet d’avocats), sur lesquels il peut cependant s’appuyer pour l’éclairer sur des points précis, pour conforter sa position.


2. Qualités requises

  • Personnalité affirmée
  • Formation à la gestion et à la comptabilité
  • Disponible et pédagogue

En tant que responsable des ressources humaines spécialisé en droit social, un niveau d’études supérieur, généralement un bac +3/4/5, est requis pour ce poste, avec une sélectivité moyenne dans le recrutement.

  • Secteur d’activité : Ressources Humaines – Droit social
  • Niveau d’études requis : Bac +3/4/5
  • Sélectivité : Moyenne

1. Missions

  • Coordonner la mise en place des décisions stratégiques en matière sociale et RH : gestionnaire des talents de l’entité, il se charge du développement des effectifs.
  • Pour ce faire, il est responsable de la formation, du recrutement et de l’évolution des carrières, et doit ainsi en parallèle veiller au respect des obligations légales, réglementaires et conventionnelles en matière de droit du travail.
  • Il est au coeur de la négociation avec les organisations syndicales et les instances de représentation du personnel : il prête une attention particulière au respect des conditions de travail.
  • Il est un véritable généraliste : il possède des connaissances en recrutement, formation, droit social, paie et une culture générale en matière économique et financière.

A noter : L’accès à la fonction est possible par le biais de plusieurs filières comme les ressources humaines, le droit ou l’école de commerce. Ses possibilités d’évolution sont quasi-infinies puisqu’il peut tout aussi bien changer de structure (passer d’une entreprise à un cabinet) ou de corps de métier (devenir chargé d’éthique et de conformité).

2. Qualités requises

  • Organisation, rigueur, discrétion
  • Esprit d’analyse et de synthèse
  • Aisance avec les chiffres et les outils informatiques
  • Qualités relationnelles, travail d’équipe

Le poste de commissaire de police est un rôle de haute responsabilité au sein des forces de l’ordre. Pour accéder à ce grade, un niveau d’études élevé, généralement un Bac +4/5, est requis, ainsi qu’une forte sélectivité lors du concours.

  • Secteur d’activité : Police
  • Niveau d’études requis : Bac +4/5
  • Sélectivité du concours : Forte

1. Missions

  • Placé sous l’autorité du ministre de l’intérieur, fonctionnaire de la police nationale, il appartient au corps de conception et de direction, et est garant de l’ordre public.
  • Le commissaire de police dirige un service de la police nationale (commissariat, service de police judiciaire ou de renseignement) et l’ensemble des personnels qui y sont affectés.
  • Il détermine les actions à mener pour atteindre les objectifs définis par le ministre. Il est l’interlocuteur privilégié des autorités locales en matière de sécurité.
  • Il participe à la conception, à la réalisation et à l’évaluation des programmes et des projets relatifs à la prévention de l’insécurité et à la lutte contre la délinquance et exerce les attributions de magistrat qui lui sont conférées par la loi.

A noter : une promotion interne au grade de commissaire divisionnaire est envisageable après neuf ans de services effectifs.

2. Qualités requises

  • Personnalité affirmée
  • Autoritaire
  • Perspicace
  • Rigueur

Le métier d’attaché territorial se situe dans le domaine de l’administration. Pour y accéder, un niveau d’études minimum de Bac +3 est requis. Le concours d’entrée, bien que moyennement sélectif, nécessite une préparation sérieuse. Cependant, une fois intégré, l’insertion professionnelle est généralement bonne, offrant des opportunités dans divers secteurs de l’administration locale.

  • Secteur d’activité : Administration
  • Niveau d’études requis : Bac +3
  • Sélectivité du concours : Moyenne
  • Insertion professionnelle : Bonne

1. Missions

Ce métier se décompose en plusieurs spécialités : administration générale, analyse et conseil, animation, gestion des domaines sanitaire, social, culturel et de l’urbanisme. Il travaille au sein d’un service public qui peut être un conseil général, régional, ou une mairie.

  • Il évalue et analyse des dossiers : après une enquête pratique sur le terrain au sein de la collectivité.
  • Il s’assure du bon développement et de la mise en place des décisions des élus au sein de la collectivité.
  • Il construit, élabore, gère et suit les dossiers confiés par le chef de service.
  • Il réalise des études dans divers domaines tels que le domaine sanitaire, économique, culturel, la gestion des marchés publics, l’urbanisme ou encore les mesures sociales.

A noter : Un attaché territorial peut évoluer et devenir attaché principal puis évoluer par la suite vers la position de directeur territorial.

2. Qualités requises

  • Organisation
  • Adaptabilité
  • Sens des responsabilités
  • Compétences rédactionnelles et de synthèse
  • Disponible et à l’écoute

Les boulettes à éviter en droit

Lors de notre entrée dans le monde universitaire, nous sommes tous des profanes. Et si certains lapsus, coquilles… peuvent être pardonnés ce sera plus difficile pour d’autres.

Parfois il est difficile d’optimiser sa prise de note et de se familiariser au plus vite avec un vocabulaire technique et jusque là inconnu… N’hésitez pas à vous manifester dans ce cas. Quelques exemples… (les plus courants) :

  • Planiol peut vite devenir Pagnol… (Oui, comme Marcel Pagnol l’écrivain)
  • Charles Quint se transformer en Charlequin
  • La loi devient la loie ou (pire) la l’oie
  • Code civil et non Code civile (en plus il est devant vous sur la table)
  • Un fonds de commerce et non un fond de commerce
  • Editions Dalloz et non Dalos
  • Le juge ad hoc et non Le juge haddock
  • La partie déboutée et non la partie dégoutée
  • Monsieur X interjette appel et non Monsieur X interjecte appel
  • Le raisonnement a fortiori et non le raisonnement a force iori
  • La méthode exégétique et non La méthode exegenetique
  • Le divorce à l’amiable et non Le divorce à la miable
  • L’affaire Baillard et non L’affaire Boyard

Et puis, il y a les erreurs trahissant un manque cruel d’apprentissage (pour ne pas dire inexistant). Si vous ne savez pas, évitez de remplir votre copie sous de faux prétextes (passer le temps, malentendu…).

  • La jurisprudence prend une décision / La notion de jurisprudence semble ici faire défaut
  • L’arrêt est publié au journal officiel / C’est la loi qui est publiée au JO. Un arrêt peut être publié mais ce sera au bulletin de la Cour de cassation
  • La loi est publiée au journal télévisé / Elle est publiée au journal officiel (dur de toutes les énoncer au JT)
  • La Cour de cassation située à ………….. / C’est un pléonasme s’il n’y en a qu’une seule dans le pays)
  • Les défendeurs sont la Cour d’appel et le TPI / Ce ne peuvent être que des personnes physiques ou morales. (Les défendeurs sont Monsieur …ou Madame…)
  • La décision a été rendue au tribunal / CQFD (précisez la date et le lieu pour les juridictions de 1ère instance et la CA)
  • La Cour d’appel se voit refuser la demande / Une demande ne peut être formulée que par  une personne physique ou morale (n’oubliez pas d’utiliser le vocabulaire juridique)

Et SURTOUT ne pas commettre LA faute irréparable ! La confusion entre la loi DISPOSE et le contrat STIPULE.

Cour de cassation, cour de cassation ou Cour de Cassation… dilemme. Qui n’a jamais hésité ?

Réponse : la Cour de cassation mais ce sera la cour d’appel ; le Code civil mais la loi du 3 juillet…

Si vous êtes soudainement submergé par plusieurs et divers doutes la clé se trouve à cette adresse : www.cabinetldjsarl.com 

Ne pas connaître le site du gouvernement (www.gouv.ci, pour la Côte d’Ivoire) et ne jamais aller consulter une revue juridique en ligne sont des fautes lourdes.

Ne pas consulter les sites et blogs juridiques, les sites des cabinets d’avocats et autres professionnels du droit également.

En Côte d’Ivoire, nous pouvons citer : www.ohada.com, www.ivoire-juriste.com, www.cndj.ci, www.legiafrica.com (cette liste est subjective et non exhaustive).

L’étudiant placé confortablement au milieu de l’amphithéâtre, ou (pour ceux poussant le vice) aux derniers rangs, pensera ne pas pouvoir être identifié ou remarqué. Sachez que beaucoup de choses se voient et s’entendent et que même si vous êtes anonyme pour le professeur des universités devant vous, il lui sera facile de s’informer sur l’identité d’un étudiant perturbateur.

Ne pas participer est l’une des boulettes à  ne pas commettre en TD. Sachez que le chargé d’enseignement peut être amené à témoigner lors du jury des délibérations et qu’il pourra vous identifier, évoquer votre personnalité, votre comportement, vos ambitions, votre travail, votre niveau. L’attitude désinvolte est alors à proscrire.

N’oubliez pas d’ouvrir votre livre de savoir vivre lorsque que vous vous adressez à un supérieur ou un inconnu.

  • Ecrivez Monsieur ou Madame le Professeur et non pas « Salut » ni simplement « Bonjour ».
  • Utilisez le vouvoiement (et même s’il s’agit d’un chargé de travaux dirigés qui semble avoir votre âge)
  • Eviter d’exiger une réponse rapide
  • Terminer par une formule de politesse. En vous priant de bien vouloir accepter, Monsieur (titre – ou Madame avec le titre) mes salutations respectueuses.

Si vous avez la tentation de demander en tant qu’ « ami » l’un de vos professeurs sur les réseaux sociaux, pensez que lui aussi aura accès à votre compte, vos photos de soirées… Pensez-vous pouvoir faire 100% confiance à la restriction que vous avez mise en place ? Et cela prouve que vous pouvez avoir encore quelques difficultés avec la notion de vie « privée ».

Nous ne devrions jamais avoir à le rappeler mais la dernière boulette à éviter… (et surtout en droit !) la tentative de tricherie ou la tricherie ! C’est l’erreur fatale à ne pas commettre ni même tenter. Elle mettra fin à votre carrière avant même que vous ne l’ayez commencée… Le rapport bénéfices-risques est loin d’être positif.

Pour ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, qui sont volontaires, appliqués, passionnés, travailleurs… retenez que tous les juristes sont passés par là avant vous ! Et qu’une maladresse peut-être pardonnable. Vous êtes également là pour apprendre de vos erreurs et devenir un petit juriste en devenir !

Les droits des personnes handicapées en matière d’accès à l’emploi

Est considérée comme personne en situation de handicap, toute personne physique dont l’intégrité physique ou mentale est passagèrement ou définitivement diminuée soit congénitalement, soit sous l’effet d’une maladie ou d’un accident, en sorte que son autonomie, son aptitude à fréquenter l’école ou à occuper un emploi s’en trouvent compromises. Il s’agit d’une personne présentant l’un ou les deux handicaps suivants: handicap physique;

handicap intellectuel, tel que précisé par la LOI N° 2015-532 DU 20 JUILLET 2015 PORTANT CODE DU TRAVAIL en son article 12.1 et repris par le DECRET 2018-456 DU 9 MAI 2018 RELATIF A L’EMPLOI DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP DANS LE SECTEUR PRIVE.

Malgré les avancées réalisées dans de nombreux domaines de la société, les personnes handicapées demeurent confrontées à d’importants défis en matière d’accès à l’emploi.  L’importance de garantir l’égalité des chances sur le marché du travail est cruciale pour la réalisation des droits de l’homme et pour la construction d’une société inclusive et respectueuse de la diversité. 

À travers cet article, nous explorerons les défis spécifiques rencontrés par les personnes handicapées dans certains secteurs professionnels, Les politiques d’emploi pour les personnes handicapées sur le plan national, les droits légaux des personnes handicapées en matière d’adaptations raisonnables sur le lieu de travail, Les bénéfices économiques de l’inclusion des personnes handicapées dans le monde du travail et enfin les tendances émergentes et les recommandations pour améliorer l’accès à l’emploi pour les personnes handicapées. 

Les personnes handicapées sont confrontées à plusieurs défis sur le marché de l’emploi, notamment la discrimination et stigmatisation: Les employeurs peuvent refuser d’embaucher une personne en raison de son handicap, même si elle possède les qualifications nécessaires pour le poste ou encore négliger ses aptitudes à tenir un poste sans l’avoir mis à l’essai au préalable. Il y’a également l’inadaptation des lieux de travail aux personnes handicapées, les défis pour accéder à une formation et à des qualifications professionnelles en raison de l’absence d’adaptations ou de soutien appropriés dans les établissements d’enseignement, et le traitement inéquitable en ce qui concerne les promotions, les augmentations de salaires, les opportunités de développement professionnelles etc.

Pour faire face à ces nombreux défis, le gouvernement met en place des politiques d’emploi pour les personnes handicapées leur offrant ainsi des droits légaux en matière d’adaptation sur le marché de l’emploi.

En Côte d’Ivoire, la Loi fondamentale et plusieurs textes démontrent l’importance accordée à la protection et à la promotion des personnes handicapées.

En effet, les articles 32 et 33 de la Constitution protègent et garantissent les droits des couches vulnérables et particulièrement des personnes en situation de handicap. Le code du travail également consacre un chapitre aux travailleurs handicapés et fixe le principe de quota d’embauche dans le secteur privé. La Côte d’Ivoire a également ratifié plusieurs conventions internationales. On peut citer, entre autres, la Convention n°159 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) concernant la réadaptation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées, ratifiée en 1999 et la Convention n°61-106 des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée le 10 janvier 2014.

Pour renforcer leur inclusion sociale, le Conseil des ministres a adopté plusieurs décrets notamment le décret du 09 mai 2018, relatif à l’emploi des personnes handicapées dans le secteur privé et deux décrets du 22 septembre 2021, créant les Commissions Techniques d’orientation et de reclassement Professionnel (COTOREP) Secteur Public et Secteur Privé. Ces deux décrets visent à garantir le droit à l’emploi des personnes en situation de handicap, ainsi que le droit au reclassement professionnel des travailleurs handicapés, qu’ils soient du secteur public ou privé.

Envisageons dès à présent les bénéfices économiques de l’inclusion des personnes handicapées dans le monde du travail 

L’inclusion des personnes handicapées dans le monde du travail présente de nombreux bénéfices économiques, tant pour les entreprises que pour la société dans son ensemble. En effet, en recrutant parmi les personnes handicapées, les entreprises ont accès à un bassin de talents sous-utilisé, ce qui peut les aider à trouver les compétences et les aptitudes nécessaires pour des postes spécifiques, réduisant ainsi le manque de main d’œuvre et favorisant une main d’œuvre engagé et productive. Aussi, les études ont-elles révélées que les personnes handicapées ont tendance à être aussi fiables que leurs collègues non handicapés et ont un taux d’absentéisme inférieur, ce qui peut réduire les coûts liés au recrutement et à la formation de nouveaux employés. Au delà des politiques et de bénéfices que présentent l’accès à l’emploi des personnes handicapées, il est important de faire des recommandations pour améliorer l’accès à l’emploi pour les personnes handicapées, en vue de renforcer l’applicabilité effective des législations en la matière. 

Pour favoriser une société plus inclusive dans le secteur de l’employabilité, il convient pour les parties prenantes d’exiger un quota d’emplois réservés aux personnes handicapées dans leurs processus de recrutement, ainsi qu’un organe de contrôle pour garantir leur mise en œuvre. De plus, des formations et programmes exclusifs aux personnes handicapées dans des domaines tels que le numérique et l’intelligence artificielle devraient leur être proposés. À l’ère du digital où de nombreuses entreprises offrent des postes en télétravail, ces initiatives seront particulièrement bénéfiques pour favoriser leur intégration professionnelle.

En conclusion, l’accès à l’emploi pour les personnes handicapées est un enjeu crucial pour la construction d’une société inclusive et respectueuse de la diversité. Malgré les défis persistants rencontrés sur le marché du travail, des progrès significatifs ont été réalisés grâce à des politiques d’emploi et des législations visant à protéger les droits des personnes handicapées. L’inclusion des personnes handicapées dans le monde du travail présente des avantages économiques tangibles pour les entreprises et la société dans son ensemble. Pour continuer à progresser dans ce domaine, il est essentiel de mettre en œuvre des recommandations telles que l’établissement de quotas d’emplois réservés, la promotion de formations spécialisées et l’adaptation des processus de recrutement pour favoriser une réelle intégration professionnelle des personnes handicapées. En adoptant une approche inclusive, nous pouvons construire un avenir où chacun, indépendamment de ses capacités, ait la possibilité de contribuer pleinement à la vie économique et sociale.

  • Articles 32 et 33 de la constitution ivoirienne de 2016
  • Code du travail ivoirien de 2015
  • Décret du 09 mai 2018 relatif à l’emploi des personnes handicapées dans le secteur privé (à télécharger au bas de l’article)
  • Décrets du 22 septembre 2021, créant les Commissions Techniques d’orientation et de reclassement Professionnel (COTOREP) Secteur Public et Secteur Privé.

Corinne THIO,

Juriste privatiste,

Rédactrice au Cabinet LDJ 

Opinion – La constitution de la République du Congo de 2015 : le paradoxe ou la maladresse rédactionnelle de l’alinéa 4 de l’article 78 « Si dans les vingt-quatre heures suivant la vacance, le Premier Ministre n’a pas saisi la Cour Constitutionnelle, celle-ci se saisit d’office, constate et déclare

En règle générale, le contentieux constitutionnel n’a de sens que par la saisine du juge constitutionnel afin de lui permettre d’assurer son rôle de gardien de « l’orthodoxie constitutionnelle ».

De prime abord, il est important de souligner que cet article réside dans la vacance de la fonction présidentielle constatée par le juge constitutionnel après saisine par le Premier Ministre.

En termes de procédure, c’est le Premier Ministre qui saisit le juge constitutionnel tout en respectant le délai fixé par la Constitution. Curieusement, nous sommes en droit de nous poser cette question : S’agit-il réellement de la saisine d’office ou de l’auto-saisine ? De telles questions justifient toute la pertinence de notre opinion.

Ensuite, il convient de faire la différence entre la saisine d’office et l’auto-saisine. Ce faisant, la saisine d’office désigne « un mécanisme en vertu duquel le juge constitutionnel a la faculté d’examiner d’office le problème de la constitutionnalité d’une loi à partir d’un cas d’espèce, ce juge étant initialement saisi d’un recours ». En termes précis, cet acte de procédure trouve son sens dans le déclenchement d’un recours initial ou principal.

Ainsi, le juge ne fera que développer le procès constitutionnel sur des points non soulevés par la partie ayant introduit le recours. C’est ce qui ressort alors de l’alinéa 2 de l’article 121 de la Constitution du Bénin de 1990 « Elle se prononce d’office sur la constitutionnalité des lois et de tous textes réglementaires censés porter atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et aux libertés publiques ».

Toutefois, il convient de souligner que la saisine d’office est soumise à un recours initial. En guise d’illustration, la Cour constitutionnelle du Bénin, dans sa décision du 5 février 2009, a statué au motif « qu’il y avait l’existence d’une atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et ce, malgré l’acte de désistement du requérant ».

Il appert que, le juge constitutionnel béninois s’est aligné sur l’acte de désistement du requérant. Ostensiblement, la requête a été reçue d’une part, mais, le demandeur a fait preuve de désistement d’autre part. Cela n’a malheureusement pas empêché cette juridiction constitutionnelle de se saisir d’office.

Par ailleurs, il faut dire que le constituant congolais a utilisé la formule « saisine d’office », à mauvais escient. La formule adéquate serait « l’auto-saisine ». Cela conduirait à cette tournure « Si dans les vingt-quatre heures suivant la vacance, le Premier Ministre n’a pas saisi la Cour constitutionnelle, celle-ci s’auto-saisit, constate et déclare la vacance ». C’est ce qui nous amène à expliciter les contours de « l’auto- saisine ». Il est connu dans l’univers du droit que, celle-ci est interdite et c’est pourquoi, le Pr. Boubacar BA affirmait en substance que « Le juge ne dispose pas de la faculté d’ouvrir son prétoire de sa propre initiative ». Que faut-il dire de cette prérogative ?

En outre, par l’auto-saisine, le juge crée lui-même le procès constitutionnel en l’absence d’un recours préalable, contrairement à la saisine d’office. En vérité, il s’agit d’une auto-saisine constitutionnelle qui ne dit pas son nom en droit congolais si nous suivons bien la cohérence du constituant.

Dans le même esprit, il nous est permis de faire l’économie de l’alinéa 3 de l’article 157 de la Constitution du Burkina Faso du 11 juin 1991 « Le Conseil constitutionnel peut se saisir de toutes questions relevant de sa compétence s’il le juge nécessaire ». Il ressort avec évidence que, ce juge peut ouvrir le procès constitutionnel de sa propre initiative. Pour preuve, le Conseil constitutionnel du Burkina Faso, avait, dans sa décision du 16 novembre 2014, fait recours à l’auto-saisine pour constater la fin d’un mandat présidentiel. Cette jurisprudence témoigne de l’activation de l’auto-saisine en droit constitutionnel.

In fine, nous pouvons dire que le constituant congolais a fait preuve de maladresse dans le style rédactionnel et cela traduit une confusion entre « saisine d’office » et « auto-saisine », dans le cadre de la vacance de la fonction présidentielle.


Keit Achile ONGOTO
Maître en Droit Public

Fiche de méthode du commentaire d’arrêt

Il faut toujours garder à l’esprit que l’objectif d’un commentaire d’arrêt est d’apprécier juridiquement le sens, la valeur et la portée de la décision étudiée, dans une démarche critique.

  • Lire une première fois l’arrêt en soulignant les passages importants, puis une seconde fois sans écrire, à tête reposée.
  • Rédiger la fiche d’arrêt au brouillon (en suivant strictement ses étapes : faits, procédure, prétentions, problème de droit, solution.).
  • Prendre une seconde feuille de brouillon et écrire en les espaçant les numéros des parties (I. ; A. ; B. ; II. ; A. ; B.)
  • Commencer à réfléchir à un plan.
  • Si l’arrêt est divisé en deux moyens ou questions de droit d’égale importance, cela constituera les deux parties.
  • Si l’on peut pertinemment scinder en deux l’attendu (ou en quatre), cela constituera les deux parties.

I.A.) Quasi-introduction (répond à la question : dans quel contexte ?) Situer l’arrêt dans son contexte juridique (quel domaine du droit ? quel type de demande ?), législatif (quelle loi applicable ?), jurisprudentiel (quel passé judiciaire ?), puis définir chacun des termes et des institutions juridiques en cause.

I.B.) Sens de l’arrêt (répond à la question : quoi ?) Expliquer le sens de la décision, c’est-à-dire la solution donnée par la Cour de cassation à la question de droit qui lui était posée. Il faut exposer les fondements juridiques utilisés et restituer le contenu des articles qui ont justifié la solution. En outre, il faut toujours apprécier les termes techniques de l’arrêt (cf. Voulet, JCP 1970, n°2305).

II.A.) Valeur de la décision (répond à la question : comment ?) Expliquer le raisonnement juridique suivi par la Haute juridiction, c’est-à-dire comment de l’application des articles visés elle a pu aboutir à la décision rendue. Il faut apprécier la motivation des juges d’appel et de la Cour de cassation, et montrer pourquoi le pourvoi a été rejeté ou l’arrêt cassé. Le recours à ses connaissances extérieures est ici indispensable, il faut évoquer les théories et mécanismes juridiques employés.

II.B.) Portée de l’arrêt (répond à la question : pourquoi ?) A la différence de l’apport de l’arrêt (I.B.), qui ne vise que le résultat obtenu en l’espèce, la portée de l’arrêt est plus large et conduit à s’interroger sur l’avenir et les conséquences induites par la décision. Il faut ici être critique (en bien ou en mal), en justifiant ses dires par des arguments de droit ou de fait.

  • Les titres ne doivent pas comprendre de verbe conjugué et rester courts.
  • Les titres doivent être percutants, et compter si possible le même nombre et le même type de mots.
  • Les titres doivent se répondre (ex : I. L’affirmation du principe de… / II. L’application du principe de… ; I. Le rappel d’une jurisprudence constante / II. Les critiques d’une solution dépassée ; I. Le rejet de la qualification de…/ II. L’accueil de la demande en…etc.)
  • La rédaction des titres est une étape capitale : le correcteur doit voir en un regard que vous avez compris l’arrêt.
  • Raccrocher ensuite ses connaissances personnelles et celles apprises en cours et en TD dans chacune des sous-parties.
  • Le plan détaillé achevé (ne pas rédiger l’ensemble du devoir au brouillon !), il faut passer à la rédaction.

  • Adopter un raisonnement circulaire : on part de l’arrêt, on rattache ses connaissances, et on applique à l’arrêt.
  • Systématiquement et dans chacune des sous-parties, commenter l’arrêt (même dans le I.A.).
  • Etre clair, précis et développer suffisamment son argumentation.
  • Se rapprocher d’une dissertation ; c’est le risque à éviter impérativement, sous peine d’être hors-sujet !
  • Se répéter dans les différentes parties.
  • Etre vague, parcellaire ou imprécis : vous êtes des juristes, il faut être rigoureux.
  • Il faut enfin se garder cinq minutes en fin d’examen pour se relire et corriger les fautes d’orthographe.